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Le ministre des Petites et Moyennes entreprises a dévoilé ses mesures pour assurer « l’avenir économique du pays ». Sensibilisation des dirigeants, mise en relation des cédants et repreneurs, outils de financement renforcés : une feuille de route destinée à anticiper la vague de cessions attendue dans les dix prochaines années.

Les chiffres circulent depuis quelques jours déjà. Près de 500 000 entreprises pourraient être cédées dans les dix prochaines années, mettant en jeu près de trois millions d’emplois.
C’est le constat dressé par l’Insee et relayé par le ministre des Petites et Moyennes entreprises, Serge Papin, qui a lancé le plan « Objectif Reprises » ce jeudi 23 avril à Bercy, en présence des figures majeures de l’écosystème entrepreneurial – MEDEF, CPME ou encore Bpifrance en tête.
«Il y a un potentiel de croissance énorme avec la reprise. Il en va de l’avenir économique de notre pays », a affirmé le ministre. Présenté comme un « enjeu économique, stratégique et de souveraineté pour le pays », le plan s’appuie sur les travaux de la Mission Reprise.
Lancé en 2025 pour rendre la transmission d’entreprise plus accessible, ce groupe de travail a réuni plus de 200 acteurs issus de diverses structures – chambres consulaires, institutions, banques ou collectivités – et analysé plus de 300 propositions.
Mais alors, « comment faire naître l’envie de reprise ? », a interrogé le ministre. Premier volet : la sensibilisation des cédants et des repreneurs. Dès mai 2026, un courrier sera adressé à tous les dirigeants atteignant 55 ans, qualifié d’« âge pivot ».
Objectif : « 25 000 dirigeants sensibilisés par an », a affirmé Serge Papin. Un package incluant des liens vers des ressources, un « guide du repreneur » et une invitation à se rapprocher de leur expert-comptable leur sera adressé afin de les inciter à anticiper la cession de leur entreprise. Un accueil physique sera par ailleurs assuré dans les CCI et les CMA pour accompagner ces démarches.
En parallèle, le gouvernement veut susciter des vocations auprès des jeunes. Outre la campagne de communication à destination du grand public lancée au début du mois, une base documentaire numérique devrait être développée à destination des enseignants de lycées professionnels, avant un déploiement progressif dans l’enseignement supérieur.
Autre levier évoqué à Bercy : « provoquer la rencontre ». Serge Papin a ainsi annoncé vouloir « moderniser et améliorer » la plateforme « Bourse de la Transmission » de Bpifrance , qui centralise les annonces de cession, pour en faire « un véritable Tinder de la reprise » et faciliter les mises en relation. « Aujourd’hui, on rencontre son partenaire en ligne ou en soirée. Alors faisons pareil pour la transmission ! », a lancé le ministre.
La plateforme devra permettre aux experts-comptables et aux organisations professionnelles de diffuser des annonces pour leurs clients ou membres, d’orienter vers des sites spécialisés dans les reprises à la barre – comme Actify – et de renforcer la visibilité de la Bourse. En parallèle, un événement cédants-repreneurs par trimestre sera organisé dans chaque département par les réseaux consulaires.
« Une fois la relève trouvée, reste à régler l’épineuse question des financements » a enfin pointé Serge Papin. Le ministre a rappelé que le pacte Dutreil, qui facilite la transmission d’entreprises familiales grâce à des exonérations partielles de droits de succession ou de donation, était maintenu.
S’agissant des reprises par les salariés, Serge Papin a annoncé vouloir aller plus loin, avec des dispositifs fiscaux incitatifs dans le prochain projet de loi de finances. L’actionnariat salarié et le partage de la valeur figurent parmi les autres leviers abordés. Pour les transmissions aux salariés ou à des tiers, le ministre a affirmé que les outils existants de Bpifrance – prêt transmission, prêt d’honneur, garantie bancaire – seraient davantage valorisés.
Serge Papin a également plaidé pour le développement du crédit-vendeur. Ce dispositif, qui autorise le repreneur à payer une fraction du prix de l’entreprise au fil du temps, deviendrait un « véritable outil de financement » grâce à un nouvel avantage : une fiscalité échelonnée, calée sur les paiements perçus par le vendeur.
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