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Le 24 août, la France et l’Arabie Saoudite ont signé un protocole d’accord qui officialise la réhabilitation du parc à thème de Courdimanche. 22 000 emplois pourraient être créés dans le cadre de ce projet « pharaonique ».

La rumeur courait depuis plusieurs semaines, c’est désormais officiel.
Lundi 24 août, à l’occasion de la visite officielle du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman à Paris, l’Elysée et l’entreprise Qiddiya Investment (filiale du fonds souverain d’Arabie Saoudite), ont signé un protocole d’accord qui entérine le projet de construction de trois parcs d’attractions sur le site de l’ancien parc à thème Mirapolis, projet construit en 1987 et fermé en 1991 après un échec retentissant.
« Après plus de trente ans de friche, une nouvelle perspective s’ouvre pour ce site emblématique », situé près de Cergy-Pontoise, se réjouit le maire de Cergy Jean-Paul Jandon, présent lors de la signature.
Le conseiller municipal de Cergy Alexandre Pueyo rappelle, de son côté, que la France était en concurrence avec d’autres territoires et pays. C’est finalement dans le Val-d’Oise que le projet verra la jour.
Contrairement à ce qui avait été avancé, ce ne sont pas un milliard d’euros qui seront injectés dans ce projet « pharaonique », selon les termes du président de la République Emmanuel Macron, mais 6 milliards.
Dans le même temps, 22 000 emplois directs et 80 000 emplois indirects pourraient être créés avec ce projet. Une opportunité pour les 16 000 jeunes « qui entrent chaque année sur le marché du travail dans le Val-d’Oise », souligne encore le maire de Cergy.
A l’image de Disneyland, le projet prévoit notamment la création de logements pour les salariés et les résidents de l’agglomération, des hôtels et des restaurants.
Pour la présidente (LR) du département, Marie-Christine Cavecchi, ce projet est « une formidable opportunité » pour le département. « Ces investissements d’envergure seront de puissants moteurs de développement économique, de création d’emplois et d’attractivité touristique. »
Un avis partagé par l’édile de Cergy, qui insiste sur un point : le projet doit se construire avec les élus et habitants, et respecter le territoire.
Alexandre Pueyo souligne ainsi la nécessité de traiter « avec la plus grande attention » le sujet des terres agricoles, de l’hébergement et des transports.
Pour cet élu, l’extension du parc, qui devrait déborder des 50 hectares actuels, devra être réduite « autant que possible et son impact soigneusement étudié ».
Alexandre Pueyo craint également qu’un potentiel manque d’hôtels conduise à transformer Cergy-le-Haut ou Courdimanche en immense zone Airbnb, « faisant monter les prix et excluant progressivement les habitants ».
Il estime par ailleurs qu’un renforcement des accès routiers devra être envisagé. Du côté des transports en commun, la question d’accessibilité au parc se pose également, puisque la ville de Cergy-le-Haut est desservie par la ligne du RER A, fréquemment fermée chaque année en soirée.
« L’investisseur du parc d’attraction n’acceptera pas une interruption de desserte un soir sur deux comme le subissent les usagers de la branche Cergy depuis des années », alerte notamment un groupe d’usagers sur Facebook.
Les opposants au projet s’offusquent aussi de ce rapprochement inédit avec le gouvernement saoudien, désigné par beaucoup comme le responsable de la mort du journaliste Jamal Khassoghi, et sur laquelle la justice française a ouvert une enquête en mai dernier.
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