Simplification, pacte Dutreil, TVA sociale : Serge Papin déroule sa feuille de route pour les PME

Invité à ouvrir l’événement CAP PME organisé mercredi 27 mai à Station F, Serge Papin a défendu une politique économique davantage tournée vers la simplification, la baisse des impôts de production et le soutien aux transmissions d’entreprises. Le ministre a plaidé pour « redonner les moyens » aux PME de développer leur activité et d’augmenter les salaires.


jeudi 28 mai à 08:484 min

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Serge Papin plaide pour l’augmentation des salaires. Photo via Ludovic MARIN / AFP

Chefs d’entreprise et experts économiques étaient réunis mercredi 27 mai 2026 à l’occasion de l’événement CAP PME. Un rendez-vous marqué par l’intervention du ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Serge Papin, venu défendre une nouvelle approche économique en faveur des PME.

Invité d’honneur de l’événement qui se déroulait au sein du campus de startups, Station F, le ministre a évoqué la possibilité d’un « deal » avec le gouvernement autour d’une TVA sociale afin de réduire le poids des charges pesant sur les salaires et favoriser ainsi leur augmentation.

En parallèle, Serge Papin s’est prononcé pour un arrêt progressif des dispositifs de subventions et d’aides directes aux entreprises, au profit d’une baisse des impôts de production.

Une stratégie qui, selon lui, permettrait de redonner immédiatement de la trésorerie aux PME, tout en allégeant les démarches administratives liées aux demandes d’aides publiques. Les entreprises pourraient ainsi réinvestir plus librement dans leur développement.

« Il faudrait mieux laisser le soin aux entreprises de faire le travail »

« Je trouverais bien d’avoir ces grandes orientations afin d’avoir une lecture saine de notre économie, parce qu’on est dans une économie où l’État prélève puis redistribue », a déclaré le ministre.

Avant d’ajouter : « Il faudrait mieux laisser le soin aux entreprises de faire le travail », notamment sur « le gros sujet qu’est l’augmentation des salaires ». Pour Serge Papin, une diminution des impôts de production et de la fiscalité pourrait créer un véritable « effet miroir » sur le pouvoir d’achat et la dynamique économique.

Le ministre a toutefois reconnu que ces réformes pourraient entraîner des conséquences sur d’autres équilibres économiques et budgétaires. « Cela fait partie des grandes réflexions », a nuancé Serge Papin, insistant sur le fait qu’un tel changement « ne se fera pas en une journée » mais nécessite, selon lui, « une trajectoire claire ».

« Ce pays a les moyens », a-t-il martelé, à condition de « simplifier », de « mieux organiser les transmissions » d’entreprises et de favoriser un « made in France accessible », notamment sur les produits du quotidien. « Ce sont des sujets que l’on peut lancer et porter durant un mandat », a-t-il estimé.

La loi de simplification enfin appliquée ?

Le ministre est également revenu sur la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel le 27 mai après deux années de débats parlementaires.

Le texte prévoit notamment un allègement des normes pesant sur les PME, un accès facilité à la commande publique ainsi que de nouveaux droits en matière bancaire et assurantielle. Certains projets industriels et de data centers devraient également bénéficier de procédures simplifiées.

Pour Serge Papin, cette loi marque surtout une évolution dans la manière de produire les normes. « Il sera désormais possible de tester les normes dites “de flux” », a-t-il expliqué, c’est-à-dire les nouvelles règles envisagées avant leur adoption. « Il y a maintenant un test PME qui permettra de juger de la pertinence d’une norme avant de décider si elle doit être conservée ou non. »

Le ministre souhaite désormais s’attaquer aux « normes de stock », celles déjà existantes, à travers un vaste travail d’inventaire secteur par secteur afin d’identifier les contraintes les plus lourdes pour les entreprises.

« Il faut ‘détricoter de la norme’ pour simplifier, il faut qu’on y arrive », a-t-il plaidé, rappelant qu’une « bonne norme » devait permettre de « conjuguer les choses » sans devenir « une doctrine ».

Le pacte Dutreil, un pacte d’avenir selon Serge Papin

Le ministre a enfin critiqué certains responsables politiques qui, selon lui, « ne comprennent pas toujours l’économie », notamment lorsqu’ils souhaitent remettre en cause le pacte Dutreil.

Régulièrement contesté pour son coût budgétaire – estimé entre 4 et 5 milliards d’euros par la Cour des comptes – ce dispositif fiscal visant à faciliter la transmission des entreprises familiales reste, pour Serge Papin, un levier essentiel de souveraineté économique.

« Il faut aussi regarder ce que cela rapporte », a-t-il défendu, mettant en avant la pérennité des entreprises transmises, le maintien d’emplois locaux non délocalisables ainsi que les retombées fiscales indirectes générées à long terme. « C’est un pacte avec le pays, c’est la souveraineté économique de notre pays et c’est fondamental », a conclu le ministre.

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