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Le
tribunal administratif de Paris avait suspendu la réquisition par le ministère
des Sports de plusieurs sites pour loger le personnel lors des Jeux olympiques
et paralympiques. Cependant, le Conseil d'État a finalement estimé qu'il n'y
avait pas lieu de statuer sur ces réquisitions.
Après
un long débat juridique, les étudiants vont finalement devoir laisser leurs
logements à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024. En effet, le Conseil
d’État a donné sa décision et a validé, le 29 décembre 2023, la réquisition des
logements étudiants du Crous afin d’héberger du personnel provenant de
l'événement sportif, explique Franceinfo. Dans les faits, le Conseil
d’État a finalement conclu qu’il n’y avait pas besoin de statuer sur la
légalité de ces réquisitions.
Cette
histoire remonte au mois de mai dernier, lorsque le ministère des Sports avait
annoncé son intention de réquisitionner près de 3000 logements étudiants en
Île-de-France. A la suite de cette annonce, le Crous de Paris avait, par
anticipation, limité les baux d’occupation de ces logements au 30 juin 2023.
Cette mesure controversée avait été suspendue à la fin du mois d'août 2023, après
un référé émis par le tribunal administratif de Paris dans le cadre d'une
procédure judiciaire engagée par le syndicat Solidaires.
Le
Crous peut louer ses locaux à l’Etat
Le
Conseil d’État a jugé que l’objet du litige, le mail envoyé aux étudiants pour
les informer des réquisitions, n'avait plus d’effectivité, étant donné que la
campagne d'admission en résidence universitaire pour l'année 2023/2024 prévoit
la fin des baux au 30 juin. Plus précisément, le Crous a le droit légal de
proposer des baux de moins d'un an aux étudiants et peut louer ces locaux à
l'État pour héberger du personnel mobilisé lors des Jeux olympiques et
paralympiques de Paris.
Dans
ce mail, partagé par nos confrères du journal Libération, il est indiqué
: « Nous vous informons que le Comité d’organisation des Jeux olympiques et
paralympiques nous demande de mettre à sa disposition la résidence Crous où
vous êtes actuellement logé·e pendant les mois de juillet et août 2024 pour
l’accueil des volontaires et partenaires mobilisés pour l’événement. La
résidence devra être vide de tout occupant à compter du 1er juillet 2024. C’est
pourquoi, à titre exceptionnel, le droit d’occupation qui va vous être consenti
dans le cadre de votre renouvellement se terminera au 30/06/2024, date à
laquelle vous devrez impérativement quitter votre logement. Les étudiants
présents jusqu’au 30/06/2024 qui auront obtenu un renouvellement de leur droit
d’occupation pour l’année 2024-2025 réintégreront leur logement au 1/09/2024. Un
logement temporaire, dans une autre résidence pourra leur être proposé pour les
mois de juillet et août ».
Il
sera donc vraisemblablement possible pour les étudiants de récupérer leur
logement une fois les Jeux olympiques 2024 terminés, si l’on s’en tient à ce
mail.
100
euros et deux places pour les Jeux olympiques de Paris 2024
En
guise de compensation, le conseil d'administration du Crous de Paris assure le
renouvellement du droit d'occupation des étudiants concernés ainsi que la mise
en place d’aides par rapport au changement de logement et de résidence
universitaire. Des mesures qui comprennent notamment une indemnité de 100 euros
et deux places offertes pour assister aux épreuves olympiques. Au total, c’est
plus de 2000 étudiants bénéficiaires du Crous qui doivent être relogés. De son
côté, le ministère de l'Enseignement supérieur, prenant acte de la décision du
Conseil d'État, insiste sur le fait qu'il n'a jamais été question de priver les
étudiants de logement lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris,
rapporte Franceinfo.
Reste
à savoir si tous les relogements seront effectivement réalisés et si les
étudiants pourront, bel et bien, récupérer leurs appartements après les Jeux
olympiques de Paris 2024. Jusqu'à présent, rien n'est garanti, même les 100
euros qui, bien qu'annoncés, n'ont toujours pas de date de versement prévue. Les
étudiants devront se contenter des deux places aux Jeux, en espérant que cela
ne sera pas au détriment d’un logement.
Lors
d'une interview pour Le Parisien, la ministre de l'Enseignement
supérieur, Sylvie Retailleau, s’est voulue rassurante : « Ce déménagement se
fera, s'ils le désirent, au plus près de leur lieu d'études », précisant
que « 30 % des logements du Crous, soit 6 000 appartements, se retrouvent
inoccupés durant l'été car les étudiants arrêtent leur bail pour des raisons
diverses ».
Romain
Tardino
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