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AVEC AFP. Dans un recours déposé courant mai devant le tribunal administratif de Melun, les proches du jeune homme demande à engager la responsabilité de l’Etat, ainsi que le versement de 50 000 euros pour le préjudice moral subi.

Quatre ans après, la famille ne baisse pas les bras.
Dans un recours déposé en mai 2026 devant le tribunal administratif de Melun et consulté par l’AFP, la famille de Théo Sanha, jeune homme retrouvé mort dans sa cellule de prison à Fresnes (Val-de-Marne) en janvier 2022, souhaite faire condamner l’Etat et voir sa responsabilité engagée dans l’affaire.
Ce recours fait suite à une information judiciaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger ouverte par le parquet de Paris le 11 septembre 2023.
La juge d’instruction a terminé ses deux ans d’investigation sans mise en examen, et a rejeté la demande de la famille d’auditionner le psychiatre qui avait conclu que les troubles du détenu étaient « factices ». Motif : les experts judiciaires, mandatés pour son enquête, ont conclu à une prise en charge médicale « adaptée », relevant qu’avant « d’être retrouvé inanimé dans sa cellule, M. Sanha ne s’était plaint d’aucune atteinte somatique ».
Théo Sanha avait été retrouvé le matin-même de son jugement en comparution immédiate, « en position fœtale, nu, baignant dans l’urine, dans une cellule jonchée de déchets ». Ce n’est qu’au moment de l’audience que la mère du détenu a appris la mort de son fils.
La famille estime que l’Etat avait « précisément la garde et la responsabilité de leur proche » enfermé, et que la prison a « réduit les chances de survie » de Théo en négligeant son état psychique. Un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) de mars 2022 avait notamment relevé une succession de « défaillances » et de « négligences » aboutissant « au délaissement puis à l’abandon du détenu ».
Bien qu’examiné par un médecin, le détenu de 28 ans aurait, toujours selon l’IGJ, nécessité une « réaction individuelle ou collective de prise en charge adaptée » et non une « gestion déshumanisée, ostensiblement distanciée et inadaptée ».
Le directeur de la maison d’arrêt, Jimmy Delliste, a reconnu, au cours de l’enquête, que le jeune homme « aurait clairement dû être pris en charge médicalement », et qu’il « n’avait rien à faire en détention ».
« Ce dossier illustre l’incapacité de l’administration pénitentiaire à traiter dignement des détenus fragiles sur le plan psychiatrique », a fustigé auprès de l’AFP leur avocat Antoine Ory. Fresnes « était informée de la dégradation mentale de Theo Sanha et l’a laissé sombrer », a-t-il affirmé.
Ses proches, qui ont fait appel du rejet de la juge, demande que leur soient versés, à chacun, 50 000 euros pour préjudice moral, et 5 000 euros pour frais de justice.
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