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Les gares de la future ligne 18 du métro ont été achevées cet été. La mise en service de cette nouvelle artère pensée pour désenclaver l’Essonne est espérée pour la fin de l’année.

Il n’était pas nécessaire de venir déguisé en rame de métro ou en pass Navigo, samedi 12 septembre, à la célébration de la fin des travaux de la nouvelle gare de Massy-Palaiseau, destinée à accueillir la ligne 18 du réseau de transports franciliens.
Animations musicales, visites et food-trucks étaient au programme de cette fête pas banale – la quatrième de l’été, après celles des gares aériennes Polytechnique, Université Paris-Saclay, Christ de Saclay, également sur le futur métro 18. Environ 2 000 personnes ont assisté à ces trois premières journées.
L’événement de Massy-Palaiseau, organisé par la Société des grands projets, maître d’œuvre du Grand Paris Express, marque un tournant dans le vaste projet de transports franciliens. Cette ouverture de ligne imminente pose la première pierre du futur réseau des lignes 14 à 18 censé désenclaver la petite et la grande couronnes sans passer par Paris.
Un programme XXL évalué à 4,5 milliards d’euros (contre 3 initialement prévus) avec 200 kilomètres de ligne, 68 gares et trois millions de voyageurs quotidiens attendus.
Pour l’Essonne, première servie de ce plan de transports, les promesses sont grandes. Massy-Palaiseau va d’abord devenir un des principaux hubs régionaux. La gare accueillera donc le métro, en connexion avec les RER B et C, le tramway T12, le Transilien V, la desserte TGV et deux gares routières.
Le département sera ensuite traversé par la seule ligne véritablement pensée sans Paris. La 14 passe en effet déjà par la capitale, la 15 circulera autour, la 16 et la 17 en prendront la quasi-direction. Et même si le terminus à l’aéroport d’Orly et d’autres correspondances viseront une connexion vers Paris, la ligne 18 sera la moins proche de la ville centre.
Cette nouvelle artère a été imaginée avant tout comme un axe structurant du département. L’ambition principale est de pallier le manque de liaisons transversales du territoire, notamment pour mieux desservir le plateau de Saclay en le connectant à Massy, Orly et Versailles. L’infrastructure est présentée comme essentielle au développement de ce pôle universitaire et technologique qui pâtit aujourd’hui de son enclavement.
Avec la version finale de la ligne, il sera possible de relier la gare de Versailles-Chantiers à l’aéroport d’Orly en trente minutes. La gare Université Paris-Saclay se trouvera elle à environ un quart d’heure de ces deux terminus.
Mais les porteurs du projet – qui s’attendent à une affluence de 110 000 voyageurs par jour – défendent aussi les atouts pour tous les habitants. Ils mettent par exemple en avant un temps de trajet de 22 minutes pour rejoindre Antony depuis Guyancourt, contre une heure aujourd’hui.
Une promotion du projet qui n’évite toutefois pas les critiques. Des voix s’élèvent ainsi contre l’impact sur l’environnement et les terres agricoles, mais c’est surtout la portion Saclay-Versailles qui bloque. Pour l’Association des usagers des transports d’Île-de-France, cette partie de la ligne 18 ne serait pas nécessaire et trop coûteuse. « Le faible potentiel couplé à un coût très élevé aurait dû aboutir à une absence de rentabilité socio-économique », écrit ainsi l’association.
Cette dernière avait reçu, en 2021, le soutien du député écologiste de l’Essonne, Cédric Villani, qui suggérait plutôt un bus à haut niveau de service. Le Commissariat général à l’investissement avait même rendu un avis défavorable pour cette portion de la ligne. Des oppositions finalement rejetées par le gouvernement.
Il faudra néanmoins attendre pour emprunter cette liaison entre Saclay et Versailles. Son ouverture est pour l’heure programmée à 2030, après une première prolongation, vers l’est et l’aéroport d’Orly en 2027. La première mise en service entre Massy et Christ de Saclay devrait, en principe, avoir lieu avant 2027 malgré plusieurs reports, mais un nouveau retard serait possible.
D’après Le Parisien, initialement prévue le 1er octobre, l’ouverture avait été décalée en juin dernier à la fin novembre, mais un problème dans le dossier de sécurité pourrait encore prolonger les délais. Il faudra peut-être attendre le début de l’année 2027. Cela fera alors près de trente ans, avec l’inauguration de la ligne 14, que le réseau francilien n’aura pas connu de nouvelle ligne.
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