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Depuis sa création, le plan d’urgence a été activé à plusieurs reprises par certains parquets, comme celui de Bobigny, qui enregistre quatre alertes, la dernière datant du 19 février. Si le ravisseur est un homme seul dans plus de six cas sur dix, la majorité des enlèvements concerne aujourd’hui le cercle familial.

À quelques jours de ses 20 ans, l’alerte enlèvement a de nouveau été activée jeudi 19 février pour retrouver une fratrie, dont un nourrisson de six semaines enlevé à Epinay-sur-Seine. Elle a finalement été levée deux jours plus tard, bien que les frère et sœur aînés soient toujours recherchés.
Deux décennies après sa création, le dispositif national affiche un bilan largement positif : 38 enfants ont été retrouvés sains et saufs, indique le ministère de la Justice. Deux fois cependant, le drame n’a pas pu être évité : Vanille, 1 an, et Celya, 6 ans, ont été retrouvées décédées, respectivement en 2020 et en 2024.
Son déclenchement, strictement encadré et réservé au procureur de la République après accord du procureur général et de la Chancellerie, lorsque la vie d’un mineur est en danger, a été mobilisé à plusieurs reprises par certains parquets, notamment ceux de Grenoble et de Bobigny. Le 19 février, Bobigny a ainsi activé sa quatrième Alerte Enlèvement en 18 ans.
Inspiré du modèle américain et canadien « Amber Alert », du nom de la jeune Amber Hagerman, enlevée puis assassinée à la fin des années 90 aux États-Unis, ce plan d’urgence avait été lancé à titre expérimental par le garde des Sceaux Pascal Clément juste après le rapt de la petite Aurélia, le 20 novembre 2005, alors qu’elle faisait du roller en compagnie de sa sœur aînée. La fillette ayant été relâchée au bout d’une trentaine d’heures, le ministre avait décidé d’en pérenniser l’usage.
Depuis la signature, le 28 février 2006, de la convention entre Pascal Clément et les ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Transports, ainsi qu’une soixantaine de partenaires – médias, sociétés d’autoroute, RATP, SNCF, associations -, pour organiser une diffusion massive et immédiate des alertes enlèvement, le mécanisme a été déployé à 37 reprises.
Le plus souvent, celui-ci a permis de localiser le ravisseur ou son véhicule grâce à un passant « sans qui aucun autre moyen n’aurait permis la découverte de l’enfant », assure le ministère de la Justice, qui précise qu’à chaque fois, « la pression médiatique liée au dispositif a pu amener le ravisseur à [le] remettre ». Dans 64 % des cas, l’auteur était un homme seul.
A noter que l’alerte est de plus en plus souvent déclenchée pour des enlèvements intrafamiliaux, à l’instar de la petite Dalia, enlevée par son père et sa mère la semaine dernière. Si entre 2006 et 2012, seules trois alertes sur douze concernaient un enlèvement familial, entre 2019 et 2025, elles étaient 11 sur 14. Au total, depuis la création de l’alerte, 19 enlèvement ont été commis par un parent.

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