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Entre affrontements serrés dans certaines grandes villes et victoires nettes dès le premier tour, les élections municipales de la région rebattent certaines cartes, notamment à Paris et Saint-Denis.

Le premier tour des élections municipales s’est tenu ce dimanche 15 mars 2026. En Île-de-France, près de 7,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, pour un scrutin marqué par plusieurs enjeux majeurs, notamment à Paris avec le départ de la socialiste Anne Hidalgo après douze années à la tête de la capitale. Dans de nombreuses communes de banlieue, les enjeux étaient tout aussi majeurs.
Comme lors des précédents scrutins, la région s’est toutefois moins mobilisée que le reste du pays : le taux de participation s’élève à 56 %, contre 66 % au niveau national. Et, une nouvelle fois, c’est en Seine-Saint-Denis que la participation reste la plus faible. Panorama de ce premier tour.
À Paris, Rachida Dati est arrivée en deuxième position au premier tour des élections municipales, selon les résultats définitifs. La candidate LR a recueilli 25,46 % des voix, soit douze points de moins que le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé en tête avec 37,98 %. Le second tour s’annonce déjà particulièrement ouvert, avec la perspective d’une configuration à cinq candidats – avant d’éventuelles négociations et fusions de listes – susceptible de rebattre les cartes.
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Plusieurs candidats dépassent en effet le seuil des 10 % et peuvent se maintenir ou se désister : Sophia Chikirou (LFI, 11,72 %), Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance, 11,34 %). Sarah Knafo qui, avec son parti Reconquête, a obtenu 10,40 % des votes des Parisiens, a annoncé son retrait de la course ce mardi 17 mars.
De premières alliances se dessinent : Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel ont décidé de fusionner leurs listes afin de tenter de concurrencer Emmanuel Grégoire, qui a, de son côté, refusé toute alliance avec LFI.
Avec 50,77 % des voix, le candidat LFI Bally Bagayoko a remporté la victoire dès le premier tour. Une victoire marquante dans cette commune d’environ 150 000 habitants, deuxième plus grande ville d’Île-de-France derrière Paris, et qui a donné lieu à une célébration euphorique dans la salle des mariages de la mairie de Saint-Denis
Le résultat constitue un revers pour le maire socialiste sortant Mathieu Hanotin, qui a recueilli près de 33 % des suffrages. Le Parti socialiste perd ainsi la ville au profit de La France Insoumise. Historiquement communiste, la municipalité avait déjà connu un premier tournant en juillet 2020, lorsque la victoire de l’ancien député avait acté la fin de 75 ans de gestion par le Parti communiste français.
En Essonne, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a été largement réélu dès le premier tour des élections municipales. Ce dernier a recueilli 8 912 voix, soit 79,95 % des suffrages exprimés, face à la liste d’union de la gauche conduite par Claudia De Campos, qui a obtenu 20,05 % des voix (2 235 suffrages).
Également candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, il retrouve ainsi son fauteuil de maire dans cette commune de près de 29 000 habitants, qu’il avait dirigée pendant 22 ans, de 1995 à 2017. Contraint de céder son poste en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, il l’avait alors transmis à son premier adjoint, Olivier Clodong, réélu en 2020, et qui reprend donc sa place.
À Évry-Courcouronnes, le duel a tourné court : Stéphane Beaudet a été réélu dès le premier tour (57,21 %). Face à lui, une gauche divisée, et une candidate de La France Insoumise, Farida Amrani, qui plafonne à 29,8 %.
Dans le Val-d’Oise, 764 123 électeurs étaient appelés aux urnes dans 828 bureaux de vote. La participation s’établit à 50,21 %, en hausse par rapport au scrutin de 2020 organisé en période de crise sanitaire (44,66 %), mais toujours en retrait par rapport à 2014 (63,55 %) et 2008 (56,47 %).
Plusieurs candidats ont franchi la barre des 50 % dès le premier tour, leur assurant une élection immédiate. Si ce phénomène était attendu dans les communes ne comptant qu’une ou deux listes – soit 85 villes et villages -, on a pu observer ces victoires immédiates dans de nombreuses communes plus disputées. Au total, près de 80 % des communes ont déjà désigné leur équipe municipale (le maire étant ensuite élu par le conseil municipal), et seul un nombre limité de villes : -37- est concerné par un second tour.
Dans les Yvelines, les maires sortants ont été très largement reconduits dès le premier tour, notamment à Versailles, Sartrouville ou encore Saint-Germain-en-Laye. Même tendance dans le Val-de-Marne, où 28 des 47 communes ont déjà désigné leur équipe municipale. De nombreux maires sortants, de droite comme de gauche, ont été réélus sans difficulté, à l’image de Charenton-le-Pont avec Hervé Gicquel (LR) ou Luc Carvounas (PS) à Alfortville.
Dans les Hauts-de-Seine, plusieurs édiles ou figures locales se sont imposés nettement dès ce premier scrutin. À l’inverse, dans certaines grandes villes comme Boulogne-Billancourt ou Nanterre, le résultat est renvoyé au second tour.
En Seine-et-Marne, le maire de Meaux, Jean-François Copé (Les Républicains), en poste depuis 1995, a été réélu dès le premier tour avec 63,45 % des voix face à plusieurs listes concurrentes. Par ailleurs, situation atypique, à Ozouer-le-Voulgis, les deux candidats à la mairie de celle-ci, Gérard Champin et Gauthier Bounichou sont arrivés ex-aequo, remportant 421 voix chacun.
Enfin, sur les 506 communes du département, seule Lissy, village de 372 habitants, n’a pas organisé de scrutin faute de candidats. Une situation unique en Île-de-France.
| Une campagne sous tensions La campagne pour Saint-Denis a été particulièrement tendue. Dimanche après-midi encore, jour du scrutin, l’équipe de la liste soutenue par La France Insoumise et par le Parti communiste à Saint-Denis a accusé le maire sortant Mathieu Hanotin d’utiliser « les moyens de la mairie » pour « perturber la sincérité du vote », selon l’Agence France-Presse. L’entourage de l’édile a rejeté ces accusations et a dénoncé, au contraire, des appels visant la « jeunesse » à se rassembler pour aller voter et « éteindre Hanotin » diffusés sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, son directeur de cabinet, David Lebon, évoque auprès de l’AFP « un appel au vote clairement illégal » et une «ambiance de pression », indiquant avoir mandaté des huissiers pour constater ces rassemblements. Réponse du responsable des relations presse du candidat LFI : « L’appel d’huissiers pour contrôler ces rassemblements ne servira qu’à perturber ces jeunes électeurs. » Auparavant, les tensions étaient déjà accrues. Lors d’une réunion consacrée à la lutte contre le narcotrafic, le 2 février, Mathieu Hanotin avait affirmé que certains trafiquants de drogue soutenaient le candidat Bally Bagayoko. Selon lui, la volonté de la liste LFI-PCF de désarmer et de réduire les missions de la police municipale aurait suscité l’adhésion de certains réseaux. « Dans les quartiers, on a les petits dealers, les guetteurs, qui chauffent les policiers municipaux en leur disant : “Nous, on va tous voter pour Bally Bagayoko pour prendre votre place demain” », avait-il déclaré. En réaction, le lendemain, Bally Bagayoko avait annoncé porter plainte pour diffamation, dénonçant auprès du média 20 Minutes une affaire « montée de toutes pièces ». Et de s’interroger : « Il fait état de propos qu’on lui aurait rapportés. Mais que fait la police municipale dans des histoires de narcotrafiquants ? » |
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