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Quelques semaines après une réunion publique houleuse à Vitry-sur-Seine, le projet a continué de susciter les critiques, notamment autour de ses conséquences sanitaires et environnementales. Présentée par la majorité comme une simple opération foncière, la délibération a été perçue par ses opposants comme une étape décisive vers la construction de l’incinérateur.

Le Conseil de Paris a franchi une nouvelle étape dans le renouvellement de son réseau de chauffage urbain. Réunis en séance vendredi 17 juillet, les élus ont voté un protocole d’accord en vue de l’acquisition d’un terrain situé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), sur lequel sont édifiées les centrales de cogénération et de traitement de l’eau.
Cette adoption intervient quelques semaines après une réunion publique à Vitry, lors de laquelle les habitants et les associations opposées au projet Thermos-sur-Seine ont dénoncé la construction de l’incinérateur.
Les risques liés à la pollution et aux particules ultrafines générées par cette installation, destinée à brûler du bois et des combustibles solides de récupération – autrement dit « les déchets des déchets », selon l’expression employée par Christophe Prudhomme (Nouveau Paris Populaire) en séance – avaient notamment été au cœur des échanges.
L’adoption de la délibération n’a toutefois pas mis fin aux oppositions autour du projet. Vendredi, plusieurs élus ont de nouveau alerté sur ses conséquences potentielles, en particulier sur la santé des habitants de Vitry.
« L’accumulation des toxiques (produits par la combustion) a un effet exponentiel sur la dégradation de la santé », a martelé Christophe Prud’homme. Et de fustiger : « Ajouter des toxiques est meurtrier. » « Le projet est le prolongement d’une technologie dépassée et polluante », a abondé Karl Astié (Paris Liberté).
Les effets à long terme de l’exposition aux polluants pendant l’enfance ont également été dans le viseur. « C’est d’autant plus de poids pour la sécurité sociale », a tancé Rodrigo Arenas (Nouveau Paris Populaire), après avoir rappelé que lors du conseil départemental du Val-de-Marne, gauche et droite s’étaient « alliées » pour dire non au projet.
La rapporteure Alice Timsit a néanmoins tenu à rappeler que « cette délibération ne vaut pas autorisation environnementale : elle porte sur un protocole d’accord pour l’acquisition d’un foncier où se trouve déjà une centrale au gaz fossile et une centrale d’eau ». « C’est un foncier que nous utilisons déjà », a-t-elle complété.
L’opposition a néanmoins estimé que cette acquisition ne pouvait être dissociée du projet d’incinérateur. « Ne vous y trompez pas, il s’agit de l’achat d’un terrain pour faire l’incinérateur ! » a ainsi averti Emile Meunier (Nouveau Paris Populaire). « Nous ne sommes qu’au tout début d’une longue bataille », a également lancé le conseiller.
Le projet ne manquerait toutefois pas d’avantages : réduction des gaz à effet de serre, baisse des factures énergétiques pour les usagers, et création d’emplois, a résumé Adrien Tiberti (parti communiste de Paris). Des arguments qui n’avaient pas séduit les Vitriots début juillet en réunion publique.
A date, la pétition lancée par le département du Val-de-Marne pour s’opposer à l’incinérateur a dépassé les 10 550 signatures. Les habitants de la commune devront se prononcer lors d’un vote en fin d’année.
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