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Le président de la République a lancé la 62e édition de l’événement ce samedi 21 février. Revenant longuement sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, il a insisté sur la nécessité de faire respecter des normes sanitaires équivalentes pour les produits importés, affirmant vouloir que les mêmes règles s’appliquent aux pays sud-américains qu’aux États membres européens.

Cette année, le Président de la République s’est rendu plus tôt qu’à l’accoutumée au Salon international de l’Agriculture (SIA). Samedi 21 février, Emmanuel Macron est arrivé dès l’ouverture à Paris Expo Porte de Versailles pour couper le ruban et inaugurer officiellement l’événement, aux côtés de Bruno Koné, ministre de l’Agriculture de la Côte d’Ivoire, pays mis à l’honneur pour cette édition.
Après quelques salutations et avant sa traditionnelle déambulation dans les allées du salon, le chef de l’État a pris le temps de répondre aux questions des médias sur plusieurs dossiers sensibles pour le monde agricole.

D’emblée, Emmanuel Macron l’a réaffirmé : « Je veux protéger notre agriculture, nos exploitants, mais aussi toutes nos industries agroalimentaires, la première industrie de France ». Ce, dans un contexte international que le président de la République a jugé particulièrement tendu.
Plusieurs décrets ont déjà été adoptés ces dernières semaines pour alléger les démarches des exploitants. Une loi d’urgence est également en préparation pour accélérer les projets hydrauliques et apporter rapidement des réponses opérationnelles aux agriculteurs.
Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, validé par le Conseil de l’Union européenne le 9 janvier 2026 malgré l’opposition de la France, s’est rapidement imposé dans les échanges. Au cœur de l’argumentaire du chef de l’État, un principe : la réciprocité. « Les mêmes règles du jeu doivent s’appliquer à ceux qui veulent importer chez nous », a-t-il insisté.
Le président a martelé sa volonté de défendre la mise en place de clauses de sauvegarde pour mieux encadrer les importations : dès qu’un produit est vendu au moins 5 % en dessous du prix européen et que ses volumes augmentent de plus de 5 %, une enquête doit être ouverte. Même exigence pour les clauses miroirs, afin d’imposer aux produits importés les standards appliqués aux agriculteurs européens. « C’est ce qui a justifié notre opposition au Mercosur », a-t-il insisté.
Sur le volet sanitaire, le respect des normes a été présenté comme une priorité absolue, notamment pour les pays du Mercosur souhaitant importer en Europe et en France. À ce sujet, le chef de l’État a annoncé avoir obtenu le doublement des contrôles sanitaires.
« C’est pour cela que l’on est candidat pour accueillir l’union douanière européenne ; parce qu’il faut beaucoup plus d’exigences dans les ports, les aéroports, afin que les contrôles soient effectifs » a-t-il justifié.
Emmanuel Macron a également émis le souhait que les règles sanitaires « qui s’appliquent aux producteurs français pour des raisons de santé publique » s’imposent également aux produits importés. « Sinon, on appliquerait des règles à nos producteurs pour ensuite faire prendre des risques aux consommateurs avec des produits importés ? C’est un peu shadokien ! »
Pour illustrer cette vigilance sur le plan sanitaire, le Président a rappelé une décision inédite pour le Salon : « Il n’y aura pas de bovins cette année ». Une première en plus de 60 ans, en raison de la dermatose nodulaire contagieuse, comme les organisateurs l’avaient annoncé mi-janvier. Emmanuel Macron a assumé ce choix, tout en se félicitant des résultats obtenus face à la dermatose : « Depuis le début de l’année, nous n’avons plus de cas. »
Interrogé ensuite sur les droits de douane américains instaurés par Donald Trump et invalidés vendredi par la Cour suprême, Emmanuel Macron a assuré ne pas avoir « l’habitude de commenter ce qui se passe dans d’autres pays »… avant de se laisser aller à un tacle à peine voilé : « C’est bien d’avoir des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans des démocraties. »
Bien qu’il ne souhaite pas « aller trop vite », le chef de l’État a relevé que de nouveaux tarifs – une nouvelle surtaxe douanière globale de 10 % – étaient déjà envisagés. Face à l’instabilité, Emmanuel Macron a indiqué vouloir mesurer « exactement les conséquences » pour mieux « s’adapter ».
Le Président suit une ligne claire : continuer à exporter « [les] produits agricoles, agroalimentaires, [le] vin, [le] luxe, [la]mode, [les] cosmétiques, [l’]aéronautique [français] », mais « avec les règles les plus loyales qui soient », plutôt que « subir des décisions unilatérales ».
Après la séquence médiatique, Emmanuel Macron a poursuivi sa visite par des rencontres avec les syndicats agricoles, puis avec les représentants des différentes filières – éleveurs, producteurs ultramarins, pêcheurs, brasseurs. Une manière de prolonger, sur le terrain, le message de fermeté et de souveraineté défendu quelques heures plus tôt.
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