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AVEC AFP. L’ancien gardien de la paix avait pris en filature la victime jusqu’à chez lui, avant de tirer trois coups de feu, dont l’un tuera Olivio Gomes sur place. Gilles Guilbert a également écopé d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique et d’être élu pendant 10 ans.

L’ancien policier de la brigade anticriminalité Gilles Guilbert a été condamné vendredi à 10 ans de prison par la cour d’assises de Versailles pour avoir tué Olivio Gomes au volant de sa voiture, en 2020 à Poissy.
Si le policier « a toujours prétendu qu’il s’était vu mourir, les conditions de la légitime défense, qui doit être appréciée au regard des faits objectifs, ne sont pas réunies », a détaillé le président de la cour Didier Safar lors de la lecture du verdict. Celui-ci a suivi en grande partie les réquisitions de l’avocat général, après plus de six heures de délibération.
Gilles Guilbert a également écopé d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique et d’être élu pendant 10 ans. La cour a également décidé d’interdire à ce tireur sportif assidu le port d’une arme pendant 15 ans. À l’issue de l’audience, son avocat, Laurent-Franck Liénard a immédiatement indiqué que son client ferait appel.
Dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020, Gilles Guilbert et deux autres collègues de la BAC ont pris en filature la Clio d’Olivio Gomes sur le périphérique parisien puis sur l’A13. Après une filature discrète et difficilement motivée d’une vingtaine de kilomètres, puis l’ordre, selon les policiers, donné à la victime de s’arrêter, les deux véhicules se retrouvent en bas de chez Olivio Gomes.
Gilles Guilbert sort alors du sien et le met en joue. Au même moment, la Clio de la victime redémarre, le policier tire trois coups de feu. Le deuxième, mortel, perfore les deux poumons et l’aorte thoracique du jeune homme de 28 ans, qui décède sur place.
« Cette affaire-là est l’allégorie même de la violence policière », avait plaidé Pape Ndiogou Mbaye, l’un des conseils de la famille du défunt, au quatrième jour de ce procès. « J’ai la certitude, moi, que si Olivio Gomes n’était pas noir, il ne serait pas mort », avait-il ajouté.
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