Nangis : visé par une enquête pour harcèlement moral et sexuel, le patron de la police municipale suspendu

Deux agents de surveillance de la voie publique auraient subi du harcèlement et des violences sexuelles de la part de leur supérieur hiérarchique. Suspendu, ce dernier fait l’objet d’une enquête après le dépôt de plaintes pénales. Une enquête administrative a également été lancée en Seine-et-Marne.


lundi 17 août à 17:093 min

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La police municipale de Nangis a vu son chef suspendu de ses missions à titre conservatoire. Capture d’écran Google maps

À Nangis, en Seine-et-Marne, deux agents de surveillance de la voie publique (ASVP) âgés de 33 et 45 ans ont porté plainte contre Monsieur P., leur supérieur hiérarchique, après avoir dénoncé des « actes pouvant s’apparenter à du harcèlement moral et sexuel, et des violences sexuelles », d’après des informations révélées par La République de Seine-et-Marne le 12 août 2026.

Informée par ces agents, la maire (PCF) de Nangis, Clotilde Lagoutte, élue en 2026, a suspendu le chef de la police municipale à titre conservatoire. « Ces signalements sont pris très au sérieux », a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire régional, indiquant que tout en respectant la présomption d’innocence, elle souhaitait protéger ses agents d’éventuels nouveaux agissements.

Au titre de l’article 40 du Code pénal, l’édile a aussi signalé les faits au procureur de Melun, Jean-Michel Bourlès.

À Provins, le maire « en attente des décisions de justice »

Également élu au conseil municipal de la ville de Provins, le policier municipal a présenté au préfet de Seine-et-Marne, dans la foulée de ces révélations, sa démission de son mandat d’adjoint au maire. « En de telles circonstances, l’action publique doit à mes yeux être guidée par trois principes forts : le respect de la parole des plaignants, la présomption d’innocence et la sérénité de la justice, a réagi le maire (LR) de Provins, Olivier Lavenka, dans un communiqué, se refusant pour l’instant à toute éviction de sa liste. Dans l’attente des enquêtes et des décisions de justice à venir, nous appelons à les respecter scrupuleusement ».

L’opposition de Provins a dit « prendre acte » de cette démission, mais estime que Monsieur P. « doit se mettre en retrait de son mandat d’élu, démissionner ou être suspendu à titre conservatoire. À défaut, M. Lavenka doit l’écarter de son groupe « Aimons Provins – Olivier Lavenka » », a ainsi communiqué le conseiller municipal (LFI) Constant Roulet.

Ainsi, les deux plaignants ont été entendus par la brigade de recherche de la gendarmerie de Melun ce mardi 11 août.

Le comité social territorial de Seine-et-Marne diligente également une enquête administrative, et la ville de Nangis a saisi, de son côté, le conseil disciplinaire du centre de gestion de Seine-et-Marne. Présidé par un magistrat du tribunal administratif de Melun, de représentants territoriaux et de membres des commissions administratives paritaires, ce dernier devrait se prononcer au plus tard dans les deux mois qui suivent la saisine par la collectivité, soit avant mi-octobre prochain.

Ce 14 août, le quotidien Le Parisien a en plus rappelé d’anciennes accusations contre un fonctionnaire de police, en précisant qu’alors en poste comme chef de service à La Ferté Gaucher, M. P. aurait « fait régner la terreur » auprès des agents, qui, en 2012, « avaient manifesté devant la mairie pour dénoncer une « souffrance au travail » et de « graves dysfonctionnements » au sein de la police municipale. Le chef de service a quitté ce poste, qu’il occupait depuis 2006, en 2021, pour intégrer la police de Nangis.

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