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La présidente du TJ, Anne Auclair-Rabinovitch, a exprimé son « indignation » face aux « attaques intolérables » visant trois magistrats, à la suite de la condamnation d’Erik Tegnér jeudi. Dans un communiqué, la juridiction assure de son « entier soutien » les magistrats visés et promet de signaler systématiquement tout message menaçant ou intimidant susceptible de constituer une infraction pénale.

« Face à l’ampleur et l’intensité inédites des menaces proférées, la présidente assure de son entier soutien l’ensemble des membres de la formation de jugement », peut-on lire dans un communiqué du tribunal judiciaire de Bobigny publié vendredi 19 juin 2026 au soir et relayé par Le Parisien. « Le débat public, s’il doit être préservé, doit être respectueux de l’autorité de ceux qui rendent la justice. »
Cette prise de position intervient après la vague de cyberharcèlement visant trois magistrats dont Youssef Badr, premier vice-président adjoint du tribunal, ayant participé à la condamnation d’Erik Tegnér, le directeur de la rédaction de Frontières, un média d’extrême droite, à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.
Celui-ci avait été reconnu coupable après la publication, en janvier 2025, d’un hors-série intitulé L’invasion migratoire : les coupables, dans lequel figuraient les noms et adresses de cabinets d’avocats spécialisés en droit des étrangers, présentés comme responsables de « ce chaos ».
Le tribunal a également indiqué qu’« afin de garantir leur protection, tout propos intimidant ou menaçant, toute attaque susceptible d’exposer les magistrats concernés à un risque d’atteinte à leur personne et de caractériser une infraction pénale sera systématiquement signalée au procureur de la République ». La présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair-Rabinovitch, a par ailleurs fait part de son « indignation » face à des attaques qu’elle juge « intolérables ».
Après sa condamnation, Erik Tegnér a directement dénoncé, dans une vidéo publiée jeudi sur X, « un énorme délire » et annoncé son intention de faire appel. « C’est une folie, il faut vous mobiliser. On est en train de criminaliser la critique de l’immigration […] On tient parce que vous vous mobilisez, vous relayez sur les réseaux sociaux, vous condamnez ce genre de chose ! », a-t-il argué auprès de ses soutiens.
Dans les heures qui ont suivi, de nombreux internautes se sont attaqués aux magistrats ayant participé au jugement. Parmi eux, Alexandre Cormier-Denis, collaborateur du média Frontières, a notamment affirmé que le magistrat Youssef Badr était « un militant de gauche » cherchant à favoriser les candidatures des « Maghrébins et d’Africains » au sein de la magistrature. D’autres messages l’ont qualifié d’« islamiste » ou encore d’« ennemi infiltré de la France ».
Face à cette vague de messages, Youssef Badr a annoncé samedi avoir déposé plainte. « Je viens de déposer plainte auprès du service spécialisé en charge d’identifier toutes les personnes qui me menacent depuis ce jeudi », a-t-il posté sur X, assurant qu’il irait « jusqu’au bout de la procédure » contre les auteurs de menaces ou de fausses informations.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a pour sa part apporté son soutien « à tous les agents de son ministère qui font l’objet de menaces », condamnant « fermement » les attaques racistes et les menaces visant le magistrat. « En France, quand on n’est pas d’accord avec une décision, on fait appel », a-t-il rappelé sur X.
Le barreau de Seine-Saint-Denis a par ailleurs adopté une motion de soutien aux magistrats, dénonçant « toute tentative d’intimidation visant à faire pression sur les membres de l’autorité judiciaire ou à les dissuader d’exercer librement et sereinement leur office ».
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