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La Faculté de droit Julie-Victoire Daubié a (re)lancé en février sa clinique de la médiation, destinée à aider les étudiants à gérer les conflits auxquels ils sont confrontés. Le dispositif, encadré par une équipe pédagogique et professionnelle, permet aussi aux étudiants du master Parcours médiation et du DU médiation d’approfondir leurs compétences en co-assurant ces médiations.

Le dispositif n’est pas si nouveau. Lancée en 2019, la clinique de la médiation de l’université Lumière Lyon 2 accompagnait à l’origine le grand public dans la gestion des conflits rencontrés au quotidien, que ce soit dans le cadre familial, professionnel ou encore dans leur accès au logement (conflit au sein d’une colocation, avec un propriétaire, une régie immobilière…).
« L’accompagnement proposé s’est arrêté en 2024 pour plusieurs raisons, notamment la gestion compliquée de l’après-crise sanitaire et la difficulté à trouver notre place face à d’autres services d’aide qui coexistaient au sein du campus », explique Adrien Bascoulergue, responsable du master Parcours médiation et du DU médiation de Lyon 2. Deux ans plus tard, en 2026, l’équipe pédagogique choisit de relancer la clinique de la médiation en s’inspirant de celle de l’Université de Sherbrooke, au Québec. Avec une évolution majeure : le dispositif s’adresse désormais uniquement aux étudiantes et étudiants de l’université.
Le projet, monté en collaboration avec la direction de la vie étudiante de l’université, fait suite à une hausse des demandes d’aides et d’accompagnement de la part des étudiants. Si différents services sont déjà proposés au sein de l’université, l’idée était de proposer un vrai service de médiation, avec un rôle bien circonscrit. « La clinique n’est pas compétente pour traiter un différend entre un étudiant et un responsable pédagogique, ou pour gérer des violences sexistes et sexuels, par exemple. D’autres dispositifs comme le service social ou le service de santé étudiante sont davantage habilités », explique Adrien Bascoulergue.
L’objectif de ces permanences est d’offrir une écoute active et sans jugement aux personnes impliquées dans un conflit et de les accompagner, si elles le souhaitent, dans l’expression de leurs besoins et la recherche d’une solution durable.
Chaque mois, une permanence est donc proposée aux étudiants, qui peuvent prendre rendez-vous avec la clinique lors d’une journée dédiée. « L’accompagnement commence par un entretien individuel pour que l’élève nous explique sa problématique et que nous définissions le rôle de la médiation », poursuit Adrien Bascoulergue. Étape suivante, le tiers impliqué dans le conflit est contacté par les équipes, qui lui exposent la situation et lui proposent une médiation. Avec son consentement, les deux parties sont ensuite préparées à la rencontre pour qu’elle ait lieu dans un contexte sain et constructif.
Celle-ci se déroule au sein de la faculté dans une salle confidentielle et en présence des deux parties, d’une médiatrice professionnelle et d’un étudiant en master Parcours médiation ou en DU médiation au sein de l’université Lyon 2. Car c’est aussi l’enjeu de la clinique : permettre aux étudiants en M1 et M2 de mettre en pratique leurs connaissances dans des situations réelles.
“Nous tenons à ce que les élèves prennent leur
place et soient pas simplement en observation”
Hélène Fruchard, Directrice de la clinique de médiation de l’Université Lyon 2
Enseignante vacataire en Master 1 et 2 Justice Procès Procédure parcours Médiation
« En cours, nous travaillons beaucoup à partir de jeux de rôle entre élèves pour apprendre à gérer des conflits. Avec ces permanences, chacun peut approfondir ses compétences au contact de vrais conflits et de la gestion des émotions que cela nécessite », commente Hélène Fruchard, Directrice de la clinique de médiation, enseignante vacataire en Master Justice Procès Procédure parcours Médiation et médiatrice au sein du dispositif. Un apprentissage valorisé en Master 1 du Parcours médiation, lors duquel les élèves doivent participer à 2 demi-journées d’activité de la clinique, notamment via leur participation aux permanences.
Étroitement accompagnés tout au long du processus, les élèves bénéficient d’un suivi avant, pendant et après la médiation, allant de la préparation de la session à la répartition des rôles entre co-médiateurs, en passant par un débrief après la séance et l’évocation des étapes à suivre. « On rassure beaucoup les élèves sur le déroulé de la médiation mais on tient à ce qu’ils prennent leur place et ne soient pas simplement en observation », ajoute Hélène Fruchard.
Gratuit, confidentiel et ouvert à tous, l’accompagnement proposé par la Clinique de la médiation peine pour l’instant à se faire connaître. Si la première permanence organisée le 6 février n’a accueilli aucun étudiant, celle du 27 mars a permis d’accompagner un premier élève dans la gestion d’un conflit.
« Des opérations de communication ont été menées sur les réseaux sociaux et des affiches sont présentes au sein du campus pour signaler ce nouveau service », explique le responsable du master Parcours médiation. « Nous sommes un peu dépendant de la communication de l’université chargée de faire connaître ce dispositif, complète Hélène Fruchard. Mais dès à présent, les étudiants intéressés peuvent se rendre sur le site de la clinique, se renseigner sur l’aide proposée et réserver un créneau directement en ligne ».
Les médiations sont proposées chaque mois au sein du campus de Lyon 2, toujours en présence d’un élève de master ou de DU médiation et d’une médiatrice professionnelle. Une collaboration pourrait voir le jour avec la clinique Juridique de la faculté de Droit de Lyon 3, afin de leur recommander les cas qui correspondent à leurs compétences et de recevoir les étudiants de Lyon 3 en recherche de médiation.
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