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Au terme de son parcours à Bobigny, Éric Mathais s’apprête à rejoindre le parquet général de Montpellier. Il revient pour le JSS sur un mandat marqué par des avancées concrètes et par les réalités d’une juridiction hors norme. Dans un contexte de critiques renouvelées sur la justice, notamment après la mort de Lyhanna, il défend son action au sein du deuxième tribunal de France.

Journal Spécial des Sociétés : Après cinq années passées à la tête du parquet de Bobigny, quel regard portez-vous sur ce mandat ?
Éric Mathais : Cinq ans, ça passe vite. Et en même temps, certaines années comptent double à Bobigny tant la charge est intense. Ce que j’en retiens d’abord, c’est que ce ressort est absolument unique en France. La Seine-Saint-Denis compte officiellement un peu plus de 1,7 million d’habitants, mais la réalité est sans doute plus proche de 2 millions, avec 100 000 à 200 000 étrangers en situation irrégulière, 150 nationalités et près de 170 langues parlées. C’est un département-monde.
Ces populations non comptabilisées, dont certains souhaitent travailler et s’insérer, pèsent pourtant sur l’ensemble des services publics – justice, police, éducation nationale – sans que les dotations en tiennent compte. Ce qui caractérise aussi ce territoire, c’est la massivité de tout. En 2019, le parquet enregistrait 178 000 plaintes et procès-verbaux par an ; en 2025, 325 000, soit une hausse de 80 % en six ans, sans augmentation proportionnelle des moyens.
La circulation d’argent liquide y atteint également des niveaux exceptionnels. La grande surface où le paiement en espèces est le plus élevé de France est le Carrefour de Rosny 2. C’est le reflet d’une économie parallèle importante, alimentée par le travail dissimulé et les trafics.
Mais la Seine-Saint-Denis, c’est aussi le département au plus fort taux de fécondité de France métropolitaine, une jeunesse d’une richesse culturelle extraordinaire, un tissu associatif remarquable et une forte solidarité entre institutions. Tout le monde est sous pression : la préfecture gère le plus important service des étrangers de France, les services publics sont très sollicités. Cela crée des liens.
Par sa taille, son rythme et ses problématiques, Bobigny est la juridiction qui m’a le plus marqué. J’ai également été profondément marqué par le parquet de Bourges, où j’ai exercé en début de carrière. Nous étions confrontés à plusieurs vacances de postes et à de grandes difficultés d’organisation. En deux ans, nous avons tout rebâti. C’est là que j’ai observé les changements les plus rapides. Mais Bobigny reste une expérience à part.
JSS : Comment vous êtes-vous approprié ce lieu de travail emblématique ?
E.M. : C’est une architecture unique, qu’on l’aime ou non. Lors des 50 ans du tribunal, en 2022, nous avons appris que le célèbre bleu des façades était celui du vélo de la grand-mère de l’un des architectes. C’est une drôle d’anecdote. Inauguré en 1987 par Chirac comme symbole de la modernité judiciaire, il est devenu à un moment, pour reprendre les mots d’un ancien garde des Sceaux (NDLR : Jean-Jacques Urvoas, alors ministre de la Justice, en avril 2016), le symbole de la « clochardisation judiciaire ».
La blague, lorsqu’on était nommé à Bobigny, consistait à offrir des bottes en caoutchouc parce qu’il pleuvait dans les salles d’audience. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais le bâtiment reste daté. Conçu pour 400 professionnels, il en accueille désormais 700, sans compter les avocats et les justiciables. Il fait froid l’hiver dans certains bureaux, très chaud l’été mais l’extension du tribunal arrive.
Quand on y travaille au quotidien, parfois la nuit et le week-end, on finit pourtant par s’y attacher. On a l’impression d’être dans une forteresse médiévale moderne ou dans un vaisseau spatial prêt à décoller. Et malgré les difficultés, il y règne une solidarité presque familiale. C’est assez incroyable pour le deuxième tribunal de France.
