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Mardi 15 septembre, le tribunal judiciaire de Fontainebleau accueillait officiellement sa nouvelle procureure, Diane Ngomsik. Malgré la taille réduite de la juridiction, les défis ne manquent pas pour ce parquet renouvelé, qui devra faire face aux priorités dessinées par l’actualité chargée des derniers mois.

Elle le dit elle-même : cette prise de fonction, c’était son « baptême du feu ». L’arrivée au tribunal judiciaire de Fontainebleau de Diane Ngomsik, nouvelle procureure de la République, le 26 juin dernier, s’est faite dans un contexte particulier.
Après la pression mise sur les magistrats dans le cadre de l’affaire Lyhanna et des manifestations inédites devant les tribunaux, la France vivait une série d’incendies dévastateurs et la forêt de Fontainebleau s’embrasait, le 12 juillet, à la suite de déclenchements de feux volontaires.
Dans la foulée, une série d’interpellations et une première conférence de presse, moins d’un mois après son arrivée. « Pour une fois, l’expression « baptême du feu » était à prendre au pied de la lettre », sourit Diane Ngomsik en abordant son premier discours officiel en tant que procureure de Fontainebleau.
En ce 15 septembre, elle peut désormais souffler, et elle s’exprime avec humour devant le parterre d’officiels seine-et-marnais qui l’accueillent sur le territoire à l’occasion de son audience d’installation.
Cette période intense lui a permis, au moins, de mesurer et d’apprécier « la pluralité, la complémentarité » des autorités locales et la coordination entre tous les partenaires, ainsi que « l’importance de la communication ». Depuis,« les échanges se font dans un cadre plus apaisé », souligne la magistrate, qui a notamment été formée auprès de François Molins à Bobigny, qu’elle appelle son « modèle ».
Et ce jour-là, Richard Ferrand, désormais président du Conseil constitutionnel, est venu lui apporter son soutien. Diane Ngomsik avait travaillé à ses côtés en tant que conseillère justice alors qu’il était président de l’Assemblée nationale.
Cette arrivée mouvementée lui a aussi donné la « volonté d’entretenir, avec les médias, des relations de confiance, sans céder à l’immédiateté et à la surenchère ».
Après la crise de cet été, la procureure a aussi pu observer le tribunal bellifontain « dans son contexte géographique et social », et dessiné ses priorités : la lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs et les violences intrafamiliales, dans la « poursuite des efforts engagés par mes prédécesseurs », la lutte contre les incendies et les atteintes à l’environnement, et la lutte contre le narcotrafic.
Au-delà de la « quiétude » bourgeoise du territoire, « la délinquance de droit commun occupe l’activité du tribunal », décrit ainsi Florence Démolis, substitute, dans ses réquisitions.
La délinquance organisée issue de Montereau-Fault-Yonne, ville importante de la juridiction, est l’une des principales sources d’activités du tribunal. Et à Fontainebleau, on a un patrimoine à protéger. « Il y a régulièrement des tentatives de vol, des dégradations… Notre château attire les convoitises », informe-t-elle lors de son discours préliminaire.
Diane Ngomsik partage également son inquiétude sur « l’avenir » de la justice, les discours portés sur les réseaux sociaux, et cite pour cela la chanson « J’accuse » de la chanteuse Suzane, dans laquelle la justice est interpellée : « Pourquoi tu n’es jamais là ? »
Pour la procureure, ces textes « traduisent une remise en cause générale des institutions ». « Il est urgent de se poser les bonnes questions, d’éviter les débats vains et de redonner confiance », alerte-t-elle.
Ce matin-là, le tribunal judiciaire de Fontainebleau accueille aussi le substitut de la procureure Florian Pasquet, réserviste de la gendarmerie et jeune magistrat formé au tribunal judiciaire de Fort-de-France. Un atout, aussi, pour le tribunal : il est spécialiste de la cybersécurité. C’est donc un parquet renforcé qui fait sa rentrée, en ce milieu du mois de septembre, mais pas encore au complet : un quatrième poste reste à pourvoir.
En attendant, la présidente du tribunal Laëtitia Muylaert-Pinault salue les parcours professionnels « polyvalents » et « riches » des nouvelles recrues, et l’assure : « vous pourrez compter sur nous pour vous accompagner ». Elle se réjouit aussi des « compétences » et du « dynamisme » de la nouvelle procureure, qui « saura répondre aux attentes fortes des justiciables ». « Je mesure l’ampleur de la tâche », répond cette dernière. Et promet d’aller vers « une justice de proximité exigeante et accessible ».
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