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Après un effet d’aubaine en 2025, lié à l’anticipation des hausses tarifaires américaines, la réalité des droits de douane de Trump s’est imposée dès le début 2026. L’Île-de-France se tourne désormais davantage vers ses partenaires européens, mais reste exposée aux turbulences transatlantiques.

Les chiffres du CROCIS, l’Observatoire de l’économie en Île-de-France, publiés en juin 2026, dressent un tableau contrasté du commerce extérieur francilien. En effet, si les échanges avec l’Europe se portent bien, la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump laisse des traces visibles sur les flux avec les États-Unis, et les premiers mois de 2026 confirment le retournement de tendance.
Toutefois, l’Île-de-France reste une région tournée vers ses voisins européens. Selon l’étude, 60 % des exportations franciliennes sont à destination de pays européens, qui représentent également 53 % des importations.
Sur l’ensemble de l’année, les exportations vers ces pays ont progressé de 6 %, dans un contexte où le commerce international francilien pèse lourd : 98 milliards d’euros d’exportations contre 87 milliards d’importations, soit un solde nettement positif. La relation commerciale avec les États-Unis raconte une toute autre histoire.
En apparence, les chiffres semblent rassurants : les exportations franciliennes vers les États-Unis ont légèrement progressé sur l’ensemble de l’année 2025, à 17 milliards d’euros, soit une hausse de 2 %. Mais cette progression est, selon le CROCIS, « un trompe-l’œil ». Elle masque deux dynamiques opposées qui se sont succédées en quelques mois.
Dès l’annonce, en avril 2025, de l’instauration de droits de douane sur les produits importés aux États-Unis, de nombreux acheteurs américains ont anticipé les hausses tarifaires en constituant des stocks. Cette ruée s’est traduite par une progression de 8 % des exportations franciliennes au premier trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024, avec une hausse particulièrement marquée pour les vins, les spiritueux et les produits de maroquinerie.
Le CROCIS est revenu sur les multiples rebondissements de la politique commerciale américaine. Initialement, l’administration Trump avait annoncé des droits de douane de 20 % sur l’ensemble des produits en provenance de l’Union européenne. Après plusieurs mois de négociations, un accord conclu le 27 juillet 2025 a ramené ce taux à un plafond de 15 % pour la majorité des exportations européennes, avec une entrée en vigueur le 7 août.
Mais ce compromis a été de courte durée. Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé illégaux les droits de douane dits « planchers », instaurés sur le fondement de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), une loi autorisant le président à agir en matière commerciale en cas d’urgence nationale. Donald Trump a immédiatement répliqué en signant plusieurs décrets rétablissant de nouvelles mesures tarifaires, appliquées dès le 24 février 2026.
Une fois ces nouveaux droits de douane entrés en vigueur, la tendance s’est brutalement inversée. Au premier trimestre 2026, les exportations franciliennes vers les États-Unis ont reculé de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente. « Quelles que soient les décisions politiques ou judiciaires, c’est un climat d’incertitude qui s’est imposé au commerce transatlantique, tant les revirements et les menaces ont été nombreux », a résumé le CROCIS.
À l’échelle nationale, le solde commercial français continue de s’améliorer, même si le rythme s’est ralenti. Après avoir atteint un record historique de moins de 161 milliards d’euros en 2022, le déficit s’est réduit à -69 milliards d’euros en 2025 sans pour autant retrouver son niveau d’avant la crise du Covid-19. Comme les deux années précédentes, cette réduction s’explique essentiellement par l’amélioration du solde des biens énergétiques, portée par le recul des prix des produits pétroliers raffinés, des hydrocarbures et du gaz naturel.
Une dynamique que la flambée brutale des coûts de l’énergie au deuxième trimestre 2026 – conséquence directe de la guerre en Iran – risque d’enrayer. Quant à l’impact réel des droits de douane américains sur le commerce francilien, il faudra attendre le bilan complet de l’année 2026 pour en mesurer toute l’ampleur.
Le top 10 des produits exportés révèle les grandes spécialisations industrielles de la région. L’aéronautique domine largement avec 24 milliards d’euros, suivie par les cuirs, bagages et chaussures, le secteur phare du luxe à 13 milliards, l’automobile à 13 milliards et la pharmacie à 10 milliards. Les parfums et cosmétiques complètent ce tableau avec 5 milliards. Du côté des importations, les produits de la construction automobile restent le premier poste entrant en Île-de-France, avec 24 milliards de marchandises.
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