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Dans un communiqué, Julien Charles a invité Bally Bagayoko à revenir sur sa décision, estimant que le maire de Saint-Denis devait veiller au respect de la « tradition républicaine ».

La polémique se poursuit. Dans un communiqué publié le 6 mai, le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a demandé au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, de raccrocher le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans sa mairie. Cette demande intervient après une intervention de l’édile sur LCI le 3 mai, au cours de laquelle il avait confirmé avoir « décroché » ce portrait, estimant que « la République n’était pas en capacité de corriger les inégalités ».
Le cadre aurait été rangé « dans un coin», « en attendant l’avènement d’une gauche de rupture et d’un nouveau président », qu’il espère être Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier avait justement déclaré sa candidature quelques heures plus tôt.
Le préfet a ainsi demandé au maire de reconsidérer « sa décision et de renouer avec cet usage républicain », rappelant que si l’affichage du portrait présidentiel dans les mairies n’est pas une obligation légale, il demeure « un usage consacré à la tradition républicaine ».
Problème : rien n’impose aujourd’hui aux maires d’afficher le portrait présidentiel. Un amendement en ce sens avait bien été évoqué en 2023, mais il n’a jamais abouti jusqu’au Sénat et n’est donc jamais entré en vigueur.
De son côté, Bally Bagayoko a réaffirmé auprès de l’AFP que « le portrait resterait décroché tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain », estimant que la démarche de la préfecture n’avait « pas lieu d’être », puisqu’elle reconnaît elle-même la légalité de cette décision.
Le maire a également reçu le soutien, sur X, du député Éric Coquerel (La France insoumise), qui a vivement critiqué l’intervention du préfet, s’interrogeant sur une possible volonté de pression politique à l’égard des maires insoumis du département. Le parlementaire a rappelé que l’affichage du portrait présidentiel ne relève d’aucune obligation légale ni constitutionnelle, les seuls symboles inscrits dans la Constitution étant le drapeau, l’hymne et la devise. Un message relayé par Bally Bagayoko, qui a commenté : « À savoir ! Merci Éric Coquerel du rappel ! ».
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