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Notre pays ne contient pas son déficit sous la barre européenne consensuelle des 3% du PIB. Cette faille redondante bride son action et étouffe sa parole.
D’autant que les conséquences économiques de la crise géopolitique accentuent nos difficultés financières. Les assauts de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou contre l’Iran maintiennent le choc pétrolier. Difficile de prédire sa profondeur et sa durée, mais l’inflation se trouve confortée. Elle atteint 3,8 % aux États-Unis et 2,2 % en France. Quant à notre croissance, elle est nulle au premier trimestre. Le conflit va l’affecter pour 0,2 à 0,5 points selon les estimations.
Nos finances publiques sont confrontées à la montée des taux d’intérêt, qui augmentent la charge de la dette. Elles subviennent également aux mesures mises en place pour absorber le choc pétrolier, de même qu’à l’augmentation du budget des opérations militaires extérieures.
Aujourd’hui membre de la Ve chambre de la Cour des comptes européenne, Pierre Moscovici était reçu au cercle Turgot mi-mai. Pour lui, « cette conjoncture pourrait bien orienter les débats de la campagne présidentielle vers le thème économique et social, plutôt que vers l’insécurité, ou l’identité. Ce qui ne modifiera pas forcément l’issue du scrutin ».
Les défis ne manquent pas pour le futur gouvernement : une économie à la peine ; des finances publiques réduites ; un système institutionnel contesté ; une assemblée houleuse. De telles conditions minimisent les capacités d’action.
Le prochain quinquennat appelle des efforts concernant la dette. « La France affiche le déficit le plus élevé de la zone euro, supérieur à 5% du PIB, alors que l’objectif fixé est inférieur à 3%. », rappelle Pierre Moscovici. Théoriquement 3%, c’est le seuil à partir duquel la dette reflue. Ainsi au-dessus, elle continue de croître.

La charge de la dette constitue maintenant le premier poste de dépense de la nation devant celui de l’éducation nationale. Elle rend prohibitifs les besoins insatisfaits en investissement numérique, démographique, militaire, géopolitique, etc., et donc notre souveraineté.
Sa situation financière fait aussi perdre à la France sa crédibilité auprès de ses partenaires, par exemple pour proposer un emprunt européen. De facto, le désendettement est devenu un préalable pour que l’exécutif retrouve des marges de manœuvre et de l’influence. La dette publique embolise son pouvoir à tous points de vue.
Pierre Moscovici conclut : « Côté recettes, notre croissance relativement faible peut s’améliorer et notre fiscalité s’alourdir. Côté dépenses, il faut économiser au maximum sans casser la puissance publique. »
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