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Réunies le 12 février à Paris, la Banque de France et la CCI Paris Île-de-France ont dressé un constat sans détour : une économie française qui tient, mais sous contrainte. Dans ce contexte, l’Île-de-France reste le moteur entrepreneurial du pays, malgré des fragilités sectorielles.

« Ça ne va pas si mal… mais ça pourrait aller mieux ! » Jeudi 12 février, la Banque de France et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de région Paris Île-de-France organisaient leur conférence annuelle consacrée à la conjoncture française – avec un focus francilien – au siège parisien de l’institution monétaire. D’emblée, le ton a été donné par le président de la CCI Dominique Restino.
En écho, le directeur général de la Banque de France en Île-de-France, Alain Gerbier, a alerté : « Il y a une nécessité d’aller vers un redressement budgétaire ». La France consacre aujourd’hui 58 % de son PIB à la dépense publique, « 9 points au-dessus du reste de la zone euro ». Même tonalité s’agissant de la dette, qui s’élevait à 3 482,2 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB à la fin du troisième trimestre 2025 :« Nous risquons l’étouffement budgétaire, qui peut conduire à un étouffement économique ».
Pour autant, pas de fatalisme. « Tout ça est maîtrisable », a tempéré Alain Gerbier, avant de rappeler que les perspectives économiques de la France« ne sont pas si mauvaises ». « Il est encore possible de redresser les choses », a-t-il assuré.
Selon les projections de la Banque de France, la croissance française s’est établie à 0,9 % en 2025. Cette dernière devrait progresser très légèrement en 2026 et 2027, avant de connaître un modeste rebond en 2028. « Croissance ? Oui ! Mais mesurée », a résumé Daphné Salon-Michel, directrice départementale des Yvelines de la Banque de France.
« Nous avons mené depuis plusieurs années une action très forte de lutte contre l’inflation, notamment par la hausse des taux. Beaucoup prédisaient une récession corrélative. Nous ne l’avons pas eue ! » a recontextualisé l’experte. L’inflation devrait toutefois atteindre 0,9 % en 2025, avant une légère remontée à 1,8 % en 2026 et 2027. « On reste en dessous des 2 % : c’est le bon niveau d’inflation » a rassuré Daphné Salon-Michel.
Si la France avait fait mieux que la moyenne de la zone euro en 2024, avec une croissance de 1,1 % contre 0,4 %, la tendance s’inverse en 2025 (0,8 % contre 1,4 %). Ce qui s’expliquerait par un climat d’incertitude qui incite les entreprises françaises à temporiser leurs investissements : « L’incertitude est l’ennemi de la croissance » a affirmé Daphné Salon-Michel.
Si le contexte demeure tendu, il n’a pas entamé la vitalité entrepreneuriale, particulièrement en Île-de-France. 333 276 entreprises ont été créées en 2025 dans la région, contre 312 543 l’année précédente. Une dynamique notamment portée par les micro-entreprises, en hausse de 7 %.
« Près de 30 % des créations françaises se font en Île-de-France » a par ailleurs précisé Isabelle Roussenac, responsable adjointe du département économique de la Banque de France, qui s’est réjouie que la région « confirme son rôle de moteur national ».
En parallèle, les défaillances ont également progressé (+2,4 % sur un an, soit 16 167 entreprises) « mais à un rythme beaucoup plus modéré », a souligné Isabelle Roussenac. « Le niveau est inférieur au national et surtout très en deçà de la hausse observée l’an dernier, de +29 % », phénomène que la responsable adjointe a qualifié de « logique et structurel » : « Plus de créations d’entreprises entraîne mécaniquement plus de défaillances, sans que cela traduise une dégradation de la situation économique. »
Des tensions persistent néanmoins dans certains secteurs. Les transports et l’entreposage figurent parmi les plus exposés, tout comme l’hébergement et la restauration. Cette fragilité touche les structures de moins de dix salariés dans neuf défaillances sur dix.
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