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Des citoyens bénévoles formés accompagneront durant plusieurs mois des personnes placées sous main de justice afin de les aider à surmonter diverses problématiques, tant administratives que sociales. Une première réunion de rencontre s’est tenue début juin à Nanterre.

Après Roanne, Bordeaux, Saint-Etienne, Vienne et Nouméa, c’est au tour du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Nanterre d’intégrer officiellement le programme de « parrainage de désistance ».
Lancé en 2016 à Valence par le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) Laurent Merchat, et s’appuyant sur le principe de justice restaurative, le dispositif vise à faciliter la réinsertion des personnes placées sous main de justice et non incarcérées, grâce à l’accompagnement, durant plusieurs mois, par une personne bénévole formée.
« Cet accompagnement se fait sur la base du volontariat des deux côtés, et aucune victime n’est présente, précise auprès du JSS Adélaïde Moncomble, CPIP à Bordeaux. L’idée est que les parrains et les marraines rencontrent, une fois par semaine, la personne qu’ils accompagneront. Pour aller boire un café, discuter et trouver des solutions sur une problématique, mais aussi faire une sortie culturelle, ou l’aider à rédiger un CV, préparer un entretien pour un emploi », développe-t-elle.
Le 1er juin dernier, une vingtaine de bénévoles et de personnes condamnées dans les Hauts-de-Seine se sont ainsi rencontrées pour la première fois dans un lieu neutre. « Les séances se tiennent toujours sur un lieu qui n’est pas identifié “justice” », ajoute la conseillère pénitentiaire.
Les binômes se forment rarement lors de la première séance. Les contrats de parrainage – qui peuvent être de 4, 6 ou 8 mois renouvelable pendant le suivi judiciaire – sont généralement signés plus tard. « Et puis parfois, les personnes condamnées ne se retrouvent pas dans une relation de parrainage et vont plutôt s’épanouir dans le cercle mensuel », poursuit Adélaïde Moncomble.
En effet, si les contrats de parrainage ne sont pas une obligation, les cercles restent « un impératif »; même pour les personnes condamnées sans parrain ou marraine et qui ont choisi d’adhérer au dispositif.
Ces réunions sont l’occasion, pour les personnes sous main de justice, d’échanger sur leurs difficultés, comme celle de trouver un emploi quand on a un casier, mais aussi de partager leurs réussites. « Certains auront plus de mal à s’exprimer en grand groupe mais beaucoup moins lors des temps de pause. Chacun trouve des espaces de parole », souligne la conseillère pénitentiaire.
Selon cette dernière, une poignée d’autres villes devraient suivre Nanterre. « Grenoble et Chambéry recrutent actuellement leurs bénévoles pour leur formation prochaine. La Rochelle va débuter son premier cercle en octobre, et je formerai à l’automne Clermont et Strasbourg ».
Deux villes françaises envisagent également de rejoindre ce programme, qui dépasse même les frontières : celui-ci a été repris en Suisse et en Belgique, et pourrait l’être en Allemagne.
| Le « parrainage de désistance », un modèle qui fait chuter la récidive Ce programme s’inspire des cercles de soutien de responsabilité (CSR) mis en place dans les années 90 au Canada et toujours existants. Si ce modèle étranger est uniquement destiné aux auteurs d’infraction à caractère sexuel sur mineur, « le dispositif français a souhaité intégrer tous types d’infractions », souligne Adélaïde Moncomble. Des agents des SPIP – qui se manifestent pour développer le programme en leur sein – forment des bénévoles « de tous âges et toutes professions » pour accompagner des personnes majeures placées sous mains de justice – toujours avec la supervision d’un professionnel. Une fois par mois, parrains, marraines et personnes condamnées « font cercle » durant deux à trois heures. Au programme : des échanges sur les réussites, les difficultés du quotidien, les expériences. Grâce à un jeu de cartes d’animation, plusieurs thèmes peuvent être abordés, du plus léger au plus sérieux. « On n’y parle jamais de condamnation », insiste la conseillère pénitentiaire. En dehors de ces réunions, les binômes qui ont signé un contrat de parrainage se retrouvent une fois par semaine pour l’activité de leur choix, mais « jamais chez l’un ou l’autre ». L’idée : travailler sur la stigmatisation que les personnes condamnées se mettent parfois elles-mêmes, et les aider à sortir d’un isolement ou d’un entourage qui soutient les comportements du délinquant. « Un facteur bien plus récidivant que l’absence de travail », commente la conseillère. Selon les statistiques d’impact canadiennes, le parrainage de désistance a permis d’enregistrer une baisse de la récidive comprise en 70 et 90 %. |
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