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Le président de la Seine-Saint-Denis s’associe à la fronde contre le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) pour contester le surcoût d’inscription imposé aux étudiants extra-communautaires. Porté par Philippe Baptiste, ce projet suscite une opposition croissante des universités et des élus, qui y voient une atteinte grave à l’attractivité et à l’universalité du modèle français.

Une réforme qui « banalise les idées d’extrême droite ». C’est en ces termes que Stéphane Troussel, président (PS) du Département de la Seine-Saint-Denis, a annoncé dans un communiqué de presse, lundi 4 mai, rejoindre le boycott du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Réunie dès le lendemain, l’instance devait valider le décret augmentant les droits d’inscription des étudiants extra-communautaires ; un dispositif qui, selon l’élu, dessine « une France étriquée, au mépris de sa tradition d’accueil ».
Au cœur de la discorde : ces frais différenciés, jugés discriminatoires par de nombreux universitaires et collectivités. Si la stratégie « Choose France for Higher Education », présentée le 21 avril 2026 par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, mise sur une multiplication des tarifs par quinze – portant la licence à 2 895 € et le master à 3 941 € – pour renforcer l’attractivité nationale, ses détracteurs y voient une menace pour l’accessibilité du savoir. Stéphane Troussel a ainsi dénoncé une politique qui « fragilise le rayonnement de la France » et a fustigé une atteinte au principe d’autonomie des universités.
Les chiffres illustrent l’ampleur de l’enjeu : selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur, près de 100 000 étudiants seraient directement impactés. En Seine-Saint-Denis, la question s’avère particulièrement sensible. À l’Université Paris 8, par exemple, les étudiants internationaux « souvent précaires » représentent entre 26 % et 28 % des effectifs, a détaillé Stéphane Troussel. Et ce dernier de rappeler que « le modèle universitaire français repos[ait] sur un principe fondamental : l’universalité des savoirs », précisant que sur ce territoire, leur présence s’inscrit dans une réalité sociale empreinte de mixité : « Ceux qui viennent étudier ici s’intègrent dans un tissu local, familial et associatif qui favorise leur réussite et participe à la vitalité du département. »
Avec l’appui d’Oriane Filhol, vice-présidente chargée de l’Action sociale et de la lutte contre les discriminations, l’élu a finalement appelé à une mobilisation citoyenne, politique et universitaire pour empêcher la publication du décret, « y compris par voie juridique ».
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