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En déplacement chez Dassault Aviation, jeudi 2 avril, Jean-Pierre Farandou a lancé un appel à la mobilisation pour l’industrie française. Au nom de la souveraineté, il a exhorté la jeunesse et les profils éloignés de l’emploi à s’engager dans la filière industrielle en manque de main-d’œuvre.

« Aujourd’hui, c’est un peu le ‘kick-off’ de cette démarche consistant à faire en sorte que les entreprises industrielles de ce pays disposent des ressources dont elles ont besoin », a esquissé jeudi 2 avril le ministre du Travail et des Solidarités depuis l’usine de production où sont assemblés des revêtements et de petites pièces Falcon et Rafale.
Aux côtés de Thibault Guilluy, directeur général de France Travail, Jean-Pierre Farandou a insisté sur les besoins importants de recrutements dans l’industrie de la défense. Alors que certaines entreprises industrielles affichent des carnets de commandes remplis – c’est le cas pour Dassault Aviation – ou que d’autres sont à la peine, le recrutement d’un « personnel qualifié, de compétences et d’engagement » reste une priorité.
En particulier dans le contexte actuel où « la situation internationale nous renvoie cruellement à des sujets de souveraineté. La géopolitique s’est invitée dans l’économie, le militaire s’invite dans l’économie. Il faut aussi voir cela comme une chance car c’est signe d’emplois », a adressé le ministre. En effet, dans le secteur de la défense, entre « 70 000 et 100 000 emplois sont à couvrir d’ici 2030 », a-t-il ajouté.
Jean-Pierre Farandou a également profité de son déplacement pour donner quelques précisions sur le rôle de Dominique Witte – également présente lors de la visite -, la générale retraitée des armées récemment désignée pour prendre la tête de la structure nationale chargée de dénicher des talents pour l’industrie de la défense : « La générale va aider France Travail à mieux se calibrer, à comprendre quels sont les besoins, coordonner les acteurs, définir une feuille de route qui sera décidée et mise en œuvre par Thibault Guilluy », a-t-il détaillé.
Ce dernier a, de son côté, rappelé la stratégie de l’opérateur de l’Etat pour susciter des vocations au sein de la filière industrielle, un enjeu de taille. « Nous faisons un travail main dans la main avec l’éducation nationale pour créer des vocations ainsi que l’Union des industries et des métiers de la métallurgies (UIMM), le bras armé de l’industrie pour accompagner des parcours de formation », a-t-il indiqué.
Chez Dassault Invitation, « quasiment 2 000 personnes ont été recrutés par an ces trois dernières années », a fait savoir Eric Trappier, PDG de l’entreprise. Ce qui pose un problème de formation », a-t-il avancé. Dans cette optique, un dispositif expérimental a récemment été mené avec France Travail. Actuellement, 12 demandeurs d’emplois – présents lors de la visite du ministre – issus de domaines variés tels que la santé, la vente ou encore l’artisanat sont positionnés dans l’entreprise grâce à « la méthode de recrutement par simulation », a continué Thibault Guilluy.
Sans détailler davantage les priorités de cette « force spéciale » du recrutement – dont un temps fort est prévu le 23 avril à Toulon -, le ministre a annoncé le lancement prochain d’une nouvelle « task force » pour le secteur du nucléaire et celui de « la transition écologique en général ».
Jean-Pierre Farandou a enfin insisté sur l’urgence de la mobilisation. « Le rassemblement de toutes les énergies au service de l’industrie et de l’emploi nous permettra de relever des défis majeurs », a-t-il affirmé. Avec quels moyens ? Si, en matière de financements, le ministre du Travail a volontiers rappelé la hausse du budget consacré à « l’effort de défense », par le ministre Sébastien Lecornu en mars (plus de six milliards d’euros), il n’a pas évoqué la baisse des financements de l’État pour les missions locales, qui est passé de 13 % à 8 % à l’issue des débats dans le cadre des débats sur le projet de loi des finances 2026.
Ces structures sont pourtant essentielles pour la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes, notamment à l’échelon local. C’est d’ailleurs aux jeunes que Jean-Pierre Farandou s’est adressé en guise de conclusion : « Venez, ce sont des métiers formidables. On y apprend un vrai savoir-faire, on fabrique, et ce sont des métiers bien rémunérés. » Un message également destiné aux jeunes femmes et à leurs familles, pour rappeler que les métiers de l’industrie sont pleinement « accessibles ».
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