Décès du magistrat André Cerdini, président du procès historique de Klaus Barbie

AVEC AFP. André Cerdini, qui avait présidé en 1987 le premier procès pour crime contre l’humanité condamnant à la perpétuité le nazi et chef de la Gestapo lyonnaise Klaus Barbie, est mort, a appris l’AFP mercredi auprès d’un magistrat ayant siégé à ce procès.


jeudi 7 mai à 11:112 min

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André Cerdini, président du tribunal pendant le procès Klaus Barbie, répond aux questions des journalistes en 2011, à Lyon, à l’occasion de la sortie en DVD des images d’archives du procès. (Photo PHILIPPE MERLE / AFP)

L’ancien président de la cour d’assises du Rhône est décédé lundi 4 mai, à l’âge de 96 ans, a précisé Me Jean-Olivier Viout, adjoint au procureur général à l’époque, saluant un « grand humaniste » dont la « délicatesse avec les victimes a contribué à la sérénité du procès Barbie ». Ce jeudi, le célèbre procureur Jacques Dallest a aussi réagi, décrivant « un grand président de cours d’assises ».

Le procès de Klaus Barbie, surnommé le « Boucher de Lyon », demeure l’un des plus marquants de l’histoire judiciaire française. En juillet 1987, la justice se prononçait pour la première fois sur un crime contre l’humanité, condamnant Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise durant la Seconde Guerre mondiale, à la réclusion criminelle à perpétuité.

Au terme de huit semaines de procès devant la cour d’assises du Rhône, l’homme de 73 ans était reconnu coupable d’avoir organisé la déportation de centaines de juifs, notamment celle des 44 enfants du pensionnat d’Izieu (Ain) le 6 avril 1944.

« La Justice a perdu un grand serviteur »

Les débats, filmés pour les archives, et suivis par les médias du monde entier, s’étaient déroulés dans la salle des pas perdus du palais de justice de Lyon, spécialement aménagée pour accueillir plus de 700 personnes, journalistes, victimes et avocats mobilisés pour l’occasion. Près de 90 rescapés des camps de concentration avaient témoigné au procès, notamment des femmes juives ou résistantes, décrivant les actes de torture subis avant leur déportation.

Les débats avaient permis de mieux définir la notion de crime contre l’humanité, imprescriptible depuis la loi du 26 décembre 1964, contrairement aux crimes de guerre. « Son entêtement à ne pas laisser le dossier dériver, sa sagesse dans la conduite des débats avec le souci permanent de garantir les droits de la défense, corollaire inoubliable de son écoute attentive et humaine de la parole des victimes ont marqué le procès Barbie à jamais. Le Justice a perdu aujourd’hui un grand serviteur », a tenu à souligner l’historien Stéphane Nivet ce jeudi 7 mai.

« André Cerdini était un grand magistrat, a également salué, en hommage, Éric Mathais, procureur de Bobigny, dans une publication sur LinkedIn. J’ai encore le souvenir impressionné de quelques procès d’assises présidés par lui, moins médiatiques que le procès Barbie, auxquels j’ai eu la chance d’assister en tant qu’étudiant en droit à Lyon III. Il a été un modèle et une référence pour des générations de magistrats ».

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