L’écriture du tueur en série « Le Grêlé » identifiée sur les chèques de Gilbert Gaudry, tué en 1990

AVEC AFP. La piste d’un meurtre commis par François Vérove, tueur en série surnommé « Le Grêlé », se confirme pour la mort d’un homme tué par balle en 1990 à Saint-Aubin (Essonne) après des analyses d’écriture, a indiqué mardi à l’AFP le parquet de Nanterre.


vendredi 9 janvier3 min
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« L’expertise en comparaison d’écritures conclut que François Vérove serait l’auteur des falsifications de chèques volés » à la victime, indique le ministère public, confirmant une information du Parisien.

En novembre 2024, le pôle crimes sériels ou non élucidés, ou pôle cold cases du parquet de Nanterre s’était saisi du meurtre de Gilbert Gaudry, abattu d’une balle dans la tête, et dont l’enquête n’avait jamais abouti.

Le corps de ce dessinateur industriel avait été retrouvé par des promeneurs dans le bois communal de Saint-Aubin, un petit village de l’Essonne, le 5 juin 1990, ligoté et attaché à un tronc d’arbre. Son carnet de chèques avait également été volé.

La piste de François Vérove, surnommé le Grêlé, avait déjà été renforcée par un examen d’une arme ayant appartenu au tueur.

« Au terme d’un rapport balistique, il apparaît que le pistolet ayant appartenu à François Vérove présente une signature balistique compatible avec la balle extraite du corps« , explique le parquet.

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« Cette compatibilité ne signifie pas que cette balle a été tirée avec l’arme du Grêlé. La comparaison demeure impossible puisque la balle ayant servi à abattre (la victime) a été détruite« , ajoute la même source.

La piste d’un gendarme évoquée dès les premières investigations

Directeur d’enquête à l’époque, le major Claude Felix précisait au Parisien, en février 2025, avoir « tout de suite supposé que c’était un crime commis par un gendarme ». Une balle sur la scène de crime provenait d’un MAC 50, le pistolet alors utilisé par les militaires de la gendarmerie.

D’après l’enquête menée par le major à l’époque, le quadragénaire avait l’habitude de se rendre dans ce massif forestier. « Lieux de promenade, ces bois étaient aussi fréquentés par les amateurs de voyeurisme et d’exhibitionnisme« , raconte Le Parisien. Par ailleurs, les commerçants interrogés sur place avaient évoqué leurs échanges avec un homme qui leur avait montré sa carte de gendarme, mode opératoire du Grêlé qui lui permettait d’arriver à ses fins.

Ces nouvelles investigations menées par le pôle cold cases cherchent donc à déterminer si la victime a pu être tuée par François Vérove. Dans le cadre d’un réquisitoire supplétif daté du 18 novembre 2024, la juge Nathalie Turquey (à qui l’on doit la résolution du mystère de l’identité de ce tueur en série) avait été saisie « des chefs d’assassinat et vols ainsi que des chefs de falsifications et usages de chèques contrefaits, commis au préjudice de M. Gaudry », rappelle le parquet.

Cet ancien gendarme, dont l’ADN correspond au profil génétique retrouvé sur les scènes de plusieurs crimes, s’est donné la mort en septembre 2021 alors qu’il était convoqué par des enquêteurs.

Le tueur, identifié notamment comme le tueur et le violeur de la petite Cécile, 11 ans, en mai 1986 dans le XIXe arrondissement de Paris, a également étranglé un couple dans le quartier parisien du Marais en 1987.

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