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Après trois années à la tête de la direction interrégionale Sud-Est, Sonia Pallin retrouve l’Île-de-France avec un nouveau périmètre et un certain nombre de défis à relever. Installée dans ses fonctions ce mercredi à Paris, la nouvelle directrice devra notamment préparer la création d’une direction dédiée à l’Outre-mer, accompagner la réforme des UJPE et renforcer la réponse de la PJJ face à l’implication des mineurs dans la criminalité organisée.

C’est « sereine » que Sonia Pallin a pris ses fonctions de directrice interrégionale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour l’Île-de-France et l’Outre-mer, mercredi 9 septembre, lors de son audience d’installation à Paris. Elle succède à Hervé Duplenne, parti à la retraite, et devient ainsi la première femme à occuper ce poste.
Sonia Pallin arrive à ce poste avec un parcours peu commun. Ancienne championne d’Europe de karaté, puis officier de police avant de devenir magistrate, elle connaît la justice des mineurs sous plusieurs angles. Juge des enfants à Blois puis à Orléans, elle a ensuite exercé comme juge des libertés et de la détention à Meaux, avant de devenir présidente du tribunal judiciaire d’Auxerre, puis de prendre la tête de la direction interrégionale de la PJJ Sud-Est en 2023. Trois ans plus tard, elle retrouve donc l’Île-de-France, avec un nouveau défi : piloter la PJJ sur ce territoire et dans les six collectivités ultramarines qui lui sont rattachées.
Une feuille de route chargée l’attend à la tête de la structure qui a pris en charge plus de 34 720 jeunes au cours de l’année écoulée, a rappelé le directeur de la PJJ, Thomas Lesueur.
Premier chantier, et non des moindres : la gouvernance des territoires ultramarins. Comme l’a expliqué Thomas Lesueur, la PJJ compte aujourd’hui six directions territoriales en Outre-mer : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, La Réunion et Polynésie française, placées sous la responsabilité de la même direction interrégionale que l’Île-de-France. Un périmètre particulièrement vaste que le directeur de la PJJ souhaite désormais faire évoluer.
Lors de l’installation de Sonia Pallin, Thomas Lesueur a ainsi annoncé la création d’une direction dédiée exclusivement aux territoires ultramarins. L’objectif : mieux adapter l’organisation de la PJJ aux réalités locales et aux spécificités de chaque territoire. Une première préfiguration doit être engagée à partir de 2027, avant une mise en place complète de la nouvelle organisation. Il reviendra notamment à Sonia Pallin d’en définir les contours et d’identifier les profils appelés à occuper ces nouvelles fonctions dès décembre 2026.
Pour la nouvelle directrice, l’enjeu sera de rendre la PJJ ultramarine plus réactive, tout en consolidant ses moyens et en travaillant avec les équipes dans une « éthique et déontologie irréprochables ». « Cela passe évidemment par une évaluation des dispositifs existants, puis par l’identification des moyens complémentaires nécessaires », a-t-elle détaillé.
« S’agit-il d’ajuster les solutions de placement ? Il est difficile de trancher dès mon arrivée, a nuancé Sonia Pallin, mais les directeurs et directrices territoriales sur place vont réaliser un état des lieux précis des moyens, du suivi et des besoins d’hébergement. C’est un chantier prioritaire que je dois mener rapidement dans le contexte budgétaire actuel. »
Deuxième enjeu, le déploiement des unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), une réforme qui a réorganisé les structures d’accueil de la PJJ autour d’une prise en charge éducative renforcée des mineurs suivis par la justice. Ces unités ont ouvert leurs portes le 1er septembre sur l’ensemble du territoire, avec 18 structures en Île-de-France et trois en Outre-mer. Un chantier que Sonia Pallin avait déjà mené dans la région Sud-Est.
Autre priorité, plus délicate encore, celle du milieu ouvert, qui permet d’assurer le suivi éducatif des mineurs sans placement en institution, dans leur environnement familial et social. Selon Thomas Lesueur, la pression y est particulièrement forte en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise et en Guadeloupe, où les services rencontrent des difficultés à absorber l’ensemble des flux de jeunes confiés par l’autorité judiciaire. Des renforts sont toutefois arrivés ce mois-ci : 19 équivalents temps plein sont venus étoffer les équipes. « C’est une première réponse », a reconnu le directeur de la PJJ.
Dernier dossier majeur : l’implication croissante des mineurs dans les réseaux de criminalité organisée. Sonia Pallin aura notamment la responsabilité de piloter l’ouverture du quartier pour mineurs de Meaux, prévue en mars 2027, comme l’a indiqué Thomas Lesueur.
La nouvelle directrice a également expliqué avoir analysé de près le profil de ces jeunes afin de mieux comprendre leur vulnérabilité et les facteurs qui les conduisent vers ces réseaux. « Nous avons analysé de près le profil de ces mineurs afin de mieux comprendre leur vulnérabilité et les facteurs qui les poussent vers ces réseaux. L’objectif est d’agir en prévention de la récidive et de les extraire de structures extrêmement lucratives qui exploitent des jeunes en situation de grande précarité, tant financière que sociale. »
Par ailleurs, Sonia Pallin a relevé des « similitudes inquiétantes » entre l’Hexagone et les territoires ultramarins, notamment concernant la hausse des homicides impliquant des mineurs. « Il s’agit de mettre cette expertise au service de l’Île-de-France et de l’Outre-mer pour analyser ces phénomènes : pour endiguer un problème, il faut d’abord apprendre à le connaître. »
Pour mieux appréhender ces réalités de terrain, plusieurs déplacements sont d’ores et déjà programmés. Le premier aura lieu en novembre en Martinique, avant des visites à Mayotte et à La Réunion en décembre.
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