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AVEC AFP. Conçu comme « une prison dans la prison », ce troisième QLCO de 20 places devrait recevoir ses premiers occupants « dans les prochaines semaines ». Le dispositif vise à empêcher les détenus les plus impliqués dans des réseaux criminels de poursuivre leurs activités depuis leur cellule.

Un troisième quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) sera bientôt opérationnel au sein de la prison de Réau (Seine-et-Marne), après ceux de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), ouvert à l’été 2025, et d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), mis en service en octobre dernier.
Conçu comme « une prison dans la prison », le nouveau QLCO a été aménagé au sein du centre pénitentiaire de Réau (800 places), où il remplace une maison centrale, a indiqué le chef d’établissement, Olivier Pipino, à des groupes de journalistes en visite ce jeudi 30 juillet.
Quant aux transferts, ils devraient débuter « dans les prochaines semaines », a affirmé le porte-parole du ministère de la Justice Sacha Straub-Kahn, qui a précisé « ne [pas] communiquer sur les dates » pour des questions de sécurité. Parmi les futurs détenus, des individus « qui relèvent de la criminalité organisée en lien avec le trafic de stupéfiants », mais « de réseaux de proxénétisme très organisés, de trafic de migrants, de traite d’êtres humains », a-t-il dit.
Dans les locaux aux murs et aux portes colorés, des cellules de 9 m2 dotées d’une douche, d’un téléviseur et d’un réfrigérateur. Ici, le mobilier est scellé dans les murs, et le poste téléphonique placé sous écoute « en direct ». Les fenêtres y sont couvertes de caillebotis (trois grilles serrées). Quant aux portes blindées, elles sont dotées de « trappes de menottage » et d’ « arrêtoirs » pour empêcher toute ouverture de l’intérieur d’un coup de pied.
Quelque 4,5 millions d’euros de travaux ont en effet été investis dans l’aménagement du site afin d’« entraver la poursuite des activités criminelles par des gens très organisés, qui disposent de moyens, de logistique, de réseaux, qui leur viennent en appui », d’après les termes du directeur.
L’établissement avait connu un épisode retentissant en 2018, lorsque le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd s’est évadé spectaculairement par hélicoptère. Depuis, les filins anti-hélicoptère ont été renforcés, et aujourd’hui, les deux cours du QLCO – où les détenus bénéficieront de deux heures de promenade quotidiennes – sont également surmontées de solides filins anti-projections et anti-drones. Les lieux sont également équipés de systèmes de brouillages des communications.
Dans ce cadre sous haute sécurité, 41 agents (34 surveillants, ainsi que des brigadiers chefs et des officiers) encadreront 20 détenus, selon la direction. Un ratio comparable à celui de Vendin-le-Vieil, où 267 agents sont mobilisés pour une centaine de détenus.
L’ouverture de Réau s’inscrit dans le cadre du déploiement progressif de ces quartiers de lutte contre la criminalité organisée, voulu par le gouvernement pour isoler les détenus les plus dangereux et porté par la loi « narcotrafic » du 13 juin 2025.
Trois autres QLCO doivent ouvrir à Valence (Drôme), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane). Au total, le ministre de la Justice Gérald Darmanin chiffre à « 600 à 700 le nombre de personnes qu’il faudra isoler totalement » d’ici 2027.
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