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AVEC AFP. Face à une surpopulation carcérale massive – 311 détenus pour 120 places – et un manque criant d’effectifs, les syndicats dénoncent une situation à haut risque et craignent l’escalade des incidents, à l’instar de la double évasion de novembre dernier.

« C’est explosif ». La maison d’arrêt de Dijon, théâtre d’une double évasion en novembre dernier, est « totalement bloquée » depuis ce jeudi matin, en raison d’une grève des agents pénitentiaires pour dénoncer la surpopulation carcérale « massive » et le manque d’effectifs.
« On va se retrouver avec une montée des incidents ou une mutinerie » avertit Romain Bernier, secrétaire général de l’union régionale du syndicat UFAP, devant les grilles fermées de la maison d’arrêt, où quelque 70 agents tiennent un barrage fait de pneus de tracteurs et de palettes.
« On est tous là. C’est rare ! Tout le monde dit que ça ne va pas », souligne à l’AFP Frédéric Stoll, secrétaire général FO Justice. Selon lui, « 100 % des personnels » ont cessé le travail dès 5h30 ce matin, soit une centaine d’agents, empêchant toute sortie et entrée, promenade ou visite. Un service minimum est toutefois effectué.
Les personnels réclament notamment « un désencombrement immédiat » de la maison d’arrêt qui compte 311 détenus, avec un taux d’occupation de 260 %, d’après les syndicats.
« Les détenus sont à trois dans une cellule de 9 m2. Une cinquantaine dorment sur des matelas à même le sol. C’est source de conflits. Ça crée des tensions », souligne Romain Bernier. Les agents « ne vont pas tenir », estime-t-il. « Il y a eu trois blessés la semaine dernière », rapporte le syndicaliste.
Les syndicalistes craignent une répétition d’événements comme l’évasion de novembre dernier, où deux détenus s’étaient enfuis « à l’ancienne », en sciant la grille de leur fenêtre. Les prisonniers avaient finalement été appréhendés peu après, mais l’événement avait souligné la vétusté de l’établissement, construit en 1853.
Depuis, des travaux ont été entamés, la maison d’arrêt de Dijon comptant parmi les six établissements qui bénéficient d’un plan « zéro portable » annoncé à l’automne dernier par le ministère de la Justice. Dans le cadre de ce plan, 6,34 millions d’euros doivent être alloués à Dijon.
Il s’agit notamment d’installer des caillebotis aux fenêtres et des dispositifs antidrones, afin d’améliorer la sécurité de l’établissement.
« Mais la première des sécurités, c’est les personnels : les fouilles, les contrôles », comme la vérification des barreaux aux fenêtres, insiste Romain Bernier. Des missions que les agents ne sont plus en mesure d’effectuer correctement, faute d’effectifs suffisants.
Avec 86 645 personnes détenues pour seulement 63 289 places opérationnelles au 1ᵉʳ février 2026, selon les chiffres du ministère de la Justice, la densité carcérale est désormais de 136,9 % en France, ce qui classe le pays parmi les plus mauvais élèves en Europe, derrière la Slovénie et Chypre.
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