Lorsqu’on échange avec d’anciens collègues, ils disent souvent : « C’étaient les audiences les plus dures de ma vie et peut-être le meilleur moment de ma carrière. » Dans mon équipe de procureurs adjoints, trois sur cinq sont d’anciens substituts de Bobigny revenus par nostalgie.
JSS : Vous évoquez la « forte solidarité » entre institutions du département. De quelles façons avez-vous bâti ces liens, notamment avec les élus ?
E.M. : J’y ai investi beaucoup de temps. Les maires de Seine-Saint-Denis sont confrontés à des difficultés considérables. À mon arrivée, certains m’ont conseillé de m’inspirer de la méthode de François Molins. Je l’ai donc appelé et j’ai choisi de donner mon numéro personnel aux 40 maires du département.
J’ai aussi développé des protocoles de signalement et de protection des élus. Lorsqu’un maire me signalait qu’une personne sous contrôle judiciaire ne respectait pas ses obligations, je m’en occupais directement. Le maire des Lilas m’a appelé pour exactement ce type de situation : on a réglé le problème en quelques heures.
Certains élus, comme le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, sont même venus passer une journée complète au tribunal pour mieux comprendre son fonctionnement. J’aurais aimé que davantage de maires entreprennent cette démarche.
JSS : Et avec le barreau de Bobigny ?
E.M. : C’est mon regret le plus personnel : ma relation avec le barreau. Dans tous mes postes précédents, j’ai réussi à bâtir une relation sereine avec les avocats. À Bobigny, je n’y suis pas arrivé.
L’exemple le plus parlant est celui de la CRPC avec déferrement. Ce dispositif, prévu par la loi, permet à une personne qui reconnaît les faits d’être condamnée et incarcérée immédiatement, avec seulement une audience simplifiée de validation de peine. À Brest ou à Dijon, les barreaux ont accepté d’en expérimenter l’usage. À Bobigny, il y a eu un refus de principe, alors même que je suis allé avec le président du tribunal devant le conseil de l’Ordre pour proposer une expérimentation limitée, notamment pour les mules qui reconnaissent, dans la plupart des cas, les faits.
Les trois bâtonniers avec lesquels j’ai travaillé m’ont tous expliqué que ce n’était « pas lié à moi », mais au fait que Bobigny est historiquement « un barreau de combat », avec une très haute idée de sa mission et peu enclin à transiger avec certains principes. En avril 2025, nous traitions encore 80 dossiers par ce biais. En avril 2026, avec la mobilisation des avocats sur ce sujet, nous étions tombés à deux dossiers. En mai 2026, il n’y en avait plus aucun.
J’ai le sentiment d’avoir fait tous les efforts possibles pour aller au-devant des avocats, dialoguer et trouver des points d’accord. Manifestement, je n’en ai pas fait assez puisque cela n’a pas fonctionné.
« En France, on compte 2,5 magistrats du parquet pour 100 000 habitants, contre 12 en moyenne en Europe. À ce niveau, Bobigny disposerait de 188 magistrats »
Éric Mathais
JSS : Quelles sont les autres déceptions ou frustrations que vous retenez de cette période ?
E.M : Le premier, c’est que le tribunal n’est toujours pas à la hauteur des enjeux criminologiques du département. On traite entre 100 et 150 gardes à vue par tranche de 24 heures, c’est ahurissant. On a deux audiences de comparution immédiate et il nous en faudrait une troisième. Pendant les Jeux olympiques de 2024, des renforts exceptionnels nous ont permis d’augmenter notre capacité de 50 % pendant trois à quatre mois. Pour la première fois, on se sentait à la hauteur. J’ai pu mesurer ce que devrait être la réponse pénale au tribunal de Bobigny.
Le second regret, ce sont les conditions de travail. Malgré tous nos efforts, dès qu’on ouvre un placard, on a des stocks de dossiers. Les délais d’audience ne se sont pas réduits suffisamment. Et paradoxalement, le tribunal de Bobigny est quand même assez répressif – ce qui génère une surpopulation carcérale considérable. Le centre pénitentiaire de Villepinte affiche un taux de suroccupation de 220 %, avec 150 matelas posés à même le sol dans des conditions de détentions dures. Trente pour cent des détenus de Fleury-Mérogis sont originaires du ressort de Bobigny.
