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Après un nouvel incendie, ce samedi 4 juillet, sur ce terrain pollué appartenant au ministère de l’Intérieur, les élus locaux sont plusieurs à s’indigner du manque d’action du gouvernement et déplorent un risque pour la santé des habitants.

« Je signe ce matin une adresse au ministre de l’Intérieur, au titre de Grand Paris Sud, pour hurler notre mécontentement face à son laxisme après le troisième, oui le troisième (!) incendie sur le terrain de Ris-Orangis », écrit ce lundi 6 juillet Stéphane Beaudet, maire d’Evry-Courcouronnes et président de l’agglomération Grand Paris Sud.
Samedi 4 juillet, un incendie d’ampleur s’est en effet déclaré sur ce site appartenant au ministère de l’Intérieur, jonché de déchets, et qui se trouve à proximité de l’hippodrome d’Evry sur la commune de Ris-Orangis. Le feu a provoqué un important nuage de fumée et mobilisé une centaine de sapeurs-pompiers des SDIS de l’Essonne, de la Seine-et-Marne et de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
L’incendie, qui a contraint plusieurs riverains à se confiner pendant la journée, a également entraîné une interruption de la circulation sur la Francilienne. D’après TF1 Info, 180 personnes auraient aussi été évacuées par la municipalité. Toujours selon ce média, l’incendie « serait lié à une combustion spontanée, les déchets chauffant jusqu’à leur point de combustion ». Une information qui n’a pas été confirmée par les autorités, lesquelles indiquent que le procureur de la République d’Evry a ouvert une enquête.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Sonia Benameur, maire de Ris-Orangis élue en 2026, dénonce : « (…) Qu’attend le ministère de l’Intérieur pour se saisir de son site ? Il est impératif qu’un nettoyage complet soit réalisé au sein de cette décharge à ciel ouvert sur plus de deux hectares. »
Ce terrain rissois a plusieurs fois mobilisé les services de l’Etat. En 2018, un premier incendie avait nécessité l’évacuation des familles roms qui occupaient le site. Un nouvel incendie d’ampleur avait eu lieu en juin 2025, heureusement sur un terrain vide (l’Etat avait procédé à une nouvelle évacuation de membres de la communauté rom en février 2025). « J’alerte les services de l’État depuis 2016, avait tempêté dans le Parisien Stéphane Raffali, alors maire de Ris-Orangis. Ce site (…) présente un risque pour tous. Sans parler des coûts que cela occasionne : le coût du foncier déprécié, celui de l’intervention publique et celui de la mauvaise publicité pour le territoire ».
Peine perdue. En 2026, la patience des élus semble avoir atteint ses limites. « Il aura à nouveau fallu, un an à peine après un dernier drame, des dizaines de pompiers (…), des kilomètres de bouchons, une pollution de l’air aux particules fines qu’il serait scandaleux de nier poussant les habitants en plein été à se barricader chez eux et à ressortir les masques stockés du Covid ! Une honte », poursuit Stéphane Beaudet.
« Malgré les procédures » engagées par les villes et « le soutien de la préfecture », « le ministère de l’Intérieur, propriétaire du terrain et accessoirement chargé de notre sécurité, a décidé pour des raisons budgétaires de ne pas faire nettoyer et dépolluer ce terrain », dénonce l’édile. « Il faut le dire : c’est la fois de trop. »
Dans un communiqué, la préfecture de l’Essonne indique que « des relevés de pollution de l’air ont été effectués aux abords du site », précisant que « les mesures réalisées ne relev(aient) pas de risque pour la santé, avec des valeurs inférieures aux seuils d’alerte. »
L’an dernier, les services de l’État avaient indiqué au Parisien « poursuivre la réflexion sur la dépollution » et dit avoir financé « le retrait et le traitement de 160 tonnes de pneus stockés illégalement sur le site ». Sollicité par le JSS, le ministère de l’Intérieur n’a pour l’instant pas communiqué sur le sujet.
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