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REPORTAGE. Show à l’américaine, discours inspirants, invité prestigieux… L’Ordre des experts-comptables a vu les choses en grand, vendredi 26 juin, pour célébrer l’entrée dans la profession de 1 000 nouveaux diplômés.

Groupe de rock, spectacle de danse, « parade » des drapeaux régionaux… Pour la cérémonie nationale de remise de diplôme d’expertise comptable, organisée au Dôme de Paris ce vendredi 26 juin, l’Ordre des experts-comptables a mis les petits plats dans les grands.
Damien Charrier, président de l’Ordre des experts-comptables, est d’ailleurs accueilli comme une rock star, sur une chanson d’AC/DC, et sous les applaudissements nourris des quelque 3 000 personnes présentes ce soir-là. « 1 000 diplômés réunis, c’est exceptionnel », se réjouit-il en préambule, « un peu jaloux » d’assister à cette cérémonie en tant que « simple » président de l’Ordre : « Quand j’ai obtenu mon diplôme, il n’y avait pas eu le Dôme, cela ressemblait plus à une assemblée de copropriété ! »
Durant son discours de félicitations aux nouveaux diplômés, Damien Charrier s’adresse à l’entourage des étudiants : « Aucun parcours exigeant comme le DEC ne se construit sans les proches. Conjoints, enfants, parents ont été des piliers, des moteurs silencieux. Ils ont décroché le diplôme, mais vous, vous avez survécu ! »
Le président de l’Ordre évoque aussi l’avenir de la profession : « Ce que je vois ce soir, ce n’est pas seulement ce que vous avez accompli, c’est surtout ce que vous allez construire », affirme-t-il, imaginant déjà « les cabinets que certains créeront, les équipes que certains dirigeront, les entrepreneurs que [tous] accompagner[ont] et ceux qu'[ils] deviendr[ont] ».
Une profession qu’il préfère définir « non pas par ses missions, mais par ce qu’elle apporte : confiance, clarté, sérénité à des millions d’entrepreneurs qui prennent des risques chaque jour ». Damien Charrier invite les nouveaux diplômés à en mesurer toute la portée : « Pendant longtemps, certains l’ont réduite à ce qu’elle produit : des comptes, des déclarations, des obligations. Il faudra toujours les faire. Mais plus le monde devient complexe, plus notre mission devient essentielle. » Avant de conclure son discours par un message de confiance : « Cette profession sera ce que vous en ferez. »
Parmi les invités de marque pour cette remise de diplômes : le comédien François-Xavier Demaison, qui a passé les six premières années de sa vie professionnelle au sein du cabinet PricewaterhouseCoopers : d’abord auditeur, puis fiscaliste. Un choix qui n’était pas tout à fait un hasard : « L’homme que j’ai le plus admiré sur cette terre, mon grand-père, était expert-comptable. »
Le 11 septembre 2001, François-Xavier Demaison assiste depuis New-York à l’attentat du World Trade Center. « En voyant ça, je me dis que c’est dommage de ne pas vivre son rêve, même si j’aime ce que je fais et que je gagne bien ma vie », raconte-t-il.
Il écrit alors un premier spectacle, produit par Samuel Le Bihan, qui finit par l’envoyer faire… une tournée des maisons d’arrêt. Puis commence petit à petit à se faire connaître, avant d’atteindre son pic de notoriété en 2008 lorsqu’il interprète Coluche au cinéma, et reçoit une nomination aux César. « On met 5 ans à réussir du jour au lendemain », résume-t-il.
D’après l’acteur, sa formation lui apporte beaucoup dans sa carrière : « Le fait d’avoir une base de formation, notamment de savoir lire un bilan, m’a permis d’initier mes projets, je suis devenu producteur de tout ce que je fais depuis 10 ans. Si je n’avais pas ce parcours d’auditeur et fiscaliste, je n’aurais peut-être pas fait tout ce que j’ai pu faire dans ma carrière. »
Un lien à la profession qu’il entretient toujours, à travers son propre expert-comptable, qu’il décrit comme son « conseiller numéro un » et un « vrai partenaire » : « Je n’ai pas de fiscaliste, pas d’avocat, pas de gestionnaire de patrimoine. C’est lui qui me conseille au niveau patrimonial. »
Vient l’heure de la remise des prix. D’abord celui du Conseil national de l’Ordre, qui récompense la meilleure moyenne obtenue toutes sessions confondues, décroché par Hassania El Az, avec une moyenne de 15,77.
« J’ai voulu faire ces études par curiosité intellectuelle et par goût du challenge, raconte la lauréate sur scène. C’est une base solide qui ouvre de nombreuses perspectives professionnelles. » Ce défi représente pour elle « l’aboutissement d’un long parcours exigeant, fait de travail, de doutes, et de beaucoup de ténacité ».
La jeune diplômée dédie cette récompense à sa mère, présente sur la scène : « C’est une personne qui a beaucoup sacrifié, sur le plan personnel comme professionnel, pour me permettre d’atteindre mes objectifs. Cette réussite, c’est aussi la sienne ! »
Deux autres distinctions sont également remises : le prix CNO de la meilleure moyenne francophone 2025, attribué à Jérémy Lebain pour sa moyenne de 13,72, et le prix CAVEC du plus jeune diplômé inscrit à l’Ordre, remis à Cyrine Sassi, 26 ans.
À la sortie, l’émotion et la fierté dominent chez les nouveaux diplômés. « On se sent vraiment fiers d’avoir eu le diplôme, et la cérémonie était top », se réjouit Violaine Vanhersel, venue de Lille. Ce qui l’a marquée, c’est le sentiment d’appartenance collective : « Tous les confrères nouveaux diplômés dans une même salle ! »
De quoi donner, peut-être, une impulsion pour la suite, qui n’est pas encore écrite : « Je ne sais pas si je vais m‘établir tout de suite, mais pourquoi pas s’associer ou s’installer. Certains l’ont déjà fait et ça donne envie. Des cérémonies comme celles-ci permettent de parler aux autres et d’avoir des retours d’expérience. Alors pourquoi pas se lancer ? Le diplôme le permet, c’est peut-être l’occasion ! »
L’émotion est également palpable chez Quentin, salarié en Bretagne au sein d’une association de gestion et de comptabilité (AGC), qui parle de « l’aboutissement de beaucoup de sacrifices ». « C’est un diplôme très endurant, donc c’est un accomplissement, j’en suis très fier », affirme-t-il. Ce soir, il a eu le sentiment d’« appartenir à une deuxième famille ». Pour lui, le diplôme n’est pas une fin, mais un tremplin vers une spécialisation dans la filière mer de son association, en coopération avec les pêcheurs et les conchyliculteurs.
Interrogé à l’issue de la soirée, Damien Charrier assure ressentir « un mélange de plein de choses : beaucoup de fierté de voir tous ces accomplissements personnels, beaucoup d’émotion, et énormément de joie partagée ». L’occasion aussi pour lui de rappeler l’effort consenti par les lauréats : « C’est un diplôme qui sanctionne un parcours de huit ans minimum ». Et d’y voir surtout un point de départ : « C’est ce qui va leur permettre de construire une vie professionnelle qui sera passionnante. »
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