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Le baromètre sur la confiance dans le numérique et les effets de l’intelligence artificielle, porté par l’Association de l’économie numérique (ACSEL), met en évidence l’importance de l’intelligence artificielle dans la performance des entreprises : 94 % d’entre elles la citent comme un contributeur majeur à leur chiffre d’affaires.

« L’intelligence artificielle est la nitroglycérine de la transformation digitale. » C’est avec cet enthousiasme affiché que Vincent Montet, vice-président de l’ACSEL, a ouvert la 9ᵉ édition de la remise du baromètre Croissance & IA, organisée le 16 avril au ministère de l’Économie et des Finances.
Réalisé par OpinionWay auprès de 502 décideurs d’entreprises de 100 à 5 000 salariés (PME et ETI), ce baromètre a livré des « résultats grisants », selon Cyril Grira, dirigeant chez Oracle et à l’origine de cette étude consacrée à la confiance des Français dans le numérique et aux effets de l’intelligence artificielle sur les entreprises.
Première donnée marquante : 98 % des répondants estiment que l’IA a déjà eu un impact sur la croissance récente de leur entreprise. « Un chiffre dingue, et qui peut encore évoluer dans les prochaines années », a-t-il souligné.

Un tiers des entreprises attribuent même plus de 10 % de leur progression à l’IA. Parmi celles en forte croissance, 95 % citent le digital comme contributeur majeur à leur chiffre d’affaires, contre 62 % un an plus tôt. L’IA apparaît désormais comme une opportunité stratégique majeure pour 40 % des organisations, tandis que seules 18 % la considèrent comme un passage obligé sous la pression du marché et de la concurrence.
Autre enseignement mis en avant : « cette année, on retrouve l’innovation technologique comme levier de croissance », a poursuivi Cyril Grira. Elle est citée par 55 % des entreprises, légèrement devant l’amélioration de l’efficacité opérationnelle (51 %) et l’investissement dans le marketing et la publicité (33 %).
L’IA s’impose d’ailleurs plus rapidement que toutes les révolutions numériques précédentes : 70 % des dirigeants le confirment, et un sur cinq estime même que le rythme est dix fois supérieur.
Résultat, 42 % des entreprises ont déjà atteint une maturité avancée dans leur déploiement et 83 % classent l’IA parmi leurs investissements prioritaires pour 2026.
La confiance envers cette nouvelle technologie progresse également. Ainsi, 77 % jugent fausse l’idée selon laquelle l’IA amplifierait les erreurs lorsqu’elle est utilisée sans solide compréhension des enjeux métiers. Dans le même temps, 81 % des interrogés estiment que les jeunes diplômés sont désormais indispensables pour accélérer l’adoption de l’IA en entreprise. Dans le détail, 42 % des organisations indiquent être à un stade avancé de structuration de l’IA, contre 28 % qui se disent encore au stade préliminaire.
Enfin, alors que certains auraient pu imaginer le secteur de la construction et du BTP moins concerné par l’implémentation de l’IA, c’est l’inverse qui se dessine dans cette étude. Selon cette dernière, l’intelligence artificielle améliorerait déjà la performance de plus de la moitié des PME et ETI, et 83 % des entreprises du secteur interrogées déclarent l’utiliser pour optimiser l’efficacité de leurs processus opérationnels, nettement plus que la moyenne des autres entreprises (72 %). L’écart est encore plus marqué lorsqu’il s’agit de renforcer la qualité et la pertinence des décisions : 93 % dans la construction, contre 65 % pour le reste des secteurs.
Dans le même temps, cette accélération s’accompagne d’une forte vigilance face aux risques, dominée par les enjeux de sécurité et de fiabilité. La protection des données et la cybersécurité sont prises en compte par 90 % des entreprises, la fiabilité des résultats produits par l’IA par 86 % et les risques juridiques par 83 %.
La souveraineté s’impose également comme un point de vigilance majeur : 97 % évoquent la souveraineté des données et 93 % la souveraineté technologique. Pourtant, au moment de déployer concrètement ces solutions, 34 % privilégient des outils d’IA « clé en main » proposés par des acteurs externes pour gagner en rapidité et en agilité, tandis que 29 % font le choix de l’internalisation.
Une tension qui illustre, en creux, les arbitrages encore à trouver entre accélération technologique et maîtrise stratégique. Dans ce contexte, le gouvernement avait d’ailleurs annoncé en début d’année la création d’un Observatoire de la souveraineté numérique, destiné à mesurer les dépendances technologiques de la France afin de mieux les réduire.
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