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Si certaines communes avaient déjà tranché dès le premier tour, le second tour a donné lieu à des duels particulièrement serrés, à l’image de Paris ou de Rueil-Malmaison. La synthèse, en Ile-de-France.

187 des 1 266 communes d’Île-de-France étaient concernées par le second tour des élections municipales organisé ce dimanche 22 mars. À 17 heures, la participation régionale s’établissait à 41,47 %, en baisse de 2,97 points par rapport à 2014 (42,74 %), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Dans un contexte marqué par plusieurs configurations incertaines, comme la triangulaire à Paris entre Sophia Chikirou, Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, ou encore des affrontements serrés entre la gauche et la droite, de nombreux résultats restaient incertains.
Alors, qui sort gagnant et qui recule à l’issue de ce scrutin en Île-de-France ?
Qui pour remplacer Anne Hidalgo à la tête de Paris ? La question était au cœur de ce second tour. Dans le duel opposant Rachida Dati à Emmanuel Grégoire, l’incertitude a rapidement laissé place à une victoire nette du candidat de la gauche – soutenu par le Parti socialiste, le Parti communiste français et Les Écologistes – qui l’a emporté avec plus de 50 % des voix contre 41 % pour la candidate des Républicains. « Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », a salué Emmanuel Grégoire depuis son QG de campagne, lors de son premier discours en tant que maire.
De son côté, Rachida Dati a reconnu ne pas avoir « réussi à convaincre suffisamment que le changement était possible et nécessaire », estimant que « le poison de la division a produit ses effets ».
Dans l’Essonne, Samira Ketfi (divers droite) a été élue maire de Corbeil-Essonnes avec 60 % des voix. Arrivée en tête dès le premier tour, elle a largement confirmé l’essai face au maire sortant Bruno Piriou (union de la gauche), qui n’a recueilli que 40 % des suffrages.
À Ris-Orangis, commune de 30 000 habitants ancrée à gauche depuis près de 55 ans, Sonia Benameur, candidate de 26 ans sans étiquette, s’est imposée également comme l’une des surprises de cette élection. Pour sa première candidature, elle a obtenu 49,44 % des voix (3 794 suffrages), à l’issue d’une triangulaire.
Arrivé légèrement en tête au soir du premier tour à La Courneuve devant le premier adjoint Oumarou Doucouré (PS), le député Aly Diouara (LFI) l’a finalement emporté de justesse ce dimanche face au protégé de Stéphane Troussel. Une victoire serrée – 51,5 % des suffrages, soit moins de 250 voix d’écart – au terme d’une campagne particulièrement tendue entre les deux candidats. Ce succès marque par ailleurs une deuxième conquête en une semaine pour La France insoumise, après celle de Bally Bagayoko à Saint-Denis.
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Le scrutin s’est déroulé dans un climat conflictuel, marqué par des accusations de corruption. En toile de fond, le procès en appel d’Aly Diouara pour diffamation publique envers Oumarou Doucouré : le candidat LFI avait été condamné le 9 mars en première instance à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir évoqué des pratiques clientélistes dans l’entourage de son adversaire. Prévue en plein entre-deux-tours, l’audience en appel a finalement été renvoyée en raison d’un arrêt de travail d’Aly Diouara, une absence vivement critiquée par le camp adverse, qui a dénoncé une « stratégie d’évitement » venant « polluer la campagne ».
Dans les Hauts-de-Seine, Patrick Ollier, ancien ministre et président de la métropole du Grand Paris, a dû batailler pour conserver la mairie de Rueil-Malmaison, qu’il dirige depuis 2004.
À 81 ans, celui qui se présentait avec une liste d’union de la droite a finalement été réélu avec 52,17 % des suffrages; devançant ainsi Hugues Ruffat (divers droite), qui a obtenu 31,91 %, tandis que Patrick Indjian (union de la gauche) est arrivé en troisième position avec 15,92 %.
À Courbevoie, Jacques Kossowski (LR), 84 ans, briguait un sixième mandat après plus de 30 ans à la tête de la ville. Comme à Rueil-Malmaison, le maire sortant a conservé l’avantage, en arrivant en tête du second tour avec 42,47 % des suffrages. Il a devancé Aurélie Taquillain (divers droite), créditée de 34,13 %. Derrière, Alban Thomas (gauche unie) a recueilli 15,94 %, tandis que Vincent Julé (divers) a obtenu 7,46 %. Faute d’accord entre les candidats dans l’entre-deux-tours, la configuration est restée inchangée par rapport au premier tour, donnant lieu à une quadrangulaire.
En Seine-et-Marne, le Rassemblement national a échoué à deux reprises. À Ozoir-la-Ferrière, Laëtitia Devriendt (écologiste) s’est imposée avec 34,68 % des suffrages face au candidat RN Teddy Robin, arrivé en tête au premier tour, mais battu de justesse (167 voix d’écart) dans une quadrangulaire sans alliance.
À Brie-Comte-Robert, Yves Grannonio (sans étiquette) a remporté le second tour avec 35,19 % des voix, devant le maire sortant Jean Laviolette (33,55 %) et Morgann Vanacker (RN, 31,26 %), dont la liste avait pourtant fusionné avec celle de Franck Denion (LR).
Dans le Val-de-Marne, la droite s’est imposée dans plusieurs grandes villes, notamment à Choisy-le-Roi et à Fresnes, où Christophe Carlier (LR) l’a emporté de justesse avec 107 voix d’avance (45 %) sur la maire sortante Marie Chavanon (PS), malgré une union avec Les Écologistes (43 %). À Créteil, en revanche, Laurent Cathala (PS), 80 ans, conserve la mairie qu’il dirige depuis 1977.
Dans les Yvelines, plusieurs affrontements serrés ont opposé droite et gauche, mais c’est à Mantes-la-Jolie que le scrutin a créé la surprise : Adama Gaye, à la tête d’une liste citoyenne et apolitique, a renversé le maire sortant Raphaël Cognet (Horizons) avec 54 % des voix contre 46 %. Une percée notable pour ce candidat de 34 ans encore inconnu du grand public quelques semaines auparavant.
Enfin, dans le Val-d’Oise : à Argenteuil, Georges Mothron (LR) conserve son fauteuil de maire grâce à 55,22 % des voix (13 895 suffrages), face à Yassin Zeghli (LFI), qui a recueilli 44,78 % des suffrages (11 269 voix). À l’issue du scrutin, ce dernier a dénoncé une campagne « entachée de manœuvres illégales ». La raison ? L’équipe de Georges Mothron a relayé une information concernant une condamnation de son adversaire en 2023 pour violences conjugales.
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