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À l’occasion de la visite en Seine-Saint-Denis de Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, l’État a annoncé le financement de trois projets permettant de créer 66 nouvelles places au sein d’établissements et services médico-sociaux, pour un montant de 3,24 millions d’euros.

À la veille de la Conférence nationale du handicap, qui se tiendra pour la première fois hors de Paris, au bâtiment sportif Prisme à Bobigny, vendredi 4 septembre, et dans le cadre de la visite en Seine-Saint-Denis de Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, trois projets en faveur des personnes en situation de handicap vont bénéficier d’un financement de l’État.
Accueillie par Stéphane Troussel, président du conseil départemental, la ministre a annoncé le déblocage de 3,24 millions d’euros pour créer 66 nouvelles places au sein d’établissements et services médico-sociaux.
Ces créations viennent s’ajouter aux 723 places supplémentaires prévues d’ici à 2030 dans le cadre du plan Inclus’IF, qui vise à renforcer et développer l’offre d’accompagnement des personnes en situation de handicap en Île-de-France, a précisé ce jeudi le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.
La décision répond également à une demande formulée par le Département et les associations du territoire quelques mois plus tôt. Au printemps dernier, la Seine-Saint-Denis et une trentaine de partenaires associatifs s’étaient réunis autour d’un plaidoyer intitulé « Handicap : ce que la République doit à la Seine-Saint-Denis », destiné à mettre en lumière les difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap dans le département et à réclamer des mesures d’urgence.
Parmi les cinq propositions avancées figurait précisément le financement de trois projets destinés aux enfants, jusqu’alors laissés de côté faute de crédits de l’État. Leur financement constitue donc une première réponse concrète à ce plaidoyer.
Car derrière cette demande se trouve un déficit important de places médico-sociales. D’après le plaidoyer, la Seine-Saint-Denis reste le territoire le moins bien doté de France métropolitaine et le troisième moins bien doté du pays, derrière Mayotte et la Guyane. Le département compte ainsi 4,8 places pour 1 000 enfants, contre 7,9 en moyenne nationale, et seulement 1,8 place pour 1 000 adultes, contre 4,3 à l’échelle du pays.
Une pénurie qui se traduit dans les parcours des personnes concernées. Plus de 7 000 enfants et 3 500 adultes seraient actuellement en recherche active d’une solution, tandis que les files d’attente pour l’accompagnement des situations complexes peuvent atteindre 18 à 24 mois.
Faute de places adaptées en France, 600 adultes et 54 enfants du département sont par ailleurs orientés vers des établissements en Belgique. À cela s’ajoutent plus de 200 enfants en situation de handicap confiés à l’Aide sociale à l’enfance, qui attendent une solution dans un établissement ou un service médico-social adapté à leurs besoins. Pour rejoindre la moyenne nationale, le Département estime ainsi qu’environ 5 000 solutions supplémentaires seraient nécessaires.
« Avec Stéphane Blanchet, vice-président du Département en charge de l’Autonomie, nous nous réjouissons de ces 66 places qui constituent une avancée bienvenue. Mais 66 places face à un besoin de 5 000, ce n’est pas encore le rattrapage dont notre territoire a besoin. C’est un premier pas qui doit en appeler d’autres », a ainsi souligné Stéphane Troussel. « Derrière les chiffres, il y a des familles désemparées, des professionnels et des associations qui font face à des besoins considérables. »
Le département demande aussi une augmentation de 50 % de la capacité d’accompagnement des situations complexes, aujourd’hui « totalement saturée », ainsi que la création de solutions rapides pour répondre au vieillissement des personnes en situation de handicap. La collectivité réclame également une répartition plus équitable des financements de l’État, estimant que la Seine-Saint-Denis reste fortement pénalisée, et demande la prise en charge de tous les enfants en situation de handicap, quelle que soit la situation de leurs parents au regard du droit au séjour.
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