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Longtemps perçues comme de simples labels, les certifications en matière de conformité et de gouvernance s’imposent progressivement comme des outils de crédibilité. Au siège d’Euronext Paris, une cérémonie consacrée à la reconnaissance de ces démarches a réuni 90 dirigeants représentant une quarantaine d’entreprises et de filiales originaires de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Sous la pression des investisseurs, les entreprises accélèrent la certification de leurs dispositifs de conformité et de gouvernance. Une évolution illustrée jeudi 25 juin, au siège d’Euronext Paris, où s’est tenue la deuxième édition de la cérémonie de certification coorganisée par Coficert et l’International Group for Sustainable Finance (IGSF).
L’événement a réuni 90 dirigeants représentant une quarantaine d’entreprises et de filiales, majoritairement issues du secteur financier, originaires de vingt pays d’Afrique et du Moyen-Orient. « Nous célébrons l’engagement de dirigeants qui ont fait le choix de la rigueur, de l’éthique et de la responsabilité », s’est réjoui Jérôme Gacoin, président de Coficert, organisme spécialisé dans les certifications financières et extra-financières.
Ces démarches ne servent plus uniquement à répondre aux exigences réglementaires : elles deviennent un levier de structuration à long terme pour les entreprises. « La valeur d’une entreprise ne se mesure plus uniquement à sa performance financière mais à sa résilience », a souligné Véronique de La Bachelerie, présidente de l’IGSF.
Les certifications remises s’appuient sur quatre référentiels : ISO 37001, consacré à la lutte contre la corruption, AML 30001, dédié à la prévention du blanchiment et du financement du terrorisme, MSI 20000, qui évalue la qualité de la gouvernance financière, et ESG 1000, qui valorise les démarches de gouvernance extra-financière, notamment en matière de responsabilité sociétale. Cette année, les certifications relatives à la lutte contre la corruption et au blanchiment étaient les plus représentées.
Parmi les établissements distingués figure la banque BSIC, dont la filiale sénégalaise a obtenu la certification AML 30001. Sa directrice conformité de BSIC Sénégal Rouba Diop a évoqué la « fierté, [la] grande émotion » du groupe : « C’est un résultat collectif parce que nous avons une équipe qui travaille d’arrache-pied pour établir un dispositif de conformité digne de ce nom. » Toutefois, pas question selon elle de s’arrêter en si bon chemin : « On compte viser la certification ISO 37001 contre la corruption, qui s’inscrit en ligne droite de ce qu’on fait [jusqu’ici] » a ajouté Rouba Diop.
Une double certification qui a justement été obtenue par la filiale camerounaise de la banque BGFI durant cette cérémonie. « C’est une double reconnaissance pour nous : le renouvellement de la certification contre le blanchiment et l’obtention de la certification anti-corruption. Cela fait de nous la première banque d’Afrique centrale à obtenir la certification ISO 37001, s’est félicitée sa directrice conformité, Stella Bongotha. C’est une grosse pression aussi car ce n’est pas une fin en soi » .
Selon elle, ces certifications constituent un signal envoyé au marché alors que les standards de transparence restent particulièrement scrutés. Particulièrement au Cameroun – où BGFI compte 28 agences -, qui figure parmi les pays moins transparents en termes financiers et les moins bien notés dans la lutte contre la corruption, selon l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency international.
Si les certifications de conformité s’inscrivent encore principalement dans des démarches de gouvernance, les référentiels ESG, plus hétérogènes, commencent eux aussi à trouver leur place dans les stratégies des entreprises. « La direction générale [de BGFI] met un fort accent sur la politique RSE » témoigne Stella Bongotha, pour qui business et responsabilité sociétale vont de pair. D’autant qu’être certifié dans le cadre de la norme ESG 1000 peut s’avérer un argument de poids auprès de parties prenantes.
« Lorsque vous fournissez un certificat démontrant que vous avez mis en place les bons systèmes de gestion en matière d’ESG, le profil risque de cette entreprise devient plus faible » a illustré Imad Alfadel, consultant pour le cabinet de conseil YCP Renoir, qui a accompagné la société EDC, basée aux Émirats arabes unis, dans l’obtention de la norme ESG 1000. Selon le consultant, une société capable d’avoir un rapport de durabilité solide, une politique RSE stable, a en effet toutes les chances de convaincre des banques de leur accorder des prêts « à moindre coût ».
Au-delà, les certifications RSE tendent à s’intégrer de plus en plus directement dans les modes de gestion des entreprises. Elles influencent nettement la manière dont les risques sont évalués et les projets structurés en interne, affirme Imad Alfadel : « L’essentiel est d’aider les entreprises à tirer profit de la durabilité, et qu’elles la considèrent comme un facteur qui leur permet de se développer davantage à l’avenir. »
Une évolution que les acteurs du secteur estiment appelée à s’amplifier. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et le changement climatique, les exigences des investisseurs en matière de gouvernance et de durabilité devraient effectivement continuer à se renforcer.
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