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AVEC AFP. L’homme avait été déclaré coupable en 1997 par la cour d’assises de la Sarthe d’un quadruple homicide commis 3 ans plus tôt. Un nouveau procès se tiendra devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, à Angers.

Dans une rarissime décision, la Cour de révision a annulé jeudi 2 juin la condamnation à la prison à perpétuité de Dany Leprince et ordonné qu’il soit rejugé pour un quadruple meurtre dans la Sarthe en 1994, coup de théâtre dans ce célèbre dossier criminel.
« La Cour de révision et de réexamen juge que deux des éléments susceptibles d’avoir été retenus à charge par la cour d’assises se trouvent fragilisés par des éléments inconnus de la juridiction, ce qui est de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Dany Leprince », a déclaré son président Nicolas Bonnal.
Dany Leprince, 69 ans, a accueilli la décision les larmes aux yeux et est tombé dans les bras de ses proches au milieu de la chambre criminelle de la Cour de cassation.
« C’est une victoire mais c’est aussi extraordinaire d’obtenir cette révision », s’est félicité Dany Leprince à la sortie de l’audience.
« Le combat continue et je suis déterminé non seulement pour le procès en révision mais aussi pour la vérité qui doit éclater. Il faut que la vérité éclate », a-t-il déclaré à la presse.
Aujourd’hui libre après 18 ans passés derrière les barreaux, l’ancien employé d’une usine de boucherie clame de longue date son innocence des meurtres de son frère, sa belle-sœur et deux de leurs filles dans leur maison de Thorigné-sur-Dué, voisine de la sienne.
La Cour de révision a ordonné que Dany Leprince soit à nouveau jugé lors d’un procès qui se tiendra à Angers, devant la cour d’assises du Maine-et-Loire.
Pour fonder sa décision, la Cour a retenu d’abord le témoignage de Solène Leprince, la seule rescapée du massacre, 2 ans à l’époque. Cette femme indique n’avoir aucun souvenir du drame, tandis qu’à l’époque de la procédure des éléments donnaient à penser qu’elle aurait vu Dany Leprince en train de commettre le quadruple meurtre.
« Je suis brisée d’avoir perdu mes parents et mes sœurs, mais aussi en colère qu’il reste des zones d’ombre aujourd’hui », a déclaré, émue, la survivante à la Cour de révision le mois dernier, devant laquelle elle est venue appuyer la demande de son oncle.
La Cour de révision a ensuite retenu les « pertes de mémoire alléguées » de Martine Compain, femme de Dany Leprince au moment des faits, sur le déroulé de la soirée fatale. Selon des expertises ultérieures, celles-ci pourraient s’avérer être une « simulation ».
Martine Compain est actuellement placée sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée au Mans par Robert Leprince, père de Dany.
Le 4 septembre 1994, Christian Leprince, sa femme et deux de leurs filles, âgées de 7 et 10 ans, sont retrouvés tués à l’arme blanche dans leur pavillon. Solène, 2 ans, est la seule rescapée.
Pour ces faits, la cour d’assises de la Sarthe avait condamné Dany Leprince en décembre 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans, un arrêt désormais annulé.
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