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AVEC AFP. Antonino Mercuri, 64 ans, est accusé d’avoir manipulé certains patients psychologiquement vulnérables et de les avoir essorés financièrement, parfois jusqu’au surendettement. L’audience ayant été ajournée pour des questions de procédure, la prochaine se tiendra le 18 janvier 2027.

Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé ce 12 octobre, à l’ouverture et pour des questions de procédure, le procès d’un ostéopathe poursuivi pour abus de faiblesse, exercice illégal de la médecine, blanchiment et fraude fiscale.
Dans un contexte d’emprise sectaire, Antonino Mercuri, 64 ans, est accusé d’avoir manipulé une cinquantaine de patients et de les avoir dépouillés de millions d’euros, parfois jusqu’au surendettement, au prétexte de « soins » pour les « libérer ».
Pour ces faits qu’il conteste, sa défense y voyant le procès « des bienfaits des médecines alternatives et de la méditation », le prévenu encourt cinq ans de prison.
Une prochaine audience de procédure dans ce dossier se tiendra le 18 janvier 2027, le temps qu’un juge d’instruction régularise l’ordonnance renvoyant le praticien devant le tribunal correctionnel.
Ce document-clé présente en effet une discordance entre les éléments pour lesquels le prévenu a été mis en examen durant l’enquête et ceux pour lesquels il est effectivement renvoyé devant le tribunal.
Sur la période reprochée, de 2012 à 2018, les enquêteurs ont calculé qu’Antonino Mercuri a perçu 12,97 millions d’euros de la part de ses anciens patients ; des sommes astronomiques jugées incompatibles avec une activité ostéopathique classique, même haut de gamme.
Souvent envoyées à lui par une psychothérapeute, considérée elle-même sous emprise, les parties civiles étaient d’abord impressionnées par cet ostéopathe « visionnaire », qui disait avoir prolongé la vie de François Mitterrand en le soignant pendant dix ans.
Un CV trompeur : l’enquête a établi qu’il n’a rencontré qu’à deux reprises le président de la République, malade d’un cancer, et n’a jamais été l’un de ses soignants attitrés.
Bien vite, certains clients étaient embarqués dans un engrenage de « soins », « méditations », « rendez-vous professionnels » ou « stages » à Compiègne (Oise) ou au Portugal. Des prestations « obligatoires » toujours plus rapprochées, toujours plus chères, qu’ils devaient régler même s’ils n’y assistaient pas. L’un a ainsi déboursé plus d’un million d’euros en six ans.
Avec son discours ésotérique aux accents spirituels, son omniprésence et ses injonctions culpabilisantes, Antonino Mercuri « fonctionnait comme un dealer avec un drogué », a résumé un ex-patient, désenchanté et ruiné, durant l’enquête.
Issu d’une famille modeste d’origine italienne, l’ex-enfant d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) est animé d’un « besoin compulsif d’accumuler des richesses » selon une expertise psychiatrique, qui note « la personnalité narcissique du sujet, marquée par une image grandiose de lui-même, par le besoin de se sentir meilleur et de vouloir dominer les autres, tout en les méprisant » et émet l’hypothèse d’une volonté de « revanche sur la vie ».
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