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Le 27 mai, des agents de la DCOS 78 ont perquisitionné les locaux de la police municipale et du centre administratif de Corbeil-Essonnes. Les investigations auraient lieu dans le cadre de soupçons de dysfonctionnements managériaux au sein de la police municipale. Le comportement de certains agents entre eux aurait également été mis en cause.

« Ce matin, la ville de Corbeil-Essonnes a été perquisitionnée par la Brigade financière du SRPJ de Versailles. Les policiers sont venus récupérer des documents et des informations concernant le fonctionnement de la police municipale (…) sur la période 2021 – 2026, c’est-à-dire sous l’exercice de la précédente municipalité. »
Le 27 mai, c’est par un communiqué laconique de la mairie, et qui apporte plus de questionnements que de réponses, que les habitants de la deuxième ville de l’Essonne ont appris que la police municipale faisait l’objet d’une enquête menée par la police judiciaire.
Une vingtaine d’agents ont mené des opérations de fouilles au centre administratif (annexe de la mairie), et dans les locaux de la police municipale, dans le parc Chantemerle.
Plus précisément, les investigations menées par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Versailles concerneraient, selon les informations obtenues par Le Parisien, « le fonctionnement interne de la police municipale », ainsi que « les agissements de certains agents » sur la période 2021 – 2026, c’est-à-dire sous le mandat de l’ancien maire, Bruno Piriou (DVG).
Le quotidien régional précise aussi que « des auditions ont été menées dans les locaux de la DCOS 78, impliquant des chefs de service ».
L’enquête aurait été ouverte par le parquet d’Evry sur la base de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige fonctionnaires ou autorités à informer le procureur de tout crime ou délit dont ils ont connaissance.
Dans un communiqué, le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) évoque « des possibles dysfonctionnements graves » au sein du service corbeil-essonnois, et informe qu’il a été à l’origine d’une procédure adressée au procureur de la République d’Evry en juillet 2025.
En novembre 2025, la police municipale avait été touchée par une grève inédite de ses agents. Ces derniers dénonçaient des effectifs en baisse, un manque de moyens et un management « toxique ».
Auprès de France 3 Paris Ile-de-France, l’un des agents de Corbeil-Essonnes témoignait : « Ça va être des brimades sur les agents, (…) des suspensions de congés, (…) des mails menaçants de sanctions disciplinaires. »
Mettant en cause « certains comportements » de quelques agents, Bruno Piriou assure au Parisien « ne pas être au courant de ces perquisitions ». L’élu évoque les tensions au sein même des équipes (« certains policiers municipaux ont porté plainte entre eux ») et précise, par ailleurs, avoir « hérité de ce climat ».
Plusieurs fois visée par des enquêtes judiciaires, la mairie de Corbeil-Essonnes n’en est pas à ses premières perquisitions.
On pense notamment au « Système Dassault » qui s’est vu condamner définitivement, en 2022, après de nombreuses années de rebondissements judiciaires ; au cœur de ce système, de fortes sommes d’argents reversées aux électeurs et un montage financier pyramidal vertigineux alimenté par des intermédiaires dans les quartiers.
En juin 2022, deux ans après avoir été élu – pour la première et la dernière fois -, Bruno Piriou racontait au site actu-juridique : « Tout ce système laisse des traces compliquées à résoudre : on a eu affaire à ceux qui touchaient de l’argent des employés communaux, on doit gérer avec le système vicié de la municipalité précédente (…). Le fait de gagner les élections ne nous donne pas le pouvoir de tout remettre d’équerre du jour au lendemain. » Une malédiction corbeil-essonnoise ?
La droite a, en 2026, repris le siège de maire. « Surprise et consternée » par les perquisitions, la nouvelle majorité DVD, emmenée par Samira Ketfi, dit découvrir la situation. La tâche s’annonce déjà bien difficile, pour celle qui avait été conseillère municipale du mandat de Jean-Pierre Bechter, avant de démissionner en 2011. Cet ancien maire avait été condamné au pénal en 2022 – deux ans avec sursis pour achat de votes.
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