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Mercredi 12 août, le garde des Sceaux Gérald Darmanin s’est exprimé depuis le centre pénitentiaire sud-francilien, qui a accueilli le troisième quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) construit par la Chancellerie en un an, et le tout premier en Île-de-France. Un pas de plus vers des institutions judiciaires de plus en plus sécurisées au nom de la lutte contre la criminalité organisée.

Le calendrier s’accélère. Lors d’une visite à la prison de Réau, en Seine-et-Marne, mercredi 12 août, pendant laquelle il a échangé avec les personnels, représentants des autorités et élus locaux, le ministre de la Justice s’est montré déterminé à la poursuite de son plan de construction de quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), dont le dernier né se situe dans le centre pénitentiaire sud-francilien : les lieux sont « étanches », le site est prêt pour l’arrivée de ces 20 détenus des plus « dangereux », issus pour la grande majorité du grand banditisme et du narcotrafic.
41 agents pénitentiaires seront affectés à ce nouveau quartier doté de brouilleurs, d’hygiaphones pour des parloirs sans contact, et d’un cabinet médical complet spécialement installé pour éviter tout transfert – et donc tout risque d’évasion.
Gérald Darmanin a également précisé que 80 % de ces détenus n’avaient pas encore été jugés, les 20 % restants étant déjà condamnés.
Une étape supplémentaire vers ce que le garde des Sceaux a appelé « la sécurisation des prisons françaises », et le développement de plusieurs lieux d’incarcération à venir. Le prochain en date : une prison modulaire prévue à Troyes-Lavau, dont la livraison est prévue pour septembre 2026.
« 30 constructions sont à venir dans l’année qui vient », a ainsi précisé Gérald Darmanin devant les caméras. Objectifs : répondre à la surpopulation carcérale, « une atteinte à la dignité des détenus » et qui « empêche les agents de bien travailler », mais aussi rajeunir un immobilier pénitentiaire vieillissant.
Interrogé aussi sur la prolifération des livraisons (de téléphones ou de cannabis) par drones dans les prisons, le ministre a assuré que « l’intégralité des prisons » seraient bientôt adaptées et couvertes contre « ce fléau moderne qu’il nous faut combattre ». À Réau, un poste de commandement est dédié à la lutte contre les drones, une installation pour l’instant unique en France.
La prison, un lieu de justice ? En Île-de-France, les « grands procès » vont également commencer, d’ici peu, à sortir des palais de justice, en se tenant dans de grandes salles dédiées, installées dans les établissements pénitentiaires et prévues pour juger plusieurs dizaines d’accusés, en évitant ainsi les transferts. À Fleury-Mérogis, les travaux ont commencé, et une deuxième structure de ce type est d’ores et déjà en projet à Aix-en-Provence.
Certains des détenus attendus à Réau sont d’ailleurs concernés par le grand procès à venir prévu à Fleury-Mérogis. Transferts coûteux, risques pour les agents… « Il est tout à fait normal que nous puissions sécuriser les grands procès », a de nouveau souligné Gérald Darmanin, répondant ainsi aux syndicats de magistrats et d’avocats qui s’étaient inquiétés d’une future justice « en dehors des tribunaux ». « L’administration pénitentiaire, c’est aussi le ministère de la Justice, tout comme les magistrats », a répondu le garde des Sceaux.
« Ce n’est pas moi qui ai pris la décision de fermer la salle des grands procès de Paris », a-t-il aussi tenu à préciser. Insistant sur le besoin de grandes salles « en dehors de la capitale », il a également balayé les accusations d’atteintes à l’État de droit : « Tous les critères démocratiques d’un procès seront respectés, en lien avec les magistrats et les avocats. »
« Mon travail, c’est de protéger les témoins, les OPJ, soumis à une pression très forte », a-t-il poursuivi. Une vingtaine de magistrats se trouvent aujourd’hui sous protection policière, a-t-il également rappelé. « Ils ne sont pas payés pour se prendre des balles de Kalashnikov ! »
« Les magistrats ont eu des mots très durs envers moi, et c’est normal, c’est leur droit. Mais (…) les magistrats doivent comprendre qu’ils doivent participer à la mobilisation. »
Pointé du doigt par les représentants syndicaux policiers et jusdiciaires, en difficulté depuis la diffusion d’une lettre interne adressée au ministre de l’Intérieur qui liste les défaillances des services d’enquête dans le traitement des violences sexuelles faites aux enfants, le garde des Sceaux (et ex-ministre de l’Intérieur) s’est enfin défendu de toute « hypocrisie », rappelant qu’il avait fortement augmenté les effectifs de policiers et donné plus de moyens à la police et à la gendarmerie. « Y a-t-il encore besoin d’officiers de police judiciaire ? La réponse est oui. (…) Faut-il cacher des choses ? La réponse est non. »
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