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« Un besoin de main d’œuvre ». Ainsi sont présentés les enjeux de l’emploi en Essonne, ce mercredi 20 mai, par la CCI Essonne et la section départementale de France Travail. Des besoins en compétences aussi, pour faire face à des nécessités croissantes de certains secteurs dans tout le département. Parmi eux : la tech, les commerces, le BTP, les transports et la logistique.

Dans un contexte économique tendu, à cause des tensions géopolitiques, du coût de l’énergie, des baisses d’activité, des trésoreries fragilisées et du manque de visibilité, « les entreprises essonniennes continuent pourtant de faire preuve d’un fort sens des responsabilités : elles sont 68 % à avoir maintenu leurs effectifs », décrit Patrick Rakotoson, chef d’entreprise et président de la CCI 91.
L’Essonne est un territoire « diversifié dans son activité », selon l’entrepreneur. Lors d’une conférence de presse organisée ce 20 mai pour mettre en avant les secteurs qui recrutent, la CCI et France travail ont montré cette « photographie de l’emploi en Essonne », réalisée grâce aux données récoltées par des comités locaux pour l’emploi d’Ile-de-France.
Enquête où l’on apprend par exemple que 44 % des entreprises essonniennes ont vu leur chiffre d’affaires baisser en 2025. « Pour recruter, il faut donc savoir où l’on va, souligne Patrick Rakotoson. Les talents, la main d’œuvre, sont aujourd’hui des investissements pour ces entreprises. Nos entrepreneurs y croient, mais parfois, croire ne suffit plus. Il faut penser à la suite ».
La suite, c’est inciter les jeunes Essonniens, mais aussi les demandeurs d’emplois, les habitants des QPV, les seniors ou les personnes en situation de handicap à se diriger vers les près de 30 800 projets de recrutement recensés dans le département, auprès de 4 906 établissements. L’Essonne représente ainsi 7,9 % des intentions de recrutement en Île-de-France.
« Le besoin en main d’œuvre est le reflet de notre économie locale », complète Virginie Dumeste, directrice départementale de France Travail. Comment faire en sorte que les Essonniens aillent vers les entreprises du territoire ? Comment garder les talents, les sourcer, maintenir la compétitivité ? »
La réponse est à trouver dans des secteurs bien précis, que l’enquête a répartis par grandes zones. Le premier, c’est le Plateau de Saclay, récemment enrichi d’une ligne de métro flambant neuve – la ligne 18 – et du prolongement de la ligne 14. « La Silicon Valley de l’Essonne » cherche des ingénieurs, « de la matière grise », des jeunes diplômés de grandes écoles. Mais également des techniciens ou des agents de maîtrise, indispensables aux secteurs techniques, et qui manquent à l’appel aujourd’hui face au grand nombre de diplômés en master.
Patrick Rakotoson n’en doute pas : faire venir ces profils, c’est faciliter leur installation et leur intégration sur le territoire ; c’est aussi inciter les étudiants à choisir les grandes écoles du territoire et, plus tard, à y construire leur carrière. Par ailleurs, l’offre de formation ne manque pas, avec les deux universités du pôle Paris-Saclay, dont l’université d’Evry, ainsi que par la Faculté des métiers, l’un des plus grands CFA de l’Hexagone.
« Il faut leur présenter les opportunités d’emploi, notamment dans le secteur de l’industrie, dont il faut chasser les idées reçues », estime Virginie Dumeste. « L’industrie recule, et se transforme. La pénibilité n’est plus la même qu’hier, de nouveaux métiers émergent », complète Patrick Rakotoson.

L’Essonne, cette « terre d’industrie », peut offrir des postes dans les métiers de l’aéronautique, notamment du côté de l’agglomération Grand Paris Sud, où se trouvent de grandes entreprises du secteur comme Safran ou Thalès. Sur le territoire de la deuxième plus grosse collectivité de France, on trouve aussi des opportunités dans l’agroalimentaire, le transport ou la logistique.
En remontant un peu plus au Nord, à la frontière avec le Val de Marne, on arrive sur l’agglomération Grand Orly Seine-Bièvres, où la relance de l’emploi se trouve sans grande surprise du côté de l’aéroportuaire. Sur ce secteur aux forts besoins en main d’œuvre, on recrute dans la logistique, l’hôtellerie/restauration et dans la sécurité. Des métiers dans lesquels il est possible de se former rapidement, rappelle France Travail. Les conseillers accompagnent les démarches administratives, et « facilitent les formations pour s’adapter aux entreprises d’ADP », ajoute Virginie Dumeste.
Bien plus rural – 54 % du département est vert – le Sud-Essonne, enfin, recrute dans les secteurs des TPE, de l’artisanat, du commerce de proximité et dans l’agriculture. « Le problème est la mobilité, reconnaît Patrick Rakotoson en évoquant le sud du 91. En transports, il est plus facile d’aller à Paris que dans les autres villes du département. La question est de savoir comment amener ces salariés vers les entreprises de ce territoire ».
Mais, il est bien de le noter : le Sud-Essonne dispose de bien plus de disponibilité foncière qu’ailleurs. C’est peut-être ce qui explique l’arrivée de Parisiens sur le secteur, qui s’est accentuée ces dernières années. Les grandes zones industrielles, comme celle de la Croix-Blanche, grandissent aussi. Ce mois de mai, le territoire Cœur d’Essonne s’est enrichi d’un nouveau pôle de commerces et de loisirs, Valvert, comme pour contrer le centre commercial Carré Sénart, qui aujourd’hui attire les Essonniens vers la Seine-et-Marne.
L’enquête sur l’emploi en Ile-de-France révèle, en complément, que c’est surtout le domaine du service à la personne qui connaît les plus fortes tensions ; et de manière générale, les services concentrent plus de 66 % des projets de recrutement dans l’Essonne (76,6 % en Île-de-France). Les services aux entreprises représentent 29,9 % des projets de recrutement, et les services aux particuliers représentent 36,6 % des recrutements cette année. Le 91 est porteur aussi dans les secteurs de la santé et de l’action sociale, à hauteur de 14,5 %.
Pour accompagner les demandeurs d’emploi dans leur orientation et leur formation, France travail et la CCI comptent aussi sur les élus locaux, pour beaucoup nouvellement installés. « Il s’agira de les embarquer avec nous et de les acculturer à ces besoins économiques », prévoit Patrick Rakotoson. Première étape pour « embarquer » ces nouveaux partenaires : le Salon des maires d’Ile-de-France, les 2 et 3 juin prochain, où les acteurs de l’emploi comptent bien se montrer.
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