A Evry, Guillaume Meunier ouvre un « nouveau chapitre » au tribunal de ses débuts

Lundi 30 mars, le tribunal d’Evry accueillait officiellement son nouveau président, Guillaume Meunier. La juridiction doit relever de nombreux défis, entre de grands dossiers locaux, un projet immobilier très attendu, et une activité pénale ininterrompue. Le magistrat a fait le vœu d’une « justice apaisée », mettant en avant « la force de la loi contre la violence ».


mercredi 1 avril à 18:334 min

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Le nouveau président s’est dit « ému » de revoir à la fois ses anciens collègues de Béthune, et des visages familiers du TJ d’Evry. MH/JSS

Dans la vie d’une juridiction, il y a ces « moments marquants » que sont les installations de nouveaux présidents. Ce lundi 30 mars était l’un de ces jours-là, a estimé la vice-présidente du tribunal judiciaire d’Evry, Corinne Lorenté, lors du premier discours ouvrant l’installation de Guillaume Meunier, nouveau président du tribunal judiciaire d’Évry.

Devant une assemblée compacte (composée d’élus locaux nouvellement investis, de la préfète de l’Essonne, des magistrats de Béthune et de la hiérarchie de la cour d’appel de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau et Jacques Boulard, entre autres), la magistrate a rendu un hommage appuyé à Francis Bobille, qui a présidé la juridiction essonnienne pendant trois ans. La vice-présidente a ainsi salué la « volonté de fédérer », « l’investissement » du magistrat, qui officie désormais à l’Inspection générale de la justice.

A Guillaume Meunier, Corinne Lorenté a décrit un tribunal aux dossiers locaux exigeants – les expropriations de la copropriété de Grigny II, le contentieux aérien qui prend de plus en plus de place -, qui n’échappe pas « aux moments de tension » propres à la vie des juridictions. « Mais, a-t-elle souligné, je peux vous assurer de l’investissement réel des équipes du TJ », équipes dont elle a salué « le sens du service public et de la solidarité ». La vice-présidente a évoqué, enfin, un barreau essonnien investi, « avec qui le dialogue est toujours possible ».

« Evry n’est pas un territoire sans identité »

Les réquisitions du procureur de la République d’Evry, Grégoire Dulin, ont pris le ton d’un cours d’histoire : « Je sais que cette matière vous passionne », a-t-il dit en s’adressant au nouveau président – et dépeignent une ville qui, « contrairement à l’imagination populaire », « n’est pas née en 1970 ». « Evry n’est pas un territoire sans identité », a-t-il décrit, avant de rappeler que le tribunal s’insère dans une architecture moderne, à proximité du lac des Trois pouvoirs (qui borde aussi la préfecture et de l’hôtel du département).

C’est donc un territoire « contrasté, difficile et passionnant » qui a accueilli Guillaume Meunier. Pour cette cérémonie qui marquait officiellement sa prise de fonctions, l’accueil était chaleureux ; le procureur a insisté, il tient à cette « dyarchie » entre parquet et siège, si précieuse au fonctionnement des juridictions, et de laquelle il a indiqué attendre « confiance, collaboration et efficacité ». « Une même vision, sauf pour le PSG », s’est amusé le magistrat pour conclure ses réquisitions.

Prenant son siège et sa place de président, Guillaume Meunier a de son côté confié cette l’émotion avec laquelle il a retrouvé le tribunal de ses débuts. Des débuts plutôt chaotiques, a-t-il pas rappelé, évoquant l’accident de circulation dont il avait failli être victime au premier jour de sa carrière, il y a 22 ans.

Cette nomination à Evry, il la vit comme « une salutaire cure de jouvence », a-t-il assuré. « [C’est] un nouveau chapitre de mon histoire parmi vous ». « La présence de mes collègues de Béthune est apaisante », a-t-il lancé, avant de se dire « ému » de revoir sa « toute première greffière », assise au premier rang de la salle d’audience.

Président de TJ, le rôle des « choix difficiles »

A son tour, le nouveau président a rendu hommage à son prédécesseur Francis Bobille, « un magistrat de grande valeur, droit ». Avant de parler lui aussi des enjeux de l’activité du TJ : la relance des projets immobiliers, « indispensables à l’attractivité », l’attention portée aussi à « l’efficience de la justice civile », à « ne pas réduire à une variable d’ajustement ».

Face au défi que représentent certaines infractions dans le département, et listées précédemment par le procureur (les rixes, auxquelles « personne ne peut s’habituer », le proxénétisme des mineurs, la criminalité organisée), « les habitants de l’Essonne méritent une justice pénale rigoureuse », a poursuivi Guillaume Meunier. La troisième grande priorité sera, enfin, « l’accélération de la transition numérique ».

L’ambition du nouveau président ? « Une justice apaisée » et la « nécessité d’opposer la force de la loi à la violence ». Pour lui, la justice est « quelque chose de bien plus grand que ce qui occupe chacun de ceux qui forment notre communauté », et « elle ne peut être réduite à la seule issue du débat judiciaire ». « La justice est une vertu, un idéal, un horizon à atteindre. »

Selon le magistrat, le rôle de président est aussi celui des « choix difficiles ». (…) « Mais, c’est toujours à la fin, décider – et bien souvent à deux, Monsieur le procureur, ce qui est à la fois une gageure et une richesse unique de nos institutions. »

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