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À l’approche des municipales de mars, ce nouveau portail entend permettre aux citoyens de vérifier si leur commune publie – ou non – ses données sur les marchés publics et les subventions, et de comparer avec d’autres territoires.

« Rendre les données plus transparentes auprès des citoyens ». Voilà le mantra martelé jeudi 19 février par Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good, aux côtés d’Anticor, lors de la présentation de la plateforme lancée par les deux associations.
Baptisé Éclaireur public, ce portail se présente comme un « outil grand public » à destination de ceux qui souhaitent examiner les comptes des collectivités, expose Emma Taillefer. La présidente d’Anticor rappelle que selon l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».
Le projet s’inscrit dans l’esprit de la loi pour une République numérique, adoptée en 2016, défend Emma Taillefer. Selon le texte, les collectivités territoriales de plus de 3 500 habitants sont dans l’obligation de publier en open data « toutes les données d’intérêt général – économiques, sociales, sanitaires, environnementales ».
La plateforme élaborée par les deux associations se concentre toutefois sur deux volets : les subventions et les marchés publics. D’abord car « ce sont des données qui représentent la majorité du budget des collectivités territoriales et de l’argent public qui est utilisé de manière effective », justifie Emma Taillefer, même si, à terme, d’autres bases pourraient être prises en compte. Ensuite parce que les décrets d’application de 2018-2019 les mentionnent explicitement parmi les données devant être publiées.
Toujours est-il que les informations exploitées proviennent exclusivement de data.gouv.fr, la plateforme nationale pilotée par la Direction interministérielle du numérique. Les bases régionales, hétérogènes et pas toujours fiables, d’après les équipes de Data for good et d’Anticor, ont été écartées.
Les deux associations initiatrices du projet s’en défendent : Éclaireur public n’a pas vocation à pointer du doigt telle ou telle collectivité territoriale qui ne respecterait pas la loi, mais à « faire un état des lieux » à l’approche du scrutin.
Le constat est saisissant : 99,5 % des communes soumises à l’obligation légale n’ont publié aucune donnée sur les subventions qu’elles ont accordées en 2024. Elles écopent donc de la note « E » sur la plateforme. En comparaison, 30,2 % de ces mêmes communes ne publient pas de données sur les marchés publics accordés en 2024.
L’un des atouts de la plateforme, pour des citoyens, des journalistes ou des chercheurs, est donc de réaliser une comparaison entre les collectivités territoriales, mais aussi entre les intercommunalités, les départements ou les régions, sur les mêmes critères. Durant la conférence de presse, Lille et Nantes – deux villes comparables – ont été mises en regard. Résultat : Lille apparaît moins transparente, notamment sur les marchés publics.
Les utilisateurs peuvent également envoyer, en un clic, un courriel type à leur mairie pour demander la publication des informations manquantes. Un dispositif qui tombe en pleine campagne municipale : charge désormais aux électeurs d’interroger leurs élus sur l’usage des deniers publics.
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