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Dans un courrier daté du 2 octobre, le président de la Seine-Saint-Denis appelle le gouvernement à davantage de tolérance face à la mobilisation des jeunes et plaide pour un dialogue avec ces derniers.

Depuis la mi-septembre et une première mobilisation à Créteil, plusieurs mouvements et blocus lycéens se sont généralisés à travers la France, avec un même objectif : dénoncer le manque d’enseignants et de personnels, les conditions matérielles des établissements, les effectifs des classes, les emplois du temps ou encore la pression liée à Parcoursup.
Pour Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis, où les manifestations ont été particulièrement virulentes, cette « réponse sécuritaire » liées aux manifestations lycéennes n’est pas à la hauteur de l’enjeu. « La jeunesse demande à être écoutée et entendue […] Les jeunes ont besoin d’un ministre de l’Éducation et plus largement d’un gouvernement qui les écoutent, les respectent et les considèrent », a-t-il notamment écrit dans un courrier daté du 2 octobre 2026 et adressé aux ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale.
Car le mouvement prend une tournure de plus en plus violente : deux lycéens de 15 et 17 ans ont notamment été mis en examen pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier vendredi à Belfort. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué que 170 élèves et 65 membres du personnel avaient été blessés depuis le début du mouvement. Plusieurs préfectures ont par ailleurs interdit des rassemblements aux abords de certains établissements.
Selon l’ancien conseiller municipal de La Courneuve, le gouvernement doit faire preuve de davantage de tolérance, estimant que « ces aspirations, la jeunesse a le droit de les exprimer. Elle a le droit de le faire en manifestant ».
L’élu dénonce notamment les interdictions de rassemblements prises par plusieurs préfectures : « La liberté de manifestation constitue un droit fondamental protégé par la Constitution. C’est pourquoi je souhaite vous interpeller par cette lettre : ce droit est aujourd’hui mis à mal par les arrêtés préfectoraux interdisant les rassemblements aux abords des établissements scolaires du 2nd degré. Il s’agit d’une situation inédite sur laquelle il est urgent de revenir. »
Une réponse qu’il juge contre-productive et qui, selon lui, témoigne d’un mépris de la jeunesse. D’autant que les jeunes, « inquiets pour leurs conditions de réussite et pour leurs avenirs », auraient pleinement conscience que « l’École demeure fortement marquée par les inégalités sociales. Et ce sont eux qui en subissent les conséquences en premier lieu. Il est donc bien légitime qu’ils et elles réclament une école où le déterminisme social ne conditionne pas la réussite et l’avenir de chacune et de chacun. »
Le président de la Seine-Saint-Denis conclut en estimant que les jeunes « n’acceptent plus que la République renonce à sa promesse d’égalité ». Le mouvement doit par ailleurs franchir une nouvelle étape ce mardi 6 octobre, avec une journée de mobilisation annoncée par les syndicats lycéens, après un rendez-vous jugé décevant au ministère de l’Éducation nationale vendredi 2 octobre.
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