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Pour la juridiction Yvelinoise, les manœuvres d’une liste ayant terminé en sixième position ont pu priver une autre liste d’accéder au second tour. La maire réélue, étrangère à l’affaire mais victime collatérale de cette annulation, a décidé de faire appel.

Retour aux urnes en perspective pour les Pisciaçais. Le tribunal administratif de Versailles a annulé ce jeudi 8 octobre les élections municipales des 15 et 22 mars derniers à Poissy.
Ce scrutin avait vu la victoire de la liste « Ensemble pour Poissy », menée par Sandrine Berno Dos Santos, qui avait conservé son poste de maire, face à celui dont elle avait été l’adjointe entre 2014 et 2022, le député Renaissance Karl Olive.
Mais c’est sur les résultats du premier tour que la contestation s’est faite. La liste « Mieux vivre Poissy, la gauche et l’écologie avec vous » avait en effet récolté 9,56 % des suffrages exprimés le 15 mars dernier, se classant ainsi troisième. Avec ce score, cette liste avait manqué le second tour de 59 voix seulement. Un résultat qui a été influencé par certaines actions litigieuses durant la campagne, avait dénoncé le chef de file de la liste, Mathieu Paranthoën, qui avait donc saisi le TA.
En ligne de mire : la liste « Poissy Debout ! », menée par Maxime Legrand et arrivée en sixième position. Celle-ci « avait revendiqué pendant sa campagne, à plusieurs reprises, le soutien de personnalités politiques de premier plan, dont des photographies et des messages de soutien figuraient sur ses documents de propagande électorale et sur les emplacements réservés à l’affichage électoral alors que l’existence même de ce soutien a été démentie par les personnalités en cause et par leurs mouvements respectifs », a constaté le tribunal, qui a estimé que cela pouvait être « de nature à induire en erreur les électeurs ».
Les personnalités en question : Bernard Cazeneuve et Raphaël Glucksmann. Selon le jugement, les affiches officielles du candidat portaient leurs photographies ainsi que leurs noms en gros caractères. La profession de foi s’ouvrait sur un message de soutien de Bernard Cazeneuve, signé de sa main.
Ce message concernait en réalité les législatives de 2024, pour lesquelles Maxime Legrand était candidat dans le Nord. Ses documents de campagne intégraient même un photomontage le faisant apparaître sur l’estrade d’un meeting aux côtés des deux hommes, « alors qu’il ne figurait pas sur la photographie originale », a constaté le tribunal.
Par la suite, Place publique avait indiqué dans un communiqué ne l’avoir jamais soutenu, l’avoir suspendu et avoir engagé contre lui une procédure d’exclusion. Le mouvement avait qualifié l’utilisation de l’image de Raphaël Glucksmann de « trompeuse et port[ant] atteinte à la sincérité du débat démocratique ».
La trésorière de La Convention, le mouvement de Bernard Cazeneuve, avait pour sa part attesté qu’aucune demande de soutien n’avait été faite pour ces municipales. Devant le tribunal, le candidat avait soutenu qu’il ne revendiquait pas leur soutien, mais affichait celui qu’il entendait leur apporter. Un argument qui, selon les juges, « n’est pas, dans les circonstances de l’espèce, de nature à avoir dissipé l’ambiguïté entretenue sur les soutiens dont il bénéficiait ».
La confusion est amplifiée par la présence de documents de campagne faisant état du soutien de deux associations politiques à la liste incriminée, alors même que seule la liste requérante avait obtenu le soutien officiel des partis dont ces associations reprenaient le nom, Les Écologistes et le Parti socialiste. Baptisées « Les Ecolos ! » et « Yvelines socialistes », elles n’avaient été déclarées en préfecture qu’après le scrutin, les 2 et 21 avril 2026.
L’annulation a donc eu lieu en « tenant compte du faible écart de 59 voix séparant la liste « Mieux vivre Poissy, la gauche et l’écologie avec vous » du nombre de voix nécessaires pour accéder au second tour et des incidences possibles des manœuvres commises par le candidat conduisant la liste « Poissy debout ! » sur les résultats du premier tour, alors par ailleurs que ces deux listes de gauche étaient susceptibles de partager une partie de leur électorat ».
Maxime Legrand, qui menait la liste « Poissy Debout ! », a par ailleurs été déclaré inéligible pendant un an, « au regard de l’ampleur des manœuvres auxquelles [il] s’est livré », l’empêchant de participer au scrutin à venir.
Le tribunal a en revanche rejeté la protestation de Karl Olive. Arrivé en tête du premier tour, le député demandait l’annulation du seul second tour, le rejet du compte de campagne de la maire et son inéligibilité pour trois ans.
La maire de la ville, qui pourrait perdre son siège alors qu’aucun grief n’a été retenu contre elle, a annoncé jeudi qu’elle ferait appel devant le Conseil d’État. L’équipe municipale reste donc en place jusqu’à la décision définitive.
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