Article précédent

AVEC AFP. L’ex-ministre des Comptes publics souhaite également augmenter l’impact des décisions de la juridiction, en veillant « à la cohérence de [ses] messages, à leur pertinence et à leur calendrier ».

Installée vendredi 13 mars comme première présidente de la Cour des comptes en présence d’Emmanuel Macron, l’ex-ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a promis d’avoir pour « première priorité » l’« indépendance de la Cour », après une polémique sur d’éventuels conflits d’intérêts.
Première femme à la tête de de cette institution plus que bicentenaire, l’ancienne ministre de 40 ans, qui a pris ses fonctions le 23 février, a prêté serment en robe d’hermine au milieu des dorures et tapisseries de la Grand’Chambre, où se déroulent les temps forts de la Cour.
Outre le chef de l’État, étaient présents rue Cambon plusieurs ministres, dont ceux de l’Économie Roland Lescure et de l’Action et des comptes publics David Amiel, ainsi que plusieurs anciens premiers présidents de la Cour des comptes, dont son prédécesseur Pierre Moscovici.
Prenant la parole après la présidente de la première chambre, Carine Camby, et la procureure générale près la Cour des comptes, Véronique Hamayon, Amélie de Montchalin a souligné avoir « deux priorités immédiates » qu’elle « entend porter au début de son mandat ».
« La première priorité, c’est de protéger l’indépendance de la Cour pour renforcer notre démocratie », a-t-elle dit. « La probité et l’exemplarité de ses membres sont la clé de voûte de la confiance, à commencer par la Première présidente. »
« Dès mon entrée en fonctions, comme le prévoit le code des juridictions financières, j’ai remis ma déclaration d’intérêts au collège de déontologie », a-t-elle rappelé. « Les modalités concrètes de mise en œuvre [de ses recommandations] s’imposeront à moi », a-t-elle poursuivi, attendue sur ce sujet après la polémique qui avait suivi l’annonce de sa nomination en février.
Certains responsables de l’opposition avaient alors dénoncé un conflit d’intérêts, soulignant que l’ancienne ministre devrait se prononcer sur les choix budgétaires d’un gouvernement dont elle a fait partie.
Face à cette controverse, la Cour des comptes avait indiqué dès sa prise de fonctions, le 23 février, que la nouvelle première présidente avait « décidé de s’abstenir de participer » aux débats sur les finances publiques 2025.
Lors de sa nomination, d’autres avaient soulevé la question de son âge, alors que ce mandat est irrévocable, seulement borné par une limite d’âge théorique à 68 ans.
Pour y répondre, Amélie de Montchalin a glissé dans son discours qu’elle « partirait bien un jour », suscitant quelques rires.
Outre l’indépendance, l’ancienne ministre a assuré avoir comme deuxième priorité « de donner plus d’impact » aux travaux de la Cour des comptes, qui a pour mission principale de s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer les citoyens, en publiant des rapports.
Mais « publier ne suffit pas : encore faut-il veiller à la cohérence de nos messages, à leur pertinence et à leur calendrier, afin qu’ils aient le maximum d’impact possible », a souligné Amélie de Montchalin.
« Plus largement, si la Cour est souvent entendue, elle doit être davantage écoutée », a-t-elle poursuivi, appelant à ce que « soient démultipliés les contrôles de suivi, pour que la Cour puisse s’assurer du devenir effectif de ses recommandations à échéances plus régulières ».
Celle qui avant les Comptes publics avait été secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ministre de la Fonction publique puis ministre de la Transition écologique, a salué dans son discours « toutes les femmes des juridictions financières, présentes ici ou ailleurs », a aussi dit avoir « une pensée pour toutes les « premières » » qui l’ont « précédée dans cette institution », dont la première femme entrée en 1915 rue Cambon en tant que « dactylographe auxiliaire ».
Se réjouissant que « la fonction se féminis[ait] » et se « rajeuni[ssait] », Carine Camby a, elle, souligné que le « premier défi » pour la Cour était aujourd’hui « celui des finances publiques ».
« Il m’est particulièrement agréable d’accueillir aujourd’hui la première femme nommée à ce poste éminent de premier président », a assuré également la procureure générale Véronique Hamayon.
Elle l’a appelée à « trouver ce subtil équilibre qui permet à la Cour de se tenir à égale distance du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif » et « de ne dépendre d’aucun ».
À lire aussi : Amélie de Montchalin nommée première présidente de la Cour des comptes, malgré les critiques des oppositions
Ancienne ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin arrive à la tête de la Cour des comptes après un parcours mêlant secteur privé, institutions européennes et engagement rapide au sein de la majorité présidentielle.
Son choix a immédiatement suscité des réserves dans l’opposition, qui pointe le risque de voir une ancienne actrice des politiques budgétaires participer à leur évaluation. Plusieurs responsables politiques ont également jugé une nomination très politique de la part d’Emmanuel Macron, dans un contexte de forte sensibilité autour de l’indépendance des institutions de contrôle.
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *