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Après avoir été poursuivi pour viol (non-lieu), Bougary, 37 ans, est prévenu de violences habituelles, menaces de mort contre son ex conjointe, et d’outrages contre des policiers. Devant le tribunal correctionnel, il admet une partie des faits.

Aux policiers, Bougary a dit : « Je ne lui ai pas mis de coup de poing. Je suis ancien boxeur professionnel, si je lui avais mis un coup au visage, ça aurait fait beaucoup plus de dégâts qu’un œil au beurre noir. »
C’était en avril 2023 à Sainteny, peu avant de faire deux mois de détention provisoire pour des faits de viol, violences et menaces de mort sur son ex conjointe, d’outrages contre des personnes dépositaires de l’autorité publique.
Le 16 décembre, devant le tribunal correctionnel de Créteil, Bougary réfute toujours avoir porté ce coup à Véronique*, son ex-compagne absente à l’audience, devant son fils (à elle) de 15 ans. Les juges comme les policiers ont du mal à le croire, car Véronique a une version très convaincante : c’était en octobre 2021, quatre jours avant l’enterrement de sa mère, où elle s’est rendue et où les personnes présentes ont constaté, en effet, qu’elle arborait un méchant coquard à l’œil.
Le reste est « globalement » reconnu, Bougary n’est pas un pinailleur. Il est plutôt du genre à tenter de justifier ses actes par un mal-être, une consommation « vraiment très très importante » de cannabis et un conflit avec l’ado qui était, durant leur cohabitation, un jeune récalcitrant et rebelle.
Le jour des faits, quand les policiers, ceux qu’il a outragés, l’ont interpellé et emporté, il était venu récupérer des affaires et en avait profité pour démolir le salon, renversant les étagères et éparpillant le mobilier. L’ado avait appelé les policiers pour dire : « Mon beau-père est en train de tout casser », et en audition, Véronique, qui s’était enfuie de l’appartement en pyjama, avait lâché tout ce qu’elle avait sur le cœur, des années de terreur et de violence, et aussi un viol durant son sommeil, ce qui a provoqué l’ouverture d’une instruction criminelle – qui se terminera par un non-lieu sur cette infraction.
Malgré ça, Véronique ne souhaite pas se constituer partie civile, préférant abandonner Bougary derrière elle, ce qui laisse à ce dernier le champ libre pour dérouler un discours en défense fondé sur une co-responsabilité : « Nous étions un couple très, très toxique », affirme-t-il, et il semble encore souffrir à l’évocation des « humiliations » qu’elle lui infligeait quotidiennement, le rabaissant, le dénigrant, affichant un mépris qui blessait très fort son égo meurtri, raison pour laquelle il fumait maints pétards avant de terroriser femme et enfant. Jusqu’au jour où ce dernier, tout boxeur poids lourd qu’il dût affronter, s’interposa pour défendre sa mère.
La violence devint paroxystique, Bougary fut chassé et, quand il revint, ce fut pour repartir dans une voiture sérigraphiée, gyrophare tintinnabulant, juste après avoir vociféré, il l’admet sans difficulté, « je vais tout brûler, je n’ai rien à perdre », ce qui pose l’ambiance.
Bougary était déprimé et anxieux, sous traitement, toxicomane, et désormais il est stabilisé et célibataire. Voilà de quoi rassurer le tribunal, mais pas le parquet, qui demande tout de même 18 mois de prison dont 12 mois avec sursis probatoire – les six mois ferme étant aménagé ab initio en DDSE. Après avoir écouté la défense et avoir délibéré, le tribunal opte pour 18 mois de prison avec sursis probatoire (soins, interdiction de contact et de paraître au domicile de Véronique, stage de sensibilisation aux violences conjugales, obligation d’indemniser les victimes – 750 euros par policier).
*Le prénom a été changé.
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