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Prononcée « en urgence », la suspension d’activité résulte des signalements sur des pratiques non conformes d’enfermement de patients mineurs à l’hôpital la Fondation Vallée. Des pratiques relevées également par une inspection courant novembre 2025.

Dans le viseur du gouvernement, les quatre unités d’hospitalisation complète de pédopsychiatrie de la Fondation Vallée à Gentilly dans le Val-de-Marne vont fermer leurs portes pour un temps indéterminé.
Le 19 février, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a en effet annoncé par voie de communiqué la suspension « en urgence » des activités des unités Bourneville (pour les adolescents de 12-17 ans) ; Dolto (hospitalisation séquentielle pour les 4-12 ans) ; Winnicott, (évaluation en hospitalisation programmée pour les 6-12 ans) et UETA, unité d’évaluation et de traitement des adolescents.
Une décision qui fait suite à plusieurs signalements, et qui s’appuie sur les inspections diligentées les 17 et 18 novembre derniers, lesquelles ont permis de constater « un recours à l’isolement et à la contention, et des durées d’hospitalisation injustifiées au regard de l’état de santé des patients, de leurs besoins et du consensus professionnel actuel ».
L’ARS n’a pas attendu le rendu des conclusions de l’inspection pour interrompre l’activité de ces unités. « La direction ne pouvait garantir que certaines pratiques seraient stoppées. Suspendre était le plus rapide », explique auprès du JSS Marion Bougeard, directrice de la communication de l’ARS.
Celle-ci ajoute que bien qu’en possession de réclamations « étayées » reçues à l’été dernier puis à l’automne, l’ARS ne pouvait pas encore prononcer la suspension de l’activité des unités, car « il était nécessaire, en complément des inspections sur site, d’entendre les personnels – professionnels de santé et autres encadrants ».
À lire aussi : Les droits des mineurs hospitalisés en psychiatrie bafoués
A défaut de fermer les unités, les admissions ont quand même cessé dès le mois d’octobre. La cessation d’activité sera, elle, effective à partir du 27 février prochain. La réouverture quant à elle n’est pour l’heure pas connue : « Les équipes de la Fondation vont travailler à un projet d’établissement et doivent présenter un plan d’actions », indique l’ARS.
La quinzaine d’enfants concernée par des soins a par ailleurs été vue par une pédopsychiatre missionnée. Les jeunes patients ont fait l’objet d’une réévaluation spécifique en santé mentale, afin d’identifier des solutions adaptées aux spécificités de chacun. Elles devraient être appliquées dès la fin des vacances scolaires. Les parents ont ainsi pu s’organiser pour accueillir leur enfant à domicile entre temps.
« Je le dis avec franchise : que ce soit dans le champ de l’aide sociale à l’enfance, du handicap et de la santé mentale des enfants et des adolescents, nous sommes encore fréquemment destinataires d’alertes sérieuses », a déploré auprès de l’Express Etienne Pot, délégué interministériel pour les TND.
Dans un avis du 6 octobre 2025, la CGLPL avait également alerté sur les « nombreuses et graves atteintes » aux droits fondamentaux des 52 000 enfants admis en soins psychiatriques, et observé « un recours massif à l’isolement des mineurs hospitalisés en psychiatrie ».
En décembre, lors d’un colloque sur le droit de visite des bâtonniers, le secrétaire général de la CGLPL André Ferragne avait lui souligné « une lacune majeure » pour ce qui est de l’hospitalisation des enfants soumis à l’autorité parentale, qui « ne bénéficient d’aucune protection puisqu’aucun juge n’intervient », et rappelé l’importance d’ouvrir ces lieux de privation de liberté au regard des avocats.
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