JSS : Tout n’est évidemment pas à ranger dans la colonne des regrets. De quoi êtes-vous le plus fier aujourd’hui ?
E.M. : La première, dont je suis le plus fier, c’est la réduction du stock de peines en attente d’exécution. À mon arrivée, 25 000 peines – emprisonnements, sursis, amendes ou confiscations – n’étaient pas exécutées. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à un peu moins de 1 100. Cela a nécessité une réorganisation complète, un suivi mensuel et un contrat d’objectifs avec la cour d’appel. Résultat : les casiers judiciaires du ressort sont désormais fiables.
Ma deuxième satisfaction concerne la lutte contre la délinquance financière. C’est bien d’être répressif, je suis normalement répressif comme tous les procureurs et l’emprisonnement a sa place, mais il faut aussi frapper la criminalité au portefeuille. Les saisies pénales sont passées de 28 millions d’euros en 2020 à 70 millions en 2025. Nous avons mis en place un circuit court avec Tracfin pour repérer les flux suspects, recruté un attaché de justice spécialisé dans les saisies et confiscations, qui a permis de récupérer 11 millions d’euros supplémentaires depuis 2022.
Autre point sur lequel je suis très satisfait : la justice ne se limite pas à un coût pour l’État, elle génère aussi des recettes importantes via les confiscations et les amendes recouvrées en lien étroit avec la DDFIP.
À Bobigny, les sommes recouvrées sont passées de 20 millions d’euros en 2021 à 87 millions en 2025. Le paiement immédiat s’est développé, notamment par carte bancaire au tribunal (820 000 euros en 2025), et un dispositif en garde à vue avec la police permet, en cas de détention de numéraire, d’imputer les sommes saisies sur les amendes impayées, pour plus d’un million d’euros recouvrés depuis 2021.
JSS : Parmi les difficultés auxquelles vous avez été confronté, lesquelles ont demandé le plus gros travail de fond ?
E.M. : Je dirais celui de la résorption du stock d’ordonnances de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC). Lorsque je suis arrivé, le président de l’époque, Peimane Ghaleh-Marzban, m’avait alerté sur une situation particulièrement préoccupante : près de 500 dossiers étaient en attente d’audiencement. Certains remontaient à plusieurs années si l’on additionnait la durée de l’enquête et le temps passé sur étagère avant jugement.
Avec le président, nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet. Nous avons obtenu quelques moyens supplémentaires et utilisé tous les outils que la loi mettait à notre disposition. Aujourd’hui, ce stock est tombé à environ 150 dossiers, ce qui correspond à un niveau structurel pour une juridiction comme Bobigny.
Cette baisse est le résultat d’une véritable politique de juridiction. C’est d’ailleurs l’une des forces d’un tribunal, lorsque le président et le procureur travaillent main dans la main.
JSS : En 2022, vous appeliez à structurer un pôle dédié aux violences conjugales. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
E.M. : Le bilan est très positif. Bobigny a une longue tradition sur ce sujet, notamment avec la création du Téléphone grave danger, qui permet aux victimes d’alerter les forces de l’ordre d’un seul geste.
Nous avons ensuite structuré un pôle dédié, favorisant la circulation de l’information entre les différents magistrats concernés : juge des enfants, juge aux affaires familiales, juge de l’application des peines et tribunal correctionnel.
Six attachés de justice supplémentaires ont été recrutés. En 2025, une convention avec les communes a également permis d’associer les polices municipales à la sécurisation des évictions de conjoints violents.
JSS : Vous évoquiez un narcotrafic « sans précédent » lors de votre dernière audience solennelle. Cinq ans après votre prise de fonction, où en est la situation aujourd’hui ?
