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Le Parquet national financier a ouvert, le 19 août, une enquête préliminaire sur les conditions d’emploi du maire LFI de Saint-Denis à la RATP, après plusieurs articles de presse et les plaintes d’une association. L’élu conteste les accusations et assure se tenir à la disposition de la justice.

« Ma position ne change pas : je suis serein sur l’issue. Ces attaques ne sont pas fondées ». C’est avec flegme que le maire de Saint-Denis (LFI), Bally Bagayoko, a réagi sur ses réseaux sociaux, le 24 août 2026, à l’ouverture d’une enquête concernant la façon dont ce dernier a été employé à la RATP.
Ouverte le 19 août par le parquet national financier (PNF), après plusieurs articles de presse et deux plaintes déposées par l’association AC !! Anti-corruption, cette enquête préliminaire porte sur des soupçons de « détournement de fonds publics, recel et concussion ».
Dans un communiqué, le PNF a précisé que les investigations visaient notamment à « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de Bally Bagayoko à la régie des transports parisiens.
Le Canard enchaîné avait en effet consacré un article à son parcours professionnel, affirmant que l’élu insoumis avait « longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP » avant son élection à la mairie de Saint-Denis en mars dernier, remportée face au maire sortant, Mathieu Hanotin (PS).
L’hebdomadaire évoquait notamment un recrutement « sans concours » ni entretien en 2000, des horaires qualifiés d’« élastiques » ainsi que de « généreuses indemnités ». Une fonction que Bally Bagayoko a cumulée avec celle d’adjoint au maire de Saint-Denis, de 2002 à 2020, ainsi qu’avec un mandat de vice-président du conseil départemental.
L’ancien secrétaire général de la ville de Saint-Denis et ex-dirigeant de la RATP Jacques Marsaud conteste cependant largement les affirmations du média. Dans un post relayé par Bally Bagayoko, il affirme que ce dernier a passé « plusieurs entretiens successifs » avant d’être recruté « sur [ses] compétences, point final ».
De son côté, l’édile dyonisien dénonce une « campagne de calomnies » menée « par le Canard enchaîné, s’appuyant sur un échange avec David Lebon, le directeur de cabinet de l’ancien maire socialiste de Saint-Denis-Pierrefitte, Mathieu Hanotin », et réfute tout caractère irrégulier prêté à son parcours.
Bally Bagayoko souligne notamment qu’alors que plus de 200 personnes travaillent à la RATP tout en exerçant parallèlement un mandat électif, il est« le seul » à faire l’objet d’un article consacré à cette situation.
Le maire de Saint-Denis y voit une attaque politique intervenue au lendemain « de la démonstration de force » des Amfis de La France insoumise à Valence, qui ont réuni près de 10 000 personnes, dimanche 23 août, pour la harangue de Jean-Luc Mélenchon en vue de la Présidentielle de 2027. Une lecture également défendue par le candidat.
Bally Bagayoko assure néanmoins vouloir laisser la justice faire son travail. « Je souhaite que cette affaire soit traitée le plus rapidement possible et me tiens à disposition de la justice », précise-t-il.
Si la première plainte déposée par l’association AC !! Anti-corruption visait Bally Bagayoko, dans sa deuxième plainte, l’association dénonce l’existence présumée « d’un système organisé et structuré d’emplois fictifs et non d’actes isolés » concernant des « élus parisiens et franciliens à la RATP, de tout bord politique ». Ces derniers auraient été « rémunérés par la RATP pour des postes sans activité réelle, parfois sans présence, parfois sans fiche de poste identifiable ».
Sollicitée par l’AFP, la RATP a néanmoins affirmé accueillir « favorablement » l’ouverture de l’enquête menée par le PNF, estimant qu’elle permettrait aux investigations de se dérouler dans un « cadre judiciaire garantissant l’indépendance et la sérénité nécessaires à l’établissement des faits ».
Le groupe a indiqué avoir transmis aux autorités les éléments en sa possession et observer « les règles de droit commun, dont la loi du 22 décembre 2025 », qui facilitent la conciliation entre l’exercice d’un mandat d’élu local et la vie professionnelle et personnelle des salariés.
De son côté, Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, a demandé sur X « que toute la transparence soit faite sur la politique de recrutement de la RATP, passée et présente, afin de dissiper les soupçons d’éventuels emplois fictifs ».
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