Pôle cold-cases : 14 ans après le meurtre de Kassandra, un homme identifié et mis en examen grâce à son ADN

La réouverture du dossier par le pôle cold cases de Nanterre a permis l’analyse d’un ADN sur les scellés de l’affaire, et la mise en évidence d’un profil génétique connu des services de police. Le suspect a depuis été placé en détention provisoire.


vendredi 3 avril à 09:082 min

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Âgé de 44 ans, l’homme a été mis en examen le 2 avril pour le chef de meurtre – Photo iStock

L’ADN a une nouvelle fois parlé. Ce jeudi 2 avril, un homme de 44 ans a été mis en examen par le parquet de Nanterre pour le meurtre par asphyxie, puis l’immolation, de Walter Zapata Flores, alias Kassandra. Des faits commis en 2012 en Seine Maritime, rappelle un communiqué de presse du tribunal judiciaire de Nanterre. La victime avait été découverte sur le bas-côté d’un chemin forestier, à Saint Martin de Boscherville (76).

Alors que le juge d’instruction de Rouen avait rendu une ordonnance de non-lieu le 9 novembre 2015 pour cette affaire, les magistrats du pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), ou pôle cold cases, ont ouvert le 11 juillet 2023 une nouvelle enquête préliminaire.

Le procureur Yves Badorc a fait le point dans une vidéo accompagnant l’annonce : les investigations – l’analyse des scellés – ont permis de mettre en évidence un ADN, retrouvé sur les bottes de la victime, qui a ensuite été transmis au FNAEG. Ses services ont découvert le profil génétique d’une personne « qui avait par ailleurs fait l’objet d’une procédure pour infraction des législations sur les stupéfiants ».

Après l’ouverture, le 9 octobre 2025, d’une information judiciaire du chef de meurtre par le parquet du PCSNE, l’individu a été placé en garde à vue le 31 mars, puis présenté à un juge d’instruction, qui a décidé de le placer en détention provisoire en ce début avril. D’après Le Parisien, en garde à vue, le suspect « a reconnu être un client régulier de prostituées transsexuelles depuis une quinzaine d’années« .

La victime avait été retrouvée partiellement calcinée et vêtue de vêtements féminins. Selon l’enquête, Kassandra, travailleuse du sexe transgenre, était connue pour « se travestir et se livrer à la prostitution à Rouen », abonde le communiqué. L’autopsie avait établi un décès causé par asphyxie. La combustion post-mortem du tiers supérieur du corps avait quant à elle été provoquée à l’aide de carburant.

Selon l’organisation Transgender Europe, 281 homicides de personnes trans ou de genres divers ont été recensés en France entre octobre 2024 et septembre 2025. Depuis le lancement de cette collecte de données, en 2009, plus de 5 300 morts violentes ont été documentées.

Les circonstances de la mort de Kassandra ne sont pas non plus sans rappeler le meurtre d’une jeune femme à Lagny-sur-Marne en 2013, brûlée vive sur la moitié supérieure du corps avec de l’essence. Une affaire irrésolue qui a inspiré le film La Nuit du 12, projeté récemment à des lycéens dans le cadre du Festival du film judiciaire dans les Hauts-de-Seine.

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