E.M. : Il y a des lieux où l’amélioration est nette. Saint-Ouen était jusqu’en 2020 ce qu’on pourrait appeler l’hypermarché régional de la drogue : sept points majeurs de deal identifiés, des prix affichés sur les murs des cités Charles-Schmidt et du 8-Mai-1945, des files d’attente devant les guichets de revente dès 22 heures.
J’y ai passé une nuit avec la brigade anti-criminalité peu après mon arrivée, c’était stupéfiant au sens propre du terme. On a multiplié les enquêtes au long cours pour démanteler les réseaux, et les policiers ont maintenu une pression sur les points reconquis pour éviter la réinstallation. Aujourd’hui, les sept points majeurs ont été éradiqués. On est allé constater sur place avec l’ancien préfet de police : il n’y avait plus rien.
Mais à Sevran, à Saint-Denis, les résultats sont moins encourageants. Et les chiffres globaux restent accablants : l’Ofast — l’Office antistupéfiants— répertorie 180 points de deal en Île-de-France. La majorité se trouvent en Seine-Saint-Denis. On est le département numéro un en France, avant même Marseille. L’an dernier, on a compté 90 meurtres et tentatives de meurtre directement liés au trafic de stupéfiants.
On a augmenté de 90 % le nombre d’audiences spéciales consacrées aux gros trafics entre 2020 et 2025, prononcé des peines de plus de 10 ans, émis des mandats d’arrêt, saisi des sommes considérables. Mais le problème n’est pas réglé. Il est contenu, par endroits.
JSS : Quelle est la réalité des moyens actuels au parquet ? Concrètement, que changerait un renforcement de ces moyens dans son organisation ?
E.M. : À mon arrivée, le parquet comptait 57 magistrats ; nous en avons aujourd’hui 62 en théorie, 59 en réalité. Les 66 postes prévus pour 2026 ne seront pas atteints. En septembre 2026 nous serons 58 ou même 57, le même niveau qu’en 2021, c’est décourageant.
Avec ces effectifs et les greffiers correspondants, nous pourrions ouvrir une chambre correctionnelle supplémentaire spécialisée en criminalité organisée.
En France, on compte 2,5 magistrats du parquet pour 100 000 habitants, contre 12 en moyenne en Europe. À ce niveau, Bobigny disposerait de 188 magistrats. Je n’en demande pas autant, mais la France est avant-dernière des pays du Conseil de l’Europe. D’autant que les parquetiers français sont à la fois les moins nombreux et ceux qui cumulent le plus de missions.
JSS : Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux. Quel rôle donnez-vous à la communication dans votre fonction ?
E.M. : Un collègue m’avait dit au début de ma carrière : « Il y a le savoir-faire et le faire savoir. » Le premier est essentiel, mais le second est devenu indispensable. Depuis mon premier poste de procureur, en 1999 à Riom, je suis convaincu qu’il faut expliquer le sens de l’action judiciaire. Le fossé entre les Français et leur justice est réel, et les réseaux sociaux l’ont accentué.
Je crois beaucoup à une communication positive et pédagogique. Je ne fais pas forcément plus qu’un autre procureur, mais j’essaie de montrer concrètement ce qu’est le travail du parquet. Quand les citoyens découvrent que chaque Français consacre 77 euros par an à sa justice, contre 122 euros pour un Allemand, ils comprennent mieux les enjeux : avec un menu à 77 euros, on n’a pas le même service qu’avec un menu à 130.
JSS : Cette visibilité vous a-t-elle exposé à des attaques ?
E.M. : Moins que je ne le craignais. J’ai commencé sur Twitter (devenu X), vers 2015-2016, à Brest, encouragé par mes filles et des proches. Je m’étais dit que j’arrêterais si cela se traduisait par un flot d’insultes.
En réalité, j’ai été agréablement surpris. Bien sûr, il m’est arrivé de bloquer certains utilisateurs, mais le niveau d’agressivité est resté très inférieur à ce que j’anticipais. Je pense que les Français conservent une forme de respect pour la fonction. Et lorsqu’on est dans une démarche d’explication plutôt que de polémique, les échanges sont généralement constructifs.
JSS : Vous rejoindrez bientôt Montpellier comme procureur général. En quoi ce poste diffère-t-il de celui de procureur de la République ?
E.M. : C’est une fonction très différente. Le procureur général coordonne l’ensemble des parquets du ressort de la cour d’appel : il n’est plus dans la gestion quotidienne de l’action publique, mais dans l’animation et l’harmonisation des politiques pénales. La cour d’appel de Montpellier, la huitième de France, couvre un territoire qui s’étend jusqu’à Rodez et Perpignan.
Les enjeux y seront proches de ceux de Bobigny : trafics liés à l’axe espagnol, violences et forte pression démographique sur le littoral en période estivale. Il y aura aussi, je crois, beaucoup à faire pour mieux faire connaître le travail de la justice.
JSS : Dans quel état d’esprit quittez-vous Bobigny ?
E.M. : Avec enthousiasme. Ce sera mon septième déménagement : avec mon épouse, nous avons l’habitude. Ce que j’apprécie dans chaque poste, c’est la découverte d’un territoire. En Seine-Saint-Denis, j’ai appris à aimer l’architecture d’Oscar Niemeyer – célèbre pour l’ancien siège de L’Humanité – et j’ai pris plaisir à faire découvrir la basilique de Saint-Denis, dont la beauté surprend souvent ceux qui la visitent.
Un procureur coréen passionné d’histoire de France m’avait un jour demandé si Saint-Denis était dangereuse. Je lui avais répondu : « Avec le procureur de Seine-Saint-Denis, non. » Il est resté émerveillé devant la basilique.
JSS : La mort de Lyhanna et la polémique qu’elle a suscitée ont relancé les critiques sur la justice. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
E.M. : Ces dernières années, il y a eu une réelle prise de conscience au plus haut niveau de l’État. Les États généraux de la justice et les efforts engagés ont permis une hausse des moyens, dont nous sommes reconnaissants. À Bobigny, nous sommes passés de 57 magistrats à mon arrivée à 62 aujourd’hui, avec un objectif de 66. C’est très bien.
« La justice souffre encore d’une image très dégradée. Et on le voit à travers la polémique [sur l’affaire Lyhanna], qui vient percuter des années de travail »
Éric Mathais
Mais la justice souffre encore d’une image très dégradée. Et on le voit à travers la polémique actuelle, qui vient percuter des années de travail… On s’en prend plein la figure – « erreurs grossières », « faillite collective et individuelle ».
Je comprends l’émotion, je la partage. J’ai connu des drames et je m’en suis voulu. Mais ce week-end encore, j’étais de permanence hiérarchique. Huit collègues travaillaient en même temps, de jour, de nuit, sur des dossiers difficiles. Quand on voit tout cet engagement, et que l’on prend des volées de critiques, il y a un fort sentiment d’injustice.
La France doit poursuivre son effort en faveur de la justice. Pas pour les magistrats, mais pour les citoyens, et en particulier pour la protection des victimes. Chaque moyen supplémentaire, chaque euro investi, nous savons comment l’utiliser.
JSS : Comment accueillez-vous les déclarations du garde des Sceaux sur cette affaire ?
E.M. : Comme l’ensemble des procureurs, je suis entièrement favorable à ce que toute la lumière soit faite. La mission d’inspection est précisément là pour déterminer objectivement s’il y a eu des défaillances individuelles, locales ou plus structurelles. Mais des événements d’une telle gravité ne peuvent être analysés sérieusement en quelques heures. Il faut se garder des conclusions hâtives.
Le garde des Sceaux a d’ailleurs réuni les procureurs généraux et engagé un travail que nous soutenons pleinement. Si nous pouvions accomplir, en matière de protection des mineurs, les mêmes progrès que ceux réalisés ces dernières années dans la lutte contre les violences intrafamiliales grâce à des moyens dédiés, nous nous en réjouirions.
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