Mouvement lycéen : les premiers parents d’élèves convoqués dans les Hauts-de-Seine, le SAF dénonce une « répression »

Si la préfecture se félicite de ces convocations qui devraient se poursuivre dans les jours à venir, le Syndicat des avocat.e.s de France (SAF) de Nanterre estime que ces dernières ont été réalisées «  au mépris de l’Etat de droit et des règles les plus élémentaires de droit  ».


lundi 5 octobre à 16:412 min

Écouter l'article

Selon la préfecture, d’autres convocations devraient suivre dans les jours à venir

A la veille de la grande mobilisation lycéenne attendue le 6 octobre, les parents de trois adolescents mis en cause dans des violences et dégradations dans le cadre du mouvement débuté fin septembre ont été convoqués à la préfecture des Hauts-de-Seine.

Le 2 octobre, le préfet Alexandre Brugère leur avait adressé un courrier rappelant la responsabilité qui était la leur à l’égard de leurs enfants. Des propos réitérés ce lundi 5 octobre à la préfecture : aux côtés du procureur de la République du tribunal judiciaire de Nanterre Yves Badorc, le préfet a insisté sur un point : les parents sont « responsables moralement et juridiquement » de leurs enfants.

Alexandre Brugère affirme par ailleurs que les parents, conscients de la situation, se seraient « fermement engagés à ce que ces faits ne se reproduisent plus ».

Des procédures « bâclées » et des dossiers « vides », selon le SAF

Si la préfecture se félicite de ces convocations qui devraient se poursuivre dans les jours à venir, le Syndicat des avocat.e.s de France (SAF) de Nanterre estime que ces dernières ont été réalisées « au mépris de l’Etat de droitset des règles les plus élémentaires de droit », s’insurge-t-il dans un communiqué du 5 octobre.

Dans ce même communiqué, le SAF estime également qu’au titre de cette mobilisation, « le gouvernement privilégie une répression qui n’est ni socialement ni racialement neutre, frappant d’abord les jeunesses populaires ». Il souligne que les interpellations « préventives », selon les termes du ministère de l’Intérieur, semblent n’avoir pour but « que de faire pression ».

Par ailleurs, d’après les observations des avocats du syndicat intervenus lors des gardes à vue, les jeunes interpellés, « souvent dans des conditions violentes », étaient majoritairement des enfants inconnus de la justice, « blessés et apeurés dans les locaux de police ».

S’ajouteraient à cela les conditions de garde à vue jugées « souvent indignes », avec des procédures « bâclées », des dossiers « vides » dans lesquels les gardes à vues ont été prolongées. Au terme de ces constats, le SAF appelle tous les avocats à sa joindre à la journée nationale du 6 octobre pour « soutenir et protéger les lycéens et la défense des libertés publiques ».

Partager l'article

0 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à la Newsletter !

Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.