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Lors d’une opération menée dans les commerces de proximité, l’Urssaf a contrôlé 338 entreprises et examiné la situation professionnelle de 481 salariés. L’organe a listé 62 cas avérés de travail dissimulé, et 38 suspicions de minoration des rémunérations.

29,5 %, c’est le taux d’anomalies (salariés non déclarés, minoration des horaires…) relevé par l’Urssaf dans près de 80 communes d’Île-de-France lors d’une opération de contrôle menée le 2 avril 2026 au sein des commerces de proximité, notamment dans la vente de cigarettes électroniques, la téléphonie et la réparation d’équipements électroniques.
Ces secteurs avaient été ciblés dans le cadre du plan national de lutte contre le travail illégal, indépendamment du poids global des fraudes par branche.
Au total, 320 inspecteurs ont été mobilisés : 338 entreprises ont été contrôlées et la situation professionnelle de 481 salariés examinée. Les premières constatations font état de 62 cas de travail dissimulé et de 38 suspicions de minoration de rémunérations. Si le taux global d’anomalies, établi à 29,5 %, apparaît « relativement stable par rapport à l’année précédente », il demeure susceptible d’évoluer à mesure que les investigations se poursuivent, précise l’organisme dans un communiqué.
Les résultats mettent néanmoins en évidence de fortes disparités territoriales. Le Val-de-Marne enregistre le taux le plus élevé (65 %), devant Paris (37,7 %), la Seine-Saint-Denis (32 %), l’Essonne (32 %) et la Seine-et-Marne (21 %). Les autres départements affichent des niveaux nettement plus faibles, allant de 6 % dans les Yvelines et le Val-d’Oise à 0 % dans les Hauts-de-Seine.
Pour Pierre Gallet, directeur adjoint de l’Urssaf Île-de-France en charge du contrôle et du juridique, ces opérations restent indispensables : « Le travail dissimulé pénalise à la fois les salariés, privés de leurs droits, et les entreprises qui respectent les règles. Notre action vise à rétablir cette équité. »
Paul Viélajus, directeur de la lutte contre le travail dissimulé à l’Urssaf Île-de-France, ajoute qu’il « est essentiel de montrer que les contrôles existent sur l’ensemble du territoire, y compris au plus près des commerces de proximité. C’est une condition indispensable pour garantir le financement de notre modèle de protection sociale ».
« En 2025, les redressements liés au travail dissimulé en Île-de-France ont atteint près de 820 millions d’euros, soit une hausse de 41 % par rapport à 2024 », indique l’Urssaf, précisant que « ces montants représentent près de 55 % des redressements totaux réalisés en France, estimés à 1,5 milliard d’euros ».
En France, la fraude sociale est par ailleurs évaluée à 14 milliards d’euros pour 2025, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS), dont plus de 7 milliards liés au travail dissimulé – principalement via la non-déclaration d’heures ou de salariés